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I 1. ALC00LI8ME

Les boissons alcooliques, le vin, les liqueurs, l'absinthe, la bière, etc., sont d'autant plus redoutables qu'elles sont fabriquées avec des substances de plus mauvaise qualité.

Les essences (méUsse, anis, angéUque, menthe, etc.), qui entrent souvent dans la composition des liqueurs, augmentent leur pouvoir toxique, sans qu'il soit toujours possible de dire la part exacte que prennent ces essences aux accidents morbides. Prises le matin, à jeun, les boissons alcooliques sont plus nuisibles que mélangées aux aliments au moment des repas. Ëtudions successivement l'alcoolisme aigu et l'alcoolisme chronique.

Alcoolisme aigu. — L'alcoolisme aigu, c'est Vivresse, A la suite de libations plus ou moins copieuses faites avec des boissons alcooliques, l'ivresse se déclare. Elle

débute par une période d'excitation; le buveur a Tœi] brillant et la face congestionnée, il devient loquace et bruyant ; il n*est plus maître de ses sentiments ; la joie, la colère, la tristesse sont poussées à l'extrême . Bientôt il a des vertiges, sa démarche devient chancelante, il éprouve à Testomac un malaise considérable, il pâlit, la sueur inonde son visage et des vomissements se produisent par lesquels il rejette une partie des boissons qu'il avait ingurgitées. Sous l'influence des vomissements, le malaise disparait, et le sommeil termine cet état d'ivresse qui ne laisse après lui qu'un peu d'embarras gastrique. Mais les vomissements ne se produisent pas toujours et les boissons ingurgitées ne sont pas expulsées ; alors la période d'excitation fait place à une phase de dépression, l'homme ivre tombe sans connaissance, la respiration est embarrassée et stertoreuse comme dans le coma, l'anesthésie et la résolution musculaire sont complètes.

Si l'ivresse est consécutive à l'ingestion de liqueurs renfermant des extraits de plantes aromatiques telles que l'absinthe, lebitter, le vermouth, si surtout l'usage de ces boissons est habituel, on peut voir survenir des convulsions épileptiformes (ivresse convulsive de Parcy). Cet état dure quelques heures, une demi-journée, et le malade reprend peu à peu ses facultés. Néanmoins dans quelques cas, si le malade a absorbé une grande quantité d'alcool, s'il est longtemps resté exposé au froid, la température centrale s'abaisse progressivement, parfois elle tombe au-dessous de 30<>, et la mort peut en être la conséquence.

Alcoolisme chroniqne. — V alcoolisme chronique s'établit lentement, et les accidents qu'il détermine concernent surtout les voies digestives et le système nerveux.

Leur prédominance sur l'un ou sur l'autre de ces deux appareils dépend de la prédisposition héréditaire. Tel individu, fils de névropathe, névropathe lui-même, aura

d'emblée des manifestations nerveuses graves, tandis que, chez tel autre alcoolique, les accidents de ce genre se feront longtemps, sinon indéfiniment attendre.

Troubles digestifs. — L'alcoolique perd l'appétit, il éprouve une sensation de brûlure le long de l'œsophage (pyrosis), il a le matin des vomissements de matières blanchâtres et filantes (pituites). Parfois l'inflammation de l'estomac, la gastrite chronique des buveurs est compliquée d'ulcérations (gastrite ulcéreuse). Des hématémèses peuvent se produire. Certains auteurs admettent même que l'ulcération stomacale, d'origine alcoolique, peut prendre tous les caractères de l'ulcère rond.

Comme la veine porte transporte directement au foie une partie de l'alcool ingéré, les altérations hépatiques, congestion, stéatose, cirrhose graisseuse, et notamment la cirrhose atrophique, sont fréquentes chez les alcooliques. Viclère aigu des ivrognes (Leudet) présente une gravité exceptionnelle.

Troubles nerveux. — Le tremblement alcoolique est un symptôme précoce ; il est surtout accusé aux membres supérieurs et aux mains ; il a sa plus vive intensité le matin, à jeun ; il s'amende dans la journée, sous l'influence de nouvelles libations.

