Progr. méd., 1877, n
L Thèse de Pai'is, 1877.
8 4. PARALYSIES RADICULAIRES. — PARALYSIES RADICULAIRES
DU PLEXUS BRACHIAL.
Les nerfs rachidiens présentent parfois, entre leur émergence de la moelle et leur entrée dans les divers plexus qu'ils constituent, des altérations qui se traduisent en clinique par des paralysies. Ces paralysies ont reçu le nom de paralysies radiculaires.
Il existe autant de variétés de paralysies radiculaires que Ton compte de plexus ; celles qui sont tributaires des lésions des premiers nerfs cervicaux et des nerfs sacrés n'ont pas encore été étudiées. Les paralysies radiculaires du plexus lombaire sont fort peu connues; elles s'observent généralement pendant la grossesse et surtout après l'accouchement*, et sont attribuées à la compression exercée par la tête du fœtus sur les racines nerveuses. Elles portent généralement sur le nerf lombo-sacré (4* et 5* paires lombaires) au moment où ce filet nerveux contourne en arrière la saillie du détroit supérieur; elles donnent naissance à une paralysie limitée au domaine du nerf sciatique poplité externe et quelquefois (Vinay*) à la sphère du nerf fessier supérieur : moyen et petit fessiers, tenseur du fascia lata.
Les paralysies radiculaires du plexus brachial ont été au contraire, dans ces dernières années, l'objet de plusieurs travaux importants qui permettent d'en retracer l'histoire.
Aperçu anatomo-physiologique, — Auparavant, rappelons que le plexus brachial est formé par les quatre dernières paires cervicales et par la première paire dorsale. U innerve les muscles du membre supérieur, ceux du
1. Bianchi. Thèse de Paris, 1867. — Lefèvre. Thèse de Paris, 1876. «. Vinay. Revue de médecine, lU ^Uet 1S87.
moignon de Tépaulc proprement dit, ainsi que les muscles sous-clavier, grand dentelé, angulaire, rhomboïde, pectoraux, grand dorsal. 11 fournit la sensibilité à la peau du membre supérieur, à l'exception de celle qui recouvre la face interne et postérieure du bras ainsi qu'une partie du moignon de l'épaule. Les nerfs qui se rendent à cette zone cutanée proviennent des deuxième et troisième nerfs intercostaux. Enfm chacune des branches nerveuses qui sert à la constitution du plexus brachial émet, aussitôt après la réunion des deux racines qui la constituent, c'est-à-dire en dehors des ganglions spinaux, des rameaux communicant qui servent à former le tronc du grand sympathique.
L'enchevêtrement constitué par le plexus brachial est au premier abord inextricable : mais les recherches minutieuses de Féré * ont montré que par une dissection attentive on peut arriver à démêler à peu près la part prise par chaque paire rachidienne à la constitution des divers nerfs émanant du plexus : ainsi les cinquième et sixième nerfs cervicaux donnent naissance au musculocutané (biceps, brachial antérieur et coraco-brachial),au circonflexe (deltoïde), aux nerfs des muscles sus et sousépineux, grand rond, grand dorsal, grand pectoral, et grand dentelé, ainsi qu'aux filets du radial qui innervent les supinateurs. Les expériences de Ferrieret Yéo', ainsi que celles de Forgues, ont prouvé que l'excitation électrique de ces deux paires rachidiennes amène chez le singe la contraction de ces mûmes muscles. Enfin Erb^, qui le premier a attiré l'attention sur les locaimalions radiailaireSy a monliv que chez l'homme il existe dans le creux sus-claviculaire nn point (poinl de Erh) dont r«»xcitation électrique, pratiqiiéo à travers la peau, produit In contraction simiilianée du dolioîde, du biceps, du brachial antérieur et du long supinaleur. Ce point siégea