Rosenslein. Maladies des retns^ p
5. Cette observation de Letulle et la précédente sont dans la thèse de Barbe : Perforation de Vintestin grêle. Paria, 1895.
provoque Toligurie ou Tanurie; anurie toxique, qui me parait pouvoir être victorieusement combattue par des injections sous- cutanées de néphrine, ainsi quejeTai tenté il y a quelques années pour la première fois.
Il y a une urémie cardio-aortique avec tendance à la défaillance cardiaque, au collapsus, à Tangoisse cardio-aortique, rappelant certaines formes de Tangine de poitrine.
Ces différentes formes deTurémie (cérébrale, (fyspnéique, gastro-intesiinale, etc.), qu'on sépare pour les besoins de la description, peuvent se combiner ou se succéder chez le môme individu. Ainsi tel malade commence par avoir des accès de suffocation, des troubles visuels, une céphalée violente, des vomissements incoercibles, et arrive graduellement aux formes convulsives et comateuses de Turémîe,
Tantôt Turémie est violente ou brusque dans son apparition, tantôt elle évolue lentement, progressivement, presque insidieusement, elle s'installe sournoisement sous le masque d'une autre maladie, et elle provoque des difficultés de diagnostic que nous allons maintenant étudier en reprenant dans son ensemble le diagnostic de la maladie de Bright.
Diagnostic. — Ce que j'ai à dire maintenant, au sij^et du diagnostic f s'applique aussi bien aux symptômes lirigh tiques qu'aux grands accidents urémiques. Ainsi <(ue je l'ai déjà dit. la maladie de Bright, dans ses formes lentes et insidieuses, qui sont les plus fréquentes, se traduit par des céphalées qu'on décore improprement du nom de migraines, par des troubles gastriques et par des vomissements qu'on met sur le compte d'une dyspepsie; par des accès de suffocation que l'on confond bien à tort avec des accès d'asthme, par une anhélation que l'on qualifie d'emphysème, par des troubles cardiaques qu'on prend pour une maladie du cœur, par un cpanchement pleural qui simule une vulgaire pleurésie, par un catarrhe bronchique dont on méconnaît la nature, par des troubles cérébraux (fue l'on croit être un accès
de manie et pour lesquels on envoie le malade dans un asile d'aliénés, par des troubles auditifs et vertigineux que Ton confond avec la maladie de Ménière; par des phénomènes nerveux qu'on met sur le compte d'une neurasthénie; par des envies fréquentes d'uriner qu'on attribue à une lésion prostato-vésicale,
La connaissance approfondie des symptômes brightiques en révèle la nature et permet de grouper autour de tel symptôme qui avait appelé l'attention du malade, d'autres symptômes qui, pour lui, étaient à peu près passés inaperçus. De plus, en fait de maladie de Bright, quand il s'agit d'éclairer un diagnostic hésitant, il faut toujours penser à deux signes de premier ordre, les œdèmes et ïalbuminurie. Je fais néanmoins pour l'albuminurie quelques restrictions que je vais développer :
Voici, par exemple, un malade atteint de convulsions épileptiformes. On soupçonne chez lui l'existence d'une néphrite; alors on examine ses urines, et si elles ne contiennent pas d'albumine, on est assez disposé à éloigner l'hypothèse d'un mal de Bright.
Voici un autre malade plongé dans le coma. On soupçonne chez lui l'existence d'un coma toxique, diabétique ou urémique. On sonde le malade, et les urines sont analysées. Contiennent-elles de l'albumine? Non. On se croit alors autorisé à rejeter l'hypothèse de l'urémie.
Voici encore un malade atteint de violents accès d'oppression, avec ou sans œdème broncho-pulmonaire. Ce malade a-t-ilde l'asthme vrai, ou un faux asthme, cardiaque, aortique, urémique? On examine les urines ; contiennentelles de l'albumine? Non. On croit alors avoir quelque raison pour rejeter l'hypothèse d'une dyspnée brigh tique et ainsi de suite, pour d'autres cas où l'albumine fait défaut.
Au premier abord, ce raisonnement parait naturel et cependant il est parfois erroné. On a tellement pris l'habitude de considérer l'albuminurie comme un signe prépondérant dans le diagnostic des néphrites, qu'on n'a pas encore su s'en affranchir. Cette prépondérance
date de loin, elle est née avec Bright, le promoteur illustre des innombrables travaux qui se sont succédé sur cette question. Sous l'impulsion de Bright, et de Rayer dont je me plais à reconnaître la grande et légitime autorité, Talbuminurie fut longtemps considérée comme l'arbitre souverain dans le diagnostic des néphrites, et il sembla que néphrite et albuminurie dussent marcher de pair comme deux compagnes inséparables. Or, cette prépondérance me parait usurpée, je ne suis ni le premier ni le seul à le dire ^, mais je tiens à bien l'affirmer. C'est dans les néphrites aiguës que l'albuminurie a une importance de premier ordre; mais dans les néphrites chroniques, dans les formes artério-scléreuses du mal de Brighl, qui sont si communes, l'albuminurie est un signe inconstant, infidèle et trompeur.
Dans ma communication à la Société médicale des hôpitaux sur l'élude clinique et expérimentale de la maladie de Bright sans albuminurie* et dans ma communication, à l'Académie de médecine' concernant le brightisme et la dissociation des actes morbides du rein, j'ai rappelé et j'ai cité un certain nombre de cas, quelques-uns vérifiés à l'autopsie, où l'albumine avait complètement disparu pendant une assez longue période de la maladie.
C'est donc un fait aujourd'hui bien avéré, que l'albuminurie n'a qu'une valeur assez secondaire dans le diagnostic de la maladie de Bright : elle n'est qu'un témoin ; et quel témoin ! témoin infidèle, puisqu'il peut faire défaut ; trompeur, car, nous allons y revenir dans un instant, l'albuminurie peut exister en dehors de tout état brightique. La conclusion, c'est qu'on risquerait fort de commettre une erreur de diagnostic en donnant à l'albuminurie le rôle d'arbitre qu'elle ne doit pas avoir.
Les remarques que je viens de faire au sujet de l'albuminurie s'appliquent en partie aux œdèmes. Certains