Les troubles de sensibilité sont fréquents ; les alcooliques se plaignent de céphalalgie, de vertiges, de fourmillements, de crampes dans les mollets, d'anesthésic qui envahit parfois une moitié du corps (Magnan). L'ouïe, la vue sont perverties, certains malades éprouvent des hallucinations, des convulsions épileptiformes, des accès de manie aiguë, de la lypémanie; quelques-uns présentent des troubles cérébraux qui rappellent ceux de la paralysie générale, ce qui les a fait décrire pendant longtemps sous le nom de pseudo-paralysie générale alcoolique. Aujourd'hui on tend à dissocier ces cas en deux catégories : dans l'une, l'alcoolisme (chez des individus prédisposés) conduit à la paralysie générale vraie; dans l'autre, l'alcoolisme aboutit k la démence.

Le sommeil des alcooliques est agité par des cauchemars et par des rêvasseries ; Talcoolique croit voir des animaux, des rats» courir sur son lit et dans sa chambre.

Le delirium tremens est un épisode aigu de ralcoolisme chronique ; tantôt il est provoqué par des excès de boissons alcooliques, tantôt il vient compliquer une maladie intercurrente (pneumonie, rhumatisme, traumatisme). Le malade €st pris de délire professionnel violent, bruyant, parfois furieux, qui nécessite Tusage de la camisole de force ; l'insomnie est complète, les mouvements sont désordonnés. L'accès dure en moyenne de trois à cinq jours, il se termine par un sommeil profond et il guérit le plus souvent lorsque la température du malade reste peu élevée ; mais si le delirium tremens, éclatant en dehors de toute maladie fébrile, est accompagné d'une température qui atteint ou dépasse Z9^f la situation devient très grave et le malade succombe fréquemment (Magnan).

On peut voir survenir chez les alcooliques et plus spécialement chez les femmes, des paralysieê qui débutent par les membres inférieurs, et se localisent de préférence au groupe antéro-externe des muscles de la jambe, pour se généraliser aux autres muscles. Dans les cas graves, les membres supérieurs eux-mêmes sont atteints et ici encore la paralysie alcoolique débute par les extenseurs. Les muscles de la face, du cou, des yeux, sont plus rarement atteints. Cette paralysie est douloureuse, elle est rapidement complète, toujours flasque, accompagnée de douleurs des muscles, d'atrophie musculaire précoce, d'abolition des réflexes et de perte de la contractilité électrique. Elle est ordinairement curable, mais la gué^ rison est toijgours lente à obtenir. Dans d'autres cas, qu'il y ail ou non paralysie, on observe des troubles de locomotion qui rappellent ceux de Tataxie locomotrice (pseudô'tabes alcoolique).

Qu'il s'agisse de paralysie ou de pseudo-tabes, si l'atrophie est très prononcée, elle laisse à sa suite des rétractions musculaires qui entraînent des déformations des

niMnbrat/et «n pArtiçuliôr du pied« Lorsque la paralysie se généralise, elle peut envahir les muscles de la respi** ration, atteindre le cœur lui-même (Déjerine) et provoquer des défaillancêSi la syncope et la mort. Elle a une marche aiguë ou subaiguô, les lésions musculaires sont très lentes à se réparer. Les rechutes sont fré* quentes.

Le point de départ de ces troubles de la motilité est dans les nerfs périphériques (névrite périphérique), et les nerfli des membres sont les premiers lésés (Lance* reaux, Œttinger, fiuzsard), etc. De toutes les névrites toxiques, il n'en est aucune dont l'existence soit mieux établie. Elle peut atteindre aussi les nerfs crâniens : nerf pneumogastrique, optique, etc.

Bon nombre d'auteurs cependant admettent que ces altérations nerveuses sont elles-mêmes consécutives à des lestons dynamiques de la moelle (Erb).

