Bail, loc. cit. — Houdé. Thèse de Paris
2. Lépine, art. Pnbvmonik. Dict. de médec. et chirurgie, 3.- Trousseau. Clinique médicale^ t. II, p. 778.
^ique de M. Bail, les accidents cérébraux sont fou-
'l'ayants et surviennent sans prodromes. C'est le rhuma-
^îsine cérébral dit apoplecti forme , dont voici un exemple
MiY)usseau) : Un homme robuste et grand buveur est
atteint de rhumatisme cérébral au dix-huitième jour de
^n rhumatisme articulaire; il se plaint tout à coup de
^^ plus ▼oir clair, il vocifère, crie au voleur, s*élance
bors de son lit, lutte avec deux infirmiers, est replacé
^^s son lit, s'affkisse et meurt, la scène entière ayant
^Uré à pdne un quart d*heure.
Plus habituellement le rhumatisme cérébral est annoncé par quelques prodromes; céphalalgie, hallucinations, incohérence des idées; ces prodromes durent quelques heures ou quelques jours, puis les accidents éclatent avec toute leur intensité. Le malade n*a plus conscience de Ses douleurs articulaires, qui dans quelques cas ont véritablement disparu, La température atteint ou dépasse 40 ou 41 degrés; le délire, plus ou moins violent, ressemble ^ celui de la variole confluente ou de la fièvre typhoïde intense; il dure deux ou trois jours; il est parfois entre- <^upé de rémissions, il peut être accompagné de convulsions, ce qui est un signe fâcheux, et dans les cas malheureux il aboutit à la stupeur et au coma.
Parfois le délire suit une marche lente et chronique, ^ dure plusieurs semaines, le malade devient taciturne, inélancolique, lypémaniaque, mais il finit généralement par guérir.
Les accidents cérébraux sont souvent préparés par l*état antérieur du rhumatisant; les fatigues intellectuelles, les chagrins et les émotions dépressives, l'alcoolisme, l'hérédité nerveuse, paraissent être des conditions favorables à l'explosion du rhumatisme cérébral. En se portant sur l'encéphale, le rhumatisme y produit ses désordres habituels, tantôt de simples fluxions dont on ^e retrouve pas trace à l'autopsie, tantôt des hypé- ^émies persistantes qui se traduisent par une injection ^asculaire des ménmgês et <de la substance cérébrale.
432 HALADIES RHUMATISMALES.
avec hydropisie ventriculaire et sous-arachnoïdienne.
Il ne faut pas confondre avec le rhumatisme cérébral les accidents cérébraux (embolie, hémiplég*e, aphasie) qui ont pour origine une endocardite aiguë ou chronique de nature rhumatismale.
Le rhumatisme peut également se porter sur la moelle épinière et sur ses enveloppes. Il se traduit par des douleurs rachidiennes lombaires atteignant les membres inférieurs, avec symptômes de paraplégie et de contracture (oppisthotonos). Les sphincters sont intacts, on ne constate ni anesthésie ni troubles trophiques. Ce rhumatisme spinal présente cette particularité qu'il peut précéder de plusieurs jours les manifestations articulaires du rhumatisme*; on comprend que le diagnostic pathogénique soit difficile en Tabsence des douleurs articulaires. Le rhumatisme spinal se termine parla guérison*.
La chorée, la sclérose en plaques, les névrites sont autant de manifestations nerveuses du rhumatisnie.
Rhumatisme des voies digestives. — Vangine est une manifestation fréquente du rhumatisme; elle précède fréquemment les localisations articulaires (Lasègue). Les déterminations rhumatismales de Testomac et de l'intestin sont fort rares'; elles se manifestent sous forme de catarrhe gastrique, de coliques, de flux intestinal abondant, de diarrhée séreuse ou d'évacuations dysentériformes (StoU). La fluxion hépatique avec ou sans ictère est également fort rare.
