‹ Manuel de pathologie interne. v. 3Chapitre 139 sur 198 · Bourcy. Rhumatisme infectieux. Thèse de Paris, 18S · texte numérisé non relu

Bourcy. Rhumatisme infectieux. Thèse de Paris, 18S

RUUMATISME. 451

tion, généralement abondante, peu douloureuse et lente à se résoudre.

Souvent le rhumatisme blennorrhagique frappe plusieurs articulations, mais alors même que plusieurs joiatures sont atteintes au début, le mal se fixe habituellement sur une seule articulation (genou, coudepied, coude*). La fièvre est assez vive, mais passagère, Udouleur est souvent très aiguë et peut durer plusieurs semaines, Tarticulation est gonflée, empâtée, les gaines synoviales sont douloureuses et enflnmniées.

11 ne s'agit pas ici d*une fluxion articulaire plus ou nioins fugace comme dans le rhumatisme franc, l'arthrite blennorrhagique peut durer des semaines et des mois, et dans quelques cas le malade conserve longtemps des craquements articulaires et une gêne véritable des mou- "veinents. Parfois même Tarthrite se termine par ankylose : U terminaison par suppuration et par tumeur blanche ^st ezcessiTement rare*.

On trouvera à 1* article Blenfiorrhagie la discussion Concernant la pathogénie de ce rhumatisme blennor- ^agique.

Dans ses manifestations abarticulaires, le rhumatisme l^lennorhagique atteint les gaines tendineuses et les lH>urses séreuses (bourses trochantérienne, ischiatique), ^e concert avec Tinfection blennorrhagique, il détermine 1^ névralgie sciatique', il provoque des accidents ocul^dres, iritis et conjonctivite, qui n'ont rien de commun, l^îen entendu, avec rophthalmie puruleute qui nait au intact du pus blennorrhagique.

Ces manifestations de rhumatisme blennorrhagique, ^Qèrent si notablement du rhumatisme franc, que In

"t. Fonrnier, art. Blenmorbhagie, Dict. de méd. et chir. et Annale» **« dermatologie, 1869, 1. 1.

^ Talamcm. Rev, mens., 1878.

&. Fournier. Soc, méd, des kôp., 1868.

452 MALADIES RHUMATI3MALE3.

confusion n*est pas possible, et il faut reconnaître qu'ei pareil cas le rhumatisme vrai et le pseudo-rhum atismi blennorrhagique forment deux groupes morbides dis — tincts* .

Mais à côté de ces cas qui sont les plus nombreux, en est d'autres, où le pseudo-rhumatisme blennorrhi gique semble se confondre avec le rhumatisme articulai] franc ; dans quelques observations, on constate un rhi matisme articulaire généralisé, des manifestations viseraies, Tendocardite*, la péricardite, la pleurésie, d troubles cérébraux, et devant ces faits on s'était deman* si la blennorrhagie n'est pas capable de susciter ou réveiller la diathése rhumatismale (Peter').

Si l'on veut bien se reporter au chapitre concernan^^ a» blennorrhagie, on y verra que ces difl'érentes manife^ ta^ tiens viscérales sont le fait de l'infection gonococcicij^^g et non pas le fait du pseudo-rhumatisme; infecta c/75 articulaires et infections viscérales sont également sous la dépendance de la toxi-infection gonococcique ; il n'en est pas moins vrai que la coïncidence mérite d'ê/re signalée.

Les déterminations morbides, qni se font à la fois sur les séreuses et sur les jointures, n'appartiennent donC' pas exclusivement au rhumatisme articulaire aigu, elle^ appartiennent également, sous une foitrie modifUey à desétats morbides infectieux, tels que la blennorrhagie, la^- 2. scarlatine, la dysenterie, les oreillons, etc. Au point de vue de leur nature et de leur origine^ ces pseudo-rhumatismes infectieux et entr'autres le rhumatisme blennorrhagique, doivent être nettement distingués du rhumatisme vrai, qui est, lui aussi, bien certainement, une maladie infectieuse.

1. Jaccoud. Infections blennotrhagiques. Clinique, 1887, p. 142.

2. Lacassagne. Complications cardiaques dans la blennorrhagie ""^ {Arch. génér. de mcd., 1872).

3. Voyez l'importante discussion de la Société médicale des hôpit.— - "'

Mais si la distinction est nettement tranchée au point de Tue pathogénique, elle n'est pas toujours aussi complète au point de vue clinique, et dans quelques cas, le rhumatisme blennorrhagique revêt de telles allures que, n'était-ce la constatation de la gonorrhée, il serait bien difficile de dire si l'on a affaire à un rhumatisme vrai ou à un pseudo-rhumatisme.

Cette discussion entreprise au sujet du rhumatisme blennorrhagique est applicable aux autres rhumatismes infectieux que je vais énumérer.