Les troubles oculaires consécutifs à l'intoxication chro" nique par l'alcool sont très fréquents. Ils consistent en en une amblyopie {amblyopU toxique) qui peut se dévc" lopper asseï rapidement, et occuper les deux yeux. Cette amblyopie est caractérisée par une diminution plus ou moins considérable de Faculté visuelle centrale (stocome central), tandis que la périphérie du champ visuel reste intacte. Avant d'être absolu, le stocome n'existe que pour les couleurs, c'est-à-dire que l'examen du champ visuel avec un objet blanc ne provoque aucune interruption, tandis que la couleur cesse d'être perçue dans toute l'étendue du scotome, si l'on fait usage pour l'examen, d'un index vert ou rouge. Les malades voient mieux à la chute du jour (nyctalopie), parce que la sensation, de l'éblouissèment disparait.

i l'ophthalmoscope, on ne constate habituellement aucune lésion du fond de l'œil. Dans quelques cas, Uhthoff a signalé la décoloration de la moitié externe de la papille du nerf optique. Traitée au début, l'amblyopie alcoolique disparait sans laisser de traces. Dans iea ca^

s« ffiTouctnen.

pins utàau. le réUlbUssement c<mi|riet de la nîoo est presque lonjours impoesiUe.

L'intoiicatim aleotdiqiic jwnt déteniÙDCT des pua— Ijsies des mnsdes moteurs de l'oeil. La p(rfioencé|Âalite aignê. noos l'iTons dit dans un antre chapitre, peut être parfois rattachée à llntoncatiDD alcoolique.

L'alcoolisme dironique exerce soa action sur <f autre» appareils; la août est souvent nwqne et éraillée, ce qui. tient i nne congestion cfarmiiqne de la muqueuse ^a — ryngée (angine grannleote), de l'épi^tte, des aryté— noîdes et de la muqueuse larji^ée. L'aOaiUissement et. rîmpnissance généâques ne sont pas mes. Les troubleS' circulatoires tiennoil i l'état amiuiatina des Tais— seaux.

DiagnoaUc — fnamtic — L'odev caractërist^u» edulée par le malade sert k diatinguN' Fétat eontateuc de l'ivresse, du coin» ou de l'apopleiie associés i biea d'autres élaU morbides.

Les diflerenls accidents qui tiennent à l'alcoolifuw chronique sCTOnt reeonnns aui sjmptômes précêdemmenL êniunérès, et aux renseignemenlâ fournis p»r le malade. Toutefois, en face de quelques accidents, tels que U^ pituite, le tremblement, les tendances au délire, â la Ij^ pémanie. il faut se méfier des renseig;nements donnée par les akooliques, car certains nient éoergiquemeDt leurs habitudes alcooliques.

Les piraljsies akmdiqnes se distinguent des myâitespar leur dissôninatioa, par les phénomènes douloureuz^ spontanés et surtout proraqués, par l'abolition i^pidv ^ réflexes et l'atrophie musculaire précoce. Duis lee^ pseudo-tabes, la jambe n'est pas jetée A droite on te gauche comme dans l'ataiie, le malade afapp* (Charcot)^ la mardie de la maladie est rapide et non pas lentement progressÎTe; la guàison est fréquente, mais les rechute» sont à craindre.

Le pmnottic de l'alcoolisme aigu est rarement gran; ce qui est grave, c'est l'alcoolisme chronique, parce qu'il

nroucATK»». 9»

oondait le nubde pragresafemeot et presque sânemenl à des gastrites rebefles, à la cârrfaose du foie, à Talhérome artériel, aa éeiirimm tremtems, à la lypémanie, à la manie, à la démenoe, au saicide. Les influences de Falcoolisme chronique s*étendent jusqu'aux descendants, car les enfants de Fakoolique sont parfois des êtres déebus (idiotie, scrofule, épîlôtsie, etc.).

AsaftOBie pathologique. — Chez les sujets morts en état d'alcoolisme aigu, on trouTe la congestion des poumons, des méninges et du cerreau arec ou sans hémorrhagie (Tardieu). Le sang, le foie, le cerreau, tous les organes sont imprégnés d'alcool.

L'akooliane chronique produit deux grandes Tariêtés de lésions : des inflammations interstitielles chroniques à forme dnrfaotique, et des dégénérescences graisseuses des parenchymes. L'estomac est tantôt rétréci, tantôt dilaté; la muqueuse est épaissie, injectée, ulcérée. Le foie est le âége de ârrkote ou de déaiote distinctes ou combinées. Le cœur est graisseux, des Taisseaux sont atteints d'endartérite et d*athérome. Les reins présentent les altérations de la sclérose et de la dégénérescence graisseuse. La muqueuse laryngée est hypérémiée et épaissie. Les méninges sont congestionnées, enflamroé^g^t présentent parfois des lésions de pachyméningite. Le\erTeau est intéressé; à sa surface on trouTe de nombreux foyers de ramollissement corticaux qui expliquent les troubles de ridéation.