Rhumatisme des voies génito-urinaires, — L'albuminurie servenant dans le cours d'un rhumatisme aigu, est l'indice d'une néphrite habituellement légère et superficielle ; dans quelques cas cependant on a consigné des néphrites graves, mais le fait est exceptionnel. D'une façon générale, on peut dire, que le rhumatisme, qui, à la façon des maladies infectieuses, atteint si volontiers plusieurs
1 . Ghevallereau. Manifestations médullaires du rhumatisme articulaire aigu. Th. de Paris, 1889.
3. Rendu. Clinique médicale^ 1890, t. I, p. 107. 3. Lacot. Th. de Paris. 1882.
RHUMATISME. i33
iDhnes TÎscères, ménage habituellement les reins. On a
signalé ïhémoglolnnurie rhumatismale (Hayem et Robin).
Je serais tenté de croire qu*il y a également des hématu-
^^ rénales rhumatismales» d'après le cas suivant que
J« n&OB d'obserrer à Necker : Un homme arrive dans
non senrice» avec une attaque de rhumatisme articu-
-laire aigu et une hématurie. Rhumatisme et hématurie
<xA apparu en même temps et durent depuis une quin-
•asaine de jours. Le rhumatisme est aigu» fébrile, généra-
Mjké et l'hématurie est asses importante ; les urines sont
fortement teintées et laissent déposer du sang en assez
^grande quantité» Ce malade nous raconte que, lors de
première attaque de rhumatisme articulaire aigu, il
a dix ans» il fut pris également d'une hématurie qui
S3er8ista plusieurs semaines, aussi longtemps que le
'humatisme. Quelques années plus tard, il fut atteint
l'une nouvelle attaque de rtiumatisme subaigu, qui
M^mi soigné dans le service de Rigal, et pendant neuf
xiaaois l'hématurie fut persistante et disparut avec les
^^buleura rhumatismales. Q s'agit bien, chez cet homme,
l'hématurie au vrai sens du mot, et non pas de néphrite
.vec hématurie, car, tant que durent l'attaque de rhuma-
^-ôsme et l'hématurie, il n'existe aucun symptôme de né-
^K^^hrite, et une fois l'hématurie terminée, on ne peut
^^«nstater aucun reliquat de néphrite, aucun symptôme de
^K=:^ri|^tisme; le rdn saigne pendant l'attaque de rhuma-
'^^isme et c'est tout; il n'en conserve pas le souvenir.
Le rhumatisme peut aussi se porter sur la vessie (té- ^^esme, dysurie) et sur le testicule.
ManifekatioM cutanées du rhumatisme, — Les derma-
^^ttesqui s'observent le plus habituellement dans le cours
^ a rhumatisme articulaire aigu sont Térythème, le pur-
I>iira et l'urticaire S mais ces manifestations cutanées
^ont surtout le fait de pseudo-rhumatismes.
Vér^ihème revêt plusieurs formes, il est papuleux, "Kiooeux ou polymorphe ; il précède parfois les manifesta-
t> Vcrnnd. Exanthèmes du rhumatisme. Th. de Paris, 1862. MlBLArOT, PATIOL. T. IV. 28
lions articulaires. U urticaire existe seule ou coïncide avec rérythème. Le purpura est un purpura timplex et ne rentre pas dans la description du purpura hémorrhagique et cachectique; il a pour siège de prédilection les ^ avant-brasy les jambes et la partie interne des cuisses. • Cette éruption purpurique est souvent nommée péliote ^ rhumatismale (icàXtoç, livide). On en trouvera la descrip- — tion au chapitre des maladies infectieuses.
