GuyoD. Maladies des voies unitaires^ 1881, p
2. Chevalier. Intervention chirurgical* dans les tumeurs malignes du rein. TU. de Pari«, 18^1.
testin en avant, elle explique la sonorité qu*on perçoit i sa face antérieure; parfois cependant, la sonorité est remplacée par la matité, lorsque le caecum et le c^on restant en dedans du rein, la tumeur vient s'appliqpier directement derrière la paroi abdominale, après aYOÎr contourné et refoulé le péritoine, sans interposition d'intestin sonore (Tuflier).
Diagnostic. — La réunion des signes que je Tiens d'énumérer permet d'arriver au diagnostic du cancer rénal; il est certain que dans bien des cas ce diagnostic est possible, mais par contre, dans bien des circonstances on se heurte à des difficultés insurmontables. A quel symptôme se fier? Voilà par exemple rhématurie; si elle apparaît avant que la tumeur soit formée, elle ne nous apprend rien, car il y a des hématuries calculeuses, tuberculeuses, et même essentielles, qui peuvent par leurs caractères simuler absolument Thématurie précoce du cancer rénal ; si elle apparaît quand la tumeur est formée, elle ne nous apprend encore rien, car le reia tuberculeux avec tumeur, le rein calculeux avec tumeur, le gros rein polykystique peuvent être, eux aussi, accompagnés d'hématuries absolument semblables aux hématuries cancéreuses. J'en dirai autant des autres signes, teb que la douleur et la tumeur. Il est quelquefois bien difficile de savoir si la tumeur appartient au rein ou à un autre organe abdominal ; le diagnostic avec les tu* meurs malignes de l'épiploon, avec les tumeurs sarcomateuses et lipomateuses sous-péritonéales, est un dia* gnostic si difficile, que dans plusieurs cas la méprise n*a été vérifiée que par l'opération. Les tumeurs de rovaire et de l'utérus se distinguent facilement des tumeurs da rein, néanmoins quelques erreurs ont été conunises, et Billroth a pris un myxosarcome du rein pour un fibrome de Tutérus^ Les difficultés de diagnostic sont encore
1. Le Dentu. Affeclions chirurgicales des retns^ etc. Paris 188SL n. B37. ^
grandes avec les tumeurs de la rate ; néanmoins dans ce dernier cas on retrouve la sonorité du côlon.
Au nombre des complications du cancer rénal citons la compression de la veine porte (ascite), la compression de la veine cave inférieure (œdème des jambes), la compression du canal cholédoque (ictèfe), les lésions du rachis et la compression de la moelle épinière (paraplégie douloureuse), l'embolie pulmonaire, Tocclusion intestinale, la péritonite, l'apparition de la tuberculose pulmonaire. Il n'est pas rare de trouver réunis le cancer et la lithiase rénale; nous avons déjà consigné le même fait pour le cancer de la vésicule du foie, qui est fréquemment accompagné de lithiase biUaire.
Le cancer rénal est un des cancers viscéraux qui se développent le plus lentement et qui ont le moins de tendance à se généraliser, aussi sa durée, en moyenne de deux ou trois ans, peut atteindre cinq et six ans. La mort arrive par les progrès de la cachexie ou par l'une des complications que nous avons énumérées.
Le traitement consiste à enlever la tumeur ; le succès sera d'autant plus probable que la tumeur sera moins développée. L'opération est contre-indiquée chez l'enfant et chez le vieillard.
§ il. LITHIASE RÉNALE ET SES COMPLICATIONS.
L'homme peut fabriquer du sable, des calculs, des pierres de toute dimension, depuis le sable biliaire ou intestinal, fin comme du sable de rivière, jusqu'aux gros calculs de la vésicule biliaire et du rein, jusqu'aux énormes pierres de la vessie. Cette fabrication peut se faire en bien des endroits : lithiase broncho-pulmonaire; lithiase des glandes salivaires; lithiase des amygdales;
lithiase biliaire; lithiase intestinale; lithiase appendicnlaire ; lithiase de la peau, tophus ; lithiase rénale ; pierres de la vessie. G*est à la lithiase rénale et à ses complications que ce chapitre va être consacré.