Traitement. — Chez Thomme ÏTre il faut provoquer par le vomissement le rejet des boissons ingérées ; Tacétate d'ammoniaque (20 gouttes dans un peu d'eau), le café sont de bons adjuvants pour stimuler l'organisme. Chez quelques alcooliques le deliriunftremeru parait favorisé par une suppression trop brusque ou trop complète des boissons; à ceux-là on prescrira des boissons vineuses; l'extrait d*opium à dose de 5 à 10 centigrammes par vingt-quatre heures, le chloral, le bromure de potassium devront être également administrés. Il est évident qu'on

doit par tous les moyens possibles supprimer ou diminuer progressivement les boissons alcooliques, cause de tout le mal.

§ 2. INTOXICATION MERCUflIBLLE. — HYDIIAII0YRI8MB«

L*hydrargyrisme comprend l'ensemble des manifesta* lions pathologiques créées par l'accumulation du mercure dans l'économie. Cette intoxication peut être d'origine ihérapeiitique ou d'origine professionnelle.

ftiologio. -* L'hydrargyrisme thérapeutique est tan tôt consécutif à l'absorption cutanée : fiictions mercurielles, cautérisations au nitrate acide de mercure ; tantôt consécutif à l'absorption intestinale : calomel, protoiodure. Plus rarement» il succède à des fumigations me^ curielles.

L'administration du médicament a ordinairement besoin d'être prolongée pendant un certain temps pour que les accidents se produisent; chez quelques sujets cependant» une seule cautérisation a pu donner naissance à des phénomènes toxiques. Il existe donc, pour le mercure, comme pour un grand nombre de substances médicamenteuses, une susceptibilité qui varie avec les individus et que rien ne peut faire prévoir. Ce mode d'intoxication mercunelle est du reste beaucoup moins fréquent aujourd'hui qu'autrefois, car on ne regarde plus la saturation de réconomie par le mercure comme indispensable à l'ac* tion du médicament.

L'hydrargyrisme professionnel s'observe chez les mi-> neurs (Almaden, Istria) et chez les ouvriers qui manient le mercure en nature : doreurs, miroitiers, fabricants de baromètres; ou les sels de mercure : chapeliers, etc. L'absorption se fait ordinairement par la peau et par les voies respiratoires ; mais chez les mineurs, il faut fair«

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intenrentr, en outre, rentrée du mercure par les voies digestives, car la présence de ce métal dans les garderobes a été constatée depuis longtemps. Comme précédemment, ridiosyncrasie joue ici un grand rôle; tel mineur sera pris des premiers accidents au bout de sept ou huit heures de travail» td autre résistera pendant plusieurs semaines. D en est de même pour les ouvriers des villes.

Sjrmptômes. — Hydrargyrisme aigu. — Le mercurialisme thérapeutique débute généralement par une stomatite légère, qui tend à augmenter si Ton continue remploi du mercure (voir Stomatite mercurielle). Là se bornent, en général, aujourd'hui les accidents; car, à moins d'indication urgente, on arrête ordinairement l'administration du mercure aussitôt qu'elle S' produit.

Dans l'hydrargyrisme professionnel il est fréquent d'observer tout d'abord des palpitations, de l'essoufflement, de l'inappétence, de l'insomnie, de la pâleur, en un mot tout un ensemble de troubles de la santé générale qualifiés du nom à'éréthitme mei'cut'iel (KussmauH). Puis la stomatite apparaît et évolue comme précédemment.

Dans les cas intenses, la fièvre s'allume, mais la température ne dépasse guère oi^ (Unllopeau *) ; l'appétit a complètement disparu, de la diarrhée survient. Les urines sont rares, foncées en couleur, légèrement albumineuses. L'abattement est très prononcé ; le nombre des globules rouges est diminué (Gubler) dans les cas exceptionnellement graves, et il peut se faire des hémorrhagies par diverses voies: l'hématurie est la moins rare (Kussmaul).