Dans le tissu cellulaire cutané, la fluxion rhumatis — ^^ is maie se traduit par des œdèmes plus ou moins localisés, ^ ^s -s qui forment des plaques, des nodosités (Jaccoud), dont la.fl^ MJi disparition est aussi rapide que rapparition. Parfois^ ^*is cependant ces nodosités rhumatismales sous-cutanées^ ont une longue durée*. Certains œdèmes rhumatismau envahissent la paupière, la joue* (Femet), le scrotumMnKrxn (Ferrand), une portion de membre^; ils sont, à l'état aigu,« .k-i, ce que sont à l'état chronique d'autres œdèmes d'originc«=^ ^^ rhumatismale (Potain) que nous étudierons plus loin.-*
Chez les jeunes enfants TafTection rhumatismale pn sente quelques particularités (Roger). Les symptômes^ss '^ généraux ont peu d'intensité, la fièvre est légère, les^^ sueurs sont très modérées, les troubles cérébraux sont-^ extrêmement rares, et peu de jointures sont envahies. -^ Mais, en dépit de cette apparente bénignité, le cœur est.^ ^^ souvent touché chez l'enfant, les troubles cardiaques-^^ ^^ peuvent se manifester, alors même qu'une seule articu— ^-^* lation serait prise.
Marche. — Pronostic. — Dans ses formes légères, le^^ ^^ rhumatisme articulaire aigu dure deux à trois semaines; 2 ''* il y a même des formes très légères où le rhumatismes^ -'^ ne fait qu'effleurer quelques articulations et se tennine^'^ f ^ en huit jours; il se prolonge au delà de cinq semain dans les formes intenses. Une fièvre vive, l'envahissement^
1. Annales de dermatol. et syphiliog. ISStt, p. 173. — BritfluiL Revttr de màd.j avril 1885.
2. Rhumatisme aigu. Th. de Paris, 1863. 5. Hanot. Areh, de viéd., novembre 188S.
^ petites articulations sont des signes d'intensité. Sou-
" ^^tla maladie se fait par poussées; ainsi, après une
^ntélioration momentanée, la fièvre augmente et d'autres
^«intures sont envahies. La défervescence est lente et
ï^endant la première période de la convalescence la fièvre
v^vient parfois le soir. Après la disparition des douleurs
^^ de la fièvre, le rhumatisant conserve encore une
^^trôme faiblesêe musculaire et une anémie profonde.
Dans quelques cas, il n'y a pas seulement parésie ^K3ia8CQlaire» il y a une véritable amyotrophie aiguë (Gubler) ^^ui peut durer deux ou trois mois. Les craquements, les ^^Ljroissements articulaires sont assez fréquents après ^'attaque de rhumatisme aigu. Les rechutes ne sont pas v^ares et surviennent en dépit de toute précaution hygié- 'K^que.
Le convalescent n'est pas absolument à l'abri des complications viscérales, c'est même à une époque plus ou éloignée qu'apparaît la chorée chez les jeunes *^ets (6. Sée, Roger).
Ge qui fait la gravité la plus habituelle du rhumatisme, sont les troubles viscéraux. Dans quelques cas ces ^^x^ubies constituent un danger immédiat (endocardite ^-•Jcérense, embolie cérébrale, rhumatisme cérébral, endo- ^Sricardo-pleurite, fluxion pulmonaire); mais habituellele danger est plus lointain et ce n'est qu'après ^SXielques années d'immunité apparente qu'éclatent les 'oubles cardiaques. Les lésions du cœur à échéance os ou moins éloignée constituent le péril le plus redou- ^^Uile de Tattaque de rhumatisme.
Dans quelques cas l'afiection rhumatismale ne suit pas *^ forme franche et légitime que je viens de décrire. La ^^"vadté de la fièvre et l'élévation de la température, "*^pparilion simultanée d'une endopéricardite, d'une ï^l-curésic ou d'une fluxion pulmonaire, tout cela peut nstituer un état grave, mais ce n'est pas une anomalie. qui est une anomaliCf c'est le rhumatisme dont les ^yniptômes généraux revêtent rapidement des allures
436 MALADIES RHDMATISIIALES
ataxiqties et adynatmques à la façon des fièvre» hfphoiîdet graves; c*est le rhumatisme qui touche ft peine les jointures pour frapper à coups redoublés sur les Tiscères; c*est le rhumatisme qui aboutit ft la êuppuraHon d( jointures, tandis que le rhumatisme franc et légitime m suppure pas; aussi ces différentes anomalies, qui son^ ^ généralement Tindice d'une extrême gravité, doivent-elle* .^ rentrer pour la plupart dans le cadre des pseudo-rhumj tismes ou rhumatismes infectieux, que l'infection sor étrangère au sujet, ou que le rhumatisant ait puisé lui-même (état antérieur) les germes de cette aut infection.
