Lépine, Rev. de med,, 1885. Lancereaux, Dictionn. de méd
2. Soc. méd, des Mpit., 1886. Séance du 11 juin et du 22 octobre.
3. Bulletin de V Académie de médecine^ 6 juin et 20 juin 1893.
brighliques, surtout les ariério-scléreux, peuvent traverser une longue phase de leur maladie sans le moindre œdème, tandis que d'autres œdèmes, bien étudiés par M. Potain, sont de nature rhumatismale, simulent les œdèmes brighliques, n'ont rien à voir avec la maladie de Bright, et sont d'un pronostic bénin.
C'est pour dépister la maladie de Bright dans ses formes frustes (les œdèmes et l'albuminurie pouvant faire défaut), c*est pour la démasquer de sa phase initiale, ou à l'une quelconque de ses périodes, alors que les grands symptômes sont absents, que j'ai cherché, depuis bien des années, à mettre en relief quelques signes plus modestes, que j'ai nommés petits accidents du brightisme, et que j'ai décrits dans le cours de cet article. Isolés, ils ont peu de valeur; de ce qu'un individu présente de la pollakiurie, ou de la cryesthésie, ou le doigt mort, ou des crampes dans les mollets, ou des vertiges, ou des troubles auditifs, ce n'est pas une raison, il s'en faut, pour en faire aussitôt un brightique. N'exagérons rien. Mais si un malade qui se plaint de céphalée, d'oppression, de troubles gastriques, etc., éprouve en même temps des envies fréquentes d'uriner, s'il a eu à plusieurs reprises, doigt mort, crampes dans les jambes, épistaxis matutinales, cryesthésie, secousses électriques, etc., en un mot, si par une enquête minutieuse et approfondie, on arrive à grouper quelques-uns de ces signes, qu'ils se soient présentés successivement ou simultanément, on a bien des raisons pour soupçonner que cet individu est entaché de brightisme, alors même qu'il n'aurait pas encore eu d'œdèmes, alors même que ses urines ne contiendraient pas d'albumine.
Dans bien des cas, les petits accidents du brightisme sont asi'ociés aux grands symptômes de la maladie de Bright; mais dans d'autres circonstances, ils évoluent chez des gens qui n'ont encore jamais eu les grands accidents brightiques, et qui ne les auront peut-être jamais. Aussi, chez eux, ces deux accidents passent-ils
00 ÎÏAI.ADIES DE LAPPAr.Eir FRIMAIRE.
trop soiiTent inaperçus, jusqu'au jour où l'attention sera éveillée par des symptômes plus bruyants.
J'ai la conviction qu'un grand nombre d'individus, sains en appnrence, sont entachés de brightisme. Ce serait là» h mon sens, un chapitre nouveau à ajouter à la description de la maladie de Bright. Que de goutteux, ayant on n'ayant pas eu de coliques néphrétiques, ayant ou n*ayant pas d'albuminurie, et qui présentent pendant longtemps les petits accidents du brightisme, en attendant qu'éclatent, trop souvent, les grands accidents de Turénrie! Que de syphilitiques atteints de symptômes qu*on met sur le compte de la syphilis, et qui n*ont autre chose que les accidents du sj-philo-brightisme, prélude d'accidents henucoup plus graves, si ces malades ne sont pas suffisamment traités ! Que de gens ayant eu une maladie infectieuse, fièvre typhoïde, pneumonie, scarlatine, surtout la scarlatine, et chez lesquels les symptômes de brightisme évoluent lentement, insidieusement pendant des mois et des années, jusqu'au jour où, faute de traitement, éclateront les grands accidents de la maladie de Briqht! Que de femmes, paraissant atteintes d*anémie ou de chloro-anémie, au teint pâle et verdàtre, présentant des céphalées, de l'essoufflement, des battements de cœur, etc.. passent pour des chlorotiques et sont atteinles en réalité de chloro-brightisme, forme fréquente et spéciale sur laquelle j'aurai l'occasion de revenir plus longuement ! Je répète donc que dans bien des circonstances, c'est par la connaissance des petits accidents qu'on arrivera h formuler un diagnostic de maladie de Brigth confirmée ou de maladie de Bright en évolution.
C'est encore pour arriver au diagnostic de la maladie de Bright dans les cas obscurs et difficiles, les œdèmes et Talbuminurie pouvant faire défaut, que j'ai mis à profit l'état de toxicité des urines.
M. Bouchard*, à la suite de nombreuses et remarquables expériences, a posé en principe que, si on recueille