‹ Manuel de pathologie interne. v. 3 (volume 2)Chapitre 80 sur 246 · Jaccoud. Traité de pathologie, 1. 1, p · texte numérisé non relu

Jaccoud. Traité de pathologie, 1. 1, p

VAIJa)IES DE U MOELLE ÉPINIËRE. S85

y a des hystériques privées de sensibilité et qui ne sont pas ataxiques, et que certains ataviques ont déjà une incoordination motrice fort avancée alors qnc leur spnsibilité est à peine émoussée (Duchenne). Toutefois les lésions périphériques des nerfs sensitifs et Tanesthésie qui en est le conséquence pourraient bien n'être pas étrangères aux troubles d'incoordination.

Pour Jaccoud^y la sclérose des cordons postiMJours produit Tataxie, en provoquant la perturbation des actps réflexes et des irradiations spinales, c'est-à-dire en détruisant les fibres nerveuses qui, émanées de raciiu's postérieures, vont se jeter dans les cornes antéritMircs de la substance grise (libres réflexes motrices) on (Inns le réseau nerveux de Gerlach, fibres qui paraissent avoir One action régulatrice sur la contraction syner^nqne préétablie des groupes musculaires.

Pour Pierret, « la cause première de Tataxio locomotrice serait une irritation des fibres sensitives des centres nerveux* ». L'irritation de ces fibres sensitives ^ pour effet de paralyser par action réflexe certains ttïiisclesou certains groupes musculaires; et « dès qu'il est fait une tentative de mouvement dans lequel le nniscle parétique est l'antagoniste d'un muscle sain, celui-ci l'emporte sur Tautre et le mouvement dépasse le but ». A^îtisi s'expliquerait l'ataxie. « Je n'ai pas besoin, dit ^- Grasset», d'insister sur les objections dont est pas- 8>l>le cette théorie, qui a besoin de nouvelles preuves. » Onimus* a présenté une autre théorie. Pour lui. l'mcoordiriation des mouvements est due à des pliénoniènes de contracture. Il ne faut pas prendre ici le mot ^^ contracture dans son acception la plus ordinaire, qui suppose une complète rigidité de la libre musculaire, il

^- Ort pampl. et de Vatnx. du mouv. Paris, 18^. Voyez aussi Jac- «O'id, HthoL int., 1. 1, p. ilO.

^' Th. de Paris. Sympt. céphnl, du tabès dors. 5- Uçtms nur les maladies du système nn-veux. Montpellier, 188f». ^' Sociité de biologie^ séance du V juillet 1878.

y a des degrés moins prononcés, et l'on peut dire que la conlraclure existe dans un muscle dès que sa souplesse naturelle est amoindrie et dès qu'il éprouve une certaine difficulté à entrer en relâchement après la contraction volontaire. Chez les ataxiques, ces phénomènes de rigidité musculaire accompagnent la maladie dans toute son évolution, mais ils sont plus marqués à mesure que la maladie fait des progrès. Alors que se passe-t-il? Quand Tataxique veut fiiireun mouvement, il éprouve une certaine résistance due à cet état de contracture, et pour vaincre cette résistance il déploie une force qui dépasse le but voulu, parce que les troubles des sensibilités musculaire et cutanée donnent de faux renseignements à la moelle.

LeydonS plus récemment, a cherché le point de départ du tabès, dans la périphérie elle-même, dans l'irritation de toute nature qui développe un processus centripète de dégénération, qui atteint les cellules ganglionnaires et les paralyse.

Brissaud ' attribue l'incoordination à l'ignorance où se trouve à chaque instant le malade, de l'étendue et de la résistance éprouvées ; aussi l'effort musculaire est-il toujours dépassé. Il croit que la lésion primitive du tabès est une affection du « protoneurome centripète », c'està-dire de cette partie de l'appareil centripète qui est constituée par les filets nerveux périphériques, sensilifs on sensoriels, par les fibres nerveuses afférentes, par la cellule ganglioimaire et ses fibres afférentes*.

P. Bonnier combat l'idée d'incoordination n^otrico a\\ sens rigoureux du mot. Les mouvements élémentaires seraient bien coordonnés, mais mal appropriés. Un chef militaire, ignorant du terrain où il manœuvre, des forces qu'il doit combattre et de l'état de ses troupes, pourra

1. Leyden. Nouvelles recherches sur Vanatomie pathologique et la physiologie des labes^ 1894.

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