Anatomie pathologique'. — Les altérations du stu fig ont, chez le rhumatisant, une grande importance. i^ fibrine atteint 5, 8 et 10 pour 1000 (Ândral et Gavarcr^e/j comme dans les phlegmasies franches ; aussi le caillot, d^ la saignée est-il fortement rétracté (Bouillaud). Les ^/e*. ments solides du sérum peuvent descendre à 60 pour 1 4300 (Quinquaud). L'hémoglobine, et, par conséquent, le pou. voir oxydant du sang, diminue fortement; le nombre des globules rouges diminue de 1000 000 par millinié//v cube.
Uarlhrite rhumatismale présente les lésions suivantes ; Toutes les parties de la jointure, tissus intra-articulaires et extra-articulaires, sont plus ou moins intéressées. Le liquide épanché dans les articulations est limpide, il tient en suspension des flocons muqueux ou fibrineux;ony trouve très peu de leucocytes. La synoviale est rouge, épaissie, quelquefois veloutée; les franges synoviales sont injectées, et les cellules de ces franges présentent une prolifération abondante (Gornil et Ranvier). Le cartilage offre les signes d'une irritation nutritive; il y a prolifé ration des cellules cartilagineuses. Le périoste et l'o présenteraient, suivant quelques auteurs, des altération
1 HomoUe. Art. mumatismb. Dict. de méd. et de chirur., t X p. 518.
encore mal étudiées. Les lésions des différents organes ^^feints par le rhumatisme ne doivent pas trouver ici feiir description.
Traitement. — Chez un individu atteint de rhuma- ^sme articulaire aigu de vive intensité, voici le traitelïient à mettre en usage : le salicylate de soude rend de t^^els services (6. Sée) ; le malade prend en 24 heures ^ à 8 grammes de salicylate de soude en plusieurs fois, 1^ médication est recommencée plusieurs jours, et on «diminue progressivement les doses aussitôt que l'amélioration se manifeste. Une autre médication qui a donné cle bons résultats consiste à donner l'antipyrine à la close de 2 grammes par jour associée au salicylate.
En fait de boisson on prescrit la limonade, Teau vix^ieuse, le lait coupé avec l'eau de Vichy. Les douleurs ^uticulaires sont calmées par des injections sous-cuta- ^Kiées d'eau pure pratiquées au niveau des jointures malades» auxquelles on peut ajouter matin et soir de très Mégères injections morphinées.
Les articulations sont badigeonnées avec un liniment ^nsi composé : huile de camomille 25 grammes, chloftt>forme 8 grammes, laudanum 2 grammes.
Qiei les rhumatisants qui ont une hyperthermie excessive, avec accidents cérébraux menaçants, il faut recourir sans hésiter à la médication par les bains froids qai a donné de si beaux résultats (Raynaud). Le malade «st placé dans un bain à la température de 20 à ^. degrés centigrades; on l'y laisse dix minutes, un quart d'heure, vingt minutes, à moins que la violence des frissons ne force à limiter la durée du bain. Sous l'influence du. bain les accidents cérébraux diminuent d'intensité, et la température s'abaisse; on recommence la même médication, trois, quatre, cinq fois en 24 heures, plusieurs jours de suite si c'est nécessaire; par cette méthode on a pu rappeler à la vie des individus atteints de rhumatisme cérébral certainement destinés à
Uftrir.