Parfois, dans cette forme, apparaissent des éruptions qui constituent ce qu'on décrit sous le nom d'hydrar-

i. Kussmaul. Considérât, sur te mercurialisme et la syph, constif tuiion., 1861.

S. HaUopeau. Thèse d'agrégation, p. 130.

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gyrie, Bazin en a décrit trois formes : La forme légère est constituée par un simple érythème localisé à la face interne des cuisses, au scrotum, aux aines, à l'abdomen, avec vésicules très petites ; toute la surface des téguments recouverts par l'éruption est le siège de cuisson et de démangeaisons intenses. L'hydrargyrie/S^t^ri/e débute comme la précédente, puis elle s'étend à tout le corps pour gagner la face en dernier lieu. L'éruption, d'un rouge vif tantôt rubéoliforme, tantôt scarlatini forme, s'accompagne souvent d'angine. Vers le quatrième jour apparaissent des vésicules plus grandes que dans la forme précédente; elles se remplissent, puis se rompent en laissant après elles des croûtes humides et jaunes; pendant une semaine environ, la température oscille autour de 39^. La forme grave ne s'observe guère que lorsqu'on continue l'emploi des préparations mercurielles après l'apparition des premières plaques : la peau est tendue et douloureuse, le visage enflé, la fièvre est intense, des symptômes graves apparaissent : insomnie, délire, état subcomateux, dans quelques cas la mort est survenue dans le coma. La guérison est habituelle, même dans cette forme ; mais pendant la convalescence, c'est-à-dire vers le milieu de la deuxième semaine, apparaissent souvent des abcès, des adénites, des phlegmons, parfois même des plaques de gangrène.

Dans les cas les plus graves de mercurialisme aigu, hi stomatite s'accompagne du gonflement du cou, de suppuration des parotides et des ganglions cervicaux (Gubler),, de glossite parenchymateuse et parfois d'ulcérations gangreneuses, qui laissent à leur suite des cicatrices difformes.

Nous étudierons un peu plus loin les accidents nerveuic. et les névrites périphériques qui sont la conséquence d^ rhydrargyrisme chronique. Des accidents nerveux eV des névrites périphériques peuvent être dus également^ à rhydrargyrisme aigu; ces polynévrites aiguës s'observent parfois dans le cours d'un traitement mercuriel in—

tense» elles diffèrent des formes chroniques en ce qu'elles sont plus généralisées, les atrophies musculaires sont très prononcées et les réflexes tendineux sont diminués*.

Hydrargyrisme chronique. — Cette forme ne s*observe plus guère aujourd'hui que dans Thydrargyrisme professionnel. Tous les accidents qui constituent Véréthisme mercuriel se retrouvent ici au grand complet et plus accusés encore que dans la forme aiguë. La face est pâle, l'haleine fétide, les dents déchaussées prennent une coloration brun verdâtre, elles sont dépolies, rugueuses, et présentent des stries transyersales qui semblent s'emboîter réciproquement (dents mercurielles de Letulle). La déglobulisation du sang est constante.

 cette période apparaît un tremblement, qui débute par les extrémités supérieures, puis qui gagne les extrémités inférieures, la tète, la langue. Il est parfois plus prononcé d'un côté que de l'autre, cesse habituellement au repos, apparaît à l'occasion des mouvements, augmente par la fatigue, les émotions, l'abus de l'alcool. D'abord peu intense, il finit par rendre tout travail impossible. 11 dure des semaines, des mois, alors même que le malade cesse tout travail : dans certains cas même, il persiste des années après que toute cause d'intoxication a été écartée.

Consécutivement au tremblement, on observe parfois chez les mineurs d'Ahnaden et d'Istria des contractures limitées aux extrémités, mais qui peuvent se généraliser. Elles sont ordinairement intermittentes et apparaissent alors soiis forme d'accès. On les désigne, en Espagne, sous le nom de calambres, et les ouvriers qui en sont atteints sont dits calambristes.

Dans les cas moyens, la force musculaire des trembleurs saturnins est conservée. M. Letulle* dit cependant avoir

1. Spillmann et Etienne. Polynévrites dans l'intoxication mercurielle aiguë et subaigiiê. Revue de médecine^ 1895. p. 1009.

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