Le rhumatisme de la scarlatine peut simuler le rhumatisme vrai, bien qu'il revête le plus souvent les allures du pseudo-rhumatisme infectieux. Habituellement, il apparaît au déclin de la maladie et il se localise de préférence aux poignets et aux cous-de-pied. Souvent il est si peu accusé» que c'est seulement par la pression sur ces parties qu'on en décèle la douleur. Les b; ctéries pyogènes s'assodant fréquemment à la scarlatine, . les arthrites scarlatineuses aboutissent parfois à la suppuration. La pleurésie et la péricardite, qui peuvent se déyelopper en même temps que les arthrites scarlattneusss, ont également une tendance à la purulence. Je reuToie pour cette étude à l'article concernant la scaiiatine.

La d§$enierie est quelquefois accompagnée d'arthrites ; <^'est la, forme rhumatismale de Stolh. Ces manifestations articulaires surviennent à une période avancée de la iiudadie, parfois au moment de la convalescence. Sui- ^<Uit le cas, une ou plusieurs jointures sont prises sii^Ultanénient ou successivement; l'arthrite est tantôt fugace^ tantôt tenace comme l'arthrite blennorrhagique*.

Les oretlkmê (fièvre ourlienne) sont parfois accom-

^* Ctainqaaad. Manifest, rhumatism, de la dyseni. [Gaz, des hôpit.^ ^ Aiette. Areh. gén. de méd., août 1369.

4&4 KALADIES RHUMATISMALES.

cardite, ainsi qu'on a pu le voir à Tarticle conceman

les oreillons. ^^"a-

La grossesse imprime à l'économie de telles modifica-";^^^^ lions, que le rhumatisme qeut être notablement modifié ^^ ^^ chez la femme enceinte (Hanot). Vélat puerpéral constitue ^^^ un état morbide favorable au développement d'arthrites secondaires, aboutissant parfois à la suppuration et à Tankylose.

La pneumonie peut, elle aussi, être accompagnée d'arthrites simples ou suppurées dues à Finfection pneumonique ou à des infections secondaires.

Vérysipêle peut être également accompagné ou suivi de manifestations articulaires sous différentes formes; hydarthrose, arthrite sûnple ou suppurée.

La fièvre typhoïde est encore une maladie infectieuse, dans le cours de laquelle peuvent survenir des arthrites simples ou suppurées.

Dans bon nombre de cas concernant les arthrites infectieuses que je viens de passer en revue, on retrouve dans la jointure malade l'agent pathogène : gonocoque, pneumocoque, bacille de la âèvre' typhoïde, streptocoque.

Dans d'autres cas on ne trouve que des agents d'infection secondaire, parfois enfin lé liquide de l'arthrite est stérile et on se demande alors s'il faut incriminer les toxines ou s'il n'est pas plus vrai d'adm^tre la disparition des microbes.

Traitement. — D'une façon générale, les médicaments qui agissent dans le rhumatisme vrai (ssdicylates infectieux. Les arthrites de la blennorrhahie, de l'état puerpéral, qui prennent si fréquemment le type suhaigu, doivent être traités au début par des moyauï locaux éner-

igques, émissions sanguines, sangsues, ventouses, révul -^-*

sifs, pointes de feu vésicaloires. C'est à ces arthrites ^ ^^' que convient le traitement que j'ai vu employer à Trous — -^^ ^' seau, et que j'ai mis en usage, souvent avec succès. Jfi^ '^LJe

RHUMATISBIE. 455

^*di décrit^ sous le nom de Cataplasme de Trousseau, ^oici en quoi il consiste :

On prend, suivant le volume de l'articulation malade, ^ kilogramme et demi ou 2 kilogrammes de pain ; 2 kilo- €»ranunes sont nécessaires pour Farticulation du genou, t kilogramme est suffisant pour Tarticulation du poignet. Oq coupe ce pain en morceaux, en ayant soin d'enlever les parties dures de la croûte, et on fait tremper ces morceaux dans Teau durant cinq minutes environ.

Quand on retire ce pain de l'eau, il est fortement imbibé ; on le place alors dans un linge ou dans une ser- ^'iette, et par la torsion on l'exprime de façon à le priver d'une partie de l'eau qu'il avait absorbée. Le pain n'est plus imbibé, il n'est qu'humecté.

Ainsi préparé, ce pain est placé au bain-marie, où il doit rester trois heures. Quand on le retire du bain-mario, OQ a une sorte de pâte assez desséchée, qu'on ramollit peu à peu par l'addition d'alcool camphré. Ce gâteau esl fortement pétri jusqu'à ce qu'il ait acquis la consistance sissez ferme du plum-pudding ou du mastic de vitrier. C'est même là le point délicat dans la confection du cata* plasme; ce degré de consistance est essentiel à obtenir; si le cataplasme est trop mou, il fuse sous la compression exercée au niveau de l'articulation ; s'il est trop dur, il ïï'est plus homogène, il se morcelle, et ses parties dessé- *^bées peuvent excorier la peau. Il faut donc surveiller *vec soin le degré de consistance du cataplasme ; quand ^n n'en a pas l'habitude, on a toujours une tendance à le faire trop mou, soit qu'on n'ait pas suffisamment exprimé le pain avant de le placer au bain-marie, soit ^U*on ait versé trop rapidement une trop grande quantité d* alcool camphré.

La pâte étant ainsi préparée, on l'étalé sur une compresse de toile en lui donnant la forme d'un rectangle allongé» de dimension telle que l'articulation tout entière

Page 1