‹ Manuel de pathologie interne. v. 3Chapitre 1 sur 198 · Clinique de VHôleUùieu, 1. 1, p · texte numérisé non relu

Clinique de VHôleUùieu, 1. 1, p

lOfiULAFOT, PATBOL. T. lY.

deux chapitres distincts, je poursuivrai parallèlement leui description. Cela fait, j'éludiorai à part . 1* la varioloïde, 2° les varioles hémorrhapfiques, 5** les varioles anomales.

TARIOLE DISCnÈTE ET VARIOLE CONPLUEIITE.

Description. — La variole discrète est caractérisée par une éruption de pustules séparées les unes des autres par de larges espaces de peau saine ; les rémissions fébriles sont bien marquées, les périodes apyrétiques sont franches, le pronostic est généralement bénin.

La variole confluente est caractérisée par une éruption si généralisée, si tassée, que toute trace de peau saine a disparu, les rémissions fébriles sont incomplètes ou de courte durée, le pronostic est habituellement funeste

Entre ces deux grandes formes prennent place des variétés qu'on a nommées cohérentes-confluentes : ce sont des varioles qui évoluent d'abord comme une variole discrète, mais dont les pustules suppurées finissent par fusionner et arrivent à la confluence. Ces varioles ne stint pas confluentes d* emblée y elles ne deviennent confluentes que secondairement et sont loin de présenter la gravité de la variole confluente vraie ; aussi ne doit-on pas les confondre avec elle.

Incubation. — La durée de l'incubation est mal délimitée ; elle est, suivant les individus, de sept à quatorze jours, quelle que soit la variété de la variole. La maladie une fois déclarée, il est d'usage de lui décrire quatre périodes qui sont : l'invasion, l'éruption, la suppuration, la dessiccation.

a. Invasion. — Dans la variole discrète^ la période d'invasion est caractérisée par un ou plusieurs frissons, souvent remplacés chez les enfants par des convulsions ; dès le premier jour le thermomètre monte à 40 et 41 degrés, et pendant toute cette période la température reste à son maximum avec quelques oscillations. La tr ans-

pi ration s'établit dès le début de la suppuration. En même temps apparaissent de la céphalalgie, des nausées, des vomissements qui manquent rarement, des douleurs lombaires (rachialgie) qui sont pour ainsi dire constantes et de la constipation. Dans quelques cas ces symptômes sont è peine indiqués.

Dans la variole confluente, les symptômes d'invasion sont sensiblement les mêmes î souvent, il est vrai, la constipation est remplacée par la diarrhée et la transpiration fait défaut, mais la différence entre les symptômes n'est pas assez accusée pour qu'on puisse dire dès cette période si la variole sera discrète ou confluente. On voit même des malades chez lesquels des symptômes d'invasion très intenses aboutissent à une éruption de quelques boutons. La rachialgie, qui est un des symptômes de cette période, paraît être le résultat d'une congestion de la moelle épinière, congestion qui peut être assez violente pour déterminer des douleurs dans les jambes et de la paraplégie avec ou sans rétention d'urine.

A cette période à*invasion se rattachent des exanthèmes, des éruptions qui précèdent l'éruption variolique, et que les auteurs anglais ont nommés variolous rash. Les rash revêtent deux formes principales : ils sont hypérémiques et hémorrhagiques et se développent isolément ou simultanément chez \e même sujet. Le rash hypérémique a l'aspect morbilleux, érysipélateux, érythémateux, ortie ; le rash hémorrhagique est scarlatiniforme*. Le premier est très étendu, s'efface momentanément à la pression et ne dure qu'un ou deux jours ; le second, un peu plus tardif dans son apparition, est constitué par des plaques à fond rouge, lie de vin, sur lequel se détachent une quantité de petites taches ecchymotiques qui ne disparaissent pas à la pression du doigt, tandis que le fond rouge pâlit un instant. Ce rash se localise de préférence aux aines et à la racine des cuisses, néanmoins il peut se généraliser; il dure plusieurs jours et se dissipe lente-

t. Société médic. des hôpit., ISCO, p. 122.

ment. Il ne faut pas confondre le rash scarlatinifonne, qui est légèrement hémorrhagique, et sans signification fâcheuse, avec le rash purpurique, ou purpura, qu'on rencontre dans les varioles hémorrhagiques.

La fréquence du rash varie suivant les épidémies ; il a été noté par M. Barthélémy* 44 fois sur 393 varioleux; il appartient à toutes les formes de la variole et n'a ni la bénignité ni la gravité pronostiques qu'on a voulu lui attribuer *. La présence du rash peut aider au diagnostic de la variole dans un cas difficile, mais d'autre part il faut se garder de commettre une erreur en prenant le rash morbilliforme pour une rougeole et le rash scarlatiniforme pour une scarlatine.

Quelle est la durée de cette période d'invasion? L'opinion classique, celle de Sydenham et de Trousseau, a été dans ces temps derniers l'objet de quelques critiques. D'après ces grands observateurs, la période d'invasion est plus longue dans la variole discrète que dans la variole confluente ; elle dure trois jours pleins, c'est-à-dire que l'éruption apparaît à la fin du troisième jour, dans le courant du quatrième, mais très rarement le deuxième; tandis que dans la variole confluente la période d'invasion est plus courte et l'éruption apparaît à la fin du second jour ou dans le courant du troisième. A cette règle, qui se vériûe souvent, il y a des exceptions, sans parler, bien entendu, des varioles anormales.

b. Éruption, — Dans la variole discrète, au moment de l'éruption, le malade éprouve un véritable bien-être, les symptômes de la période d'invasion disparaissent et la ûèvre tombe par degrés en 24 ou 36 heures. L'éruption se montre d'abord à la face, au cou, au cuir chevelu (Borsieri), et c'est toujours au visage qu'elle est le plus accusée, quelle que soit la variété de la variole; elle envahit presque simultanément le reste du corps et en

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