‹ Manuel de pathologie interne. v. 3Chapitre 176 sur 198 · Tardieu. Dict. (Thyg. et de saluhr.f 1863, t. II, p · texte numérisé non relu

Tardieu. Dict. (Thyg. et de saluhr.f 1863, t. II, p

se tuméfient, saignent au moindre contact, la face est bouffie, les extrémités s*œdénmtient, des plaques ecchymotiques apparaissent sur divers points de la surface du corps, des bémorrhagies se font par diverses voies. Ainsi est créée une cachexie mercunelle qui offre de nombreux points de contact avec la cachexie scorbutique et qui, comme elle» se termine souvent par le coUapsus et la mort.

Diagnostic. -- Aucun des symptômes de l'hydrargyrisme n'est pathognomonique ; la réunion de plusieurs d'entre eux» la marche des accidents et les commémoratifs permettent seuls de formuler le diagnostic. Pris isolément, chacun de ces accidents peut être confondu avec des manifestations analogues dues à des causes multiples. Nous avons vu déjà avec quelles stomatites la stomatite mercurielle prête à confusion. Le tremblement mercuriel offre avec celui de la sclérose en plaques les plus grandes ressemblances; comme celui-ci, il n'existe pas au repos, il ne se produit qu'à l'occasion des mouvements, il augmente à mesure que le malade approche du but qu'il se propose d'atteindre; mais, dans la sclérose en plaques, il existe des troubles de la vue, de la parole, des contractures permanentes, parfois aussi des troubles de Tid^éation qu'on ne retrouve pas dans l'hydrargyrismç.

L'hydrargyrie dédutant par l'abdomen, les aines, la face antérieure des cuisses, s'accompagnant parfois d'angine et de fièvre, peut être confondue avec la scarlatine. L'existence des vésicules à la surface de l'érythème n'est pas toujours un élément de diagnostic suffisant, car il existe une variété de scarlatine qui, elle aussi, s'accompagne d'un semis vésiculaire. Le peu d'élévation de la température, l'absence de généralisation, et surtout les commémoratifs permettront le diagnostic.

Pendant longtemps on a attribué au traitement mercuriel bon nombre des manifestations syphilitiques et tout particulièrement les altérations des os. A part la

nécrose des maxillaires, le mercure n'a aucune action sur le système osseux. Le accidents nerveux, myélites, encéphalopathie, ont été autrefois rattachés à Finfluence du mercure ; aujourd'hui ces discussions n'ont plus guère qu'un intérêt historique : les bons effets produits par les frictions mercurielles dans ces conditions en disent plus que toutes les controverses. Toutefois l'administration thérapeutique du mercure a ses limites, et dans quelques cas la recherche et le dosage du mercure dans les urines peuvent avoir une grande utilité.

Traitement. — n doit être : 1* hygiénique ou préventif, c'est-à-dire qu'on cherchera à ventiler autant que passible les ateliers et les mines (Proust), à diminuer le nombre des heures de travail et, par des soins de propreté, à restreindre les causes d'inloxication : les ouvriers seront envoyés fréquemment am bain; on leur recommandera de se brosser régulièrement les dents, car h stomatite est beaucoup moins fréquente chez les individus qui prennent cette précaution.

2" Lorsque l'intoxication sera produite, il faudra sous* traire les individus à la cause mori)igène, favoriser la sécrétion urinaire, faciliter l'élimination du mercure et administrer Tiodure de potassium. L'hydrothérapie, l'électricité produisent de bons effels.

§ s. INTOXICATION SATURNINE.

ftiologie. — Les causes de l'intoxication saturnine sont des plus variées. Tous les ouvriers qui manient 1^ plomb ou ses combinaisons y sont plus ou moins exposés^

1. Balzer etKIumpk. Élimination du merc. dans les urines {Rev.d^ méd., avril 1888).

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enfr<^ fliif res je citerai ceux qai sont employés aux mines, aux fabriques de céruse et de minium, les peintres en bâtiment, les fabriques de cartes glacées, les typographes, les vitriers, etc.*. Les accidents saturnins sont encore causés par Tusage des cosmétiques et des fards. Les préparations saturnines pénètrent dans Téconomie par les voies digestives, par les voies aériennes, par les muqueuses et par la peau*.

L*intoxication accidentelle est plus intéressante encore à étudier, car si l'on n'y prête attention elle peut être la cause inconnue d'un grand nombre de manifestations morbides. Le pain, les viandes cuites avec des bois peints à la céruse, le gibier mariné avec le plomb qui l'a tué, les conserves alimentaires, les pâtisseries entourées de papiers d'étain, l'eau amenée par les tuyaux de plomb, l'eau de pluie ayant séjourné sur les toits plombés, l'eau de Seitz, les vins frelatés, l'habitation dans les chambres fraîchement peintes à la céruse, sont autant de causes à rechercher.

Description. — Qiez bien des gens, le plomb imprime à l'économie une détérioration générale avant de se traduire par des manifestations localisées. Cet état dyscrasique créé par le saturnisme tient surtout aux altérations du sang. Dans Y anémie saturnine le chitine des globules rouges diminue de moitié, on n'en trouve parfois que 2500 000 par millimètre cube (Malassez). Les globules sont également altérés dans leur qualité. Le saturnin a la peau d'une pâleur jaunâtre, il est aifnaigri, il a le pouls petit, ralenti et polycrote. A l'examen de la bouche, on aperçoit, sur le bord des gencives, un Uséré bleuâtre, liséré saturnin j qui provient soit du dépôt de poussières métalliques, soit de l'élimination par les glandes salimaires des préparations saturnines. L'haleine est habi-

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