‹ Manuel de pathologie interne. v. 3Chapitre 52 sur 198 · SÎ · texte numérisé non relu

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MALADIES typhoïdes. 125

deux héraorrhagies intestinales fort abondantes; elle avait à ce moment 40^,6. La température tomba aussitôt de plus de quatre degrés et s'abaissa à36®,5: c'était bien là une hypothermie brusque, simulant à s'y méprendre l'hypothermie de la perforation ; mais, deux heures après l'hémorrhagie, la température était déjà remontée, au point d*avoisiner 40®. La malade succomLa quatre jours plus tard, et il fut facile de constater qu'il n'y avait ni perforation intestinale, ni la moindre ébauche de péritonite, bien que plusieurs plaques de Peyer fussent ulcérées jusqu'à la séreuse.

Après avoir étudié la pathologie et l'entrée en scène des péritonites par perforation, voyons maintenant quelle en est révolution : Dans la grande majorité des cas, la péritonite par perforation est mortelle. Elle a une durée variable de trois à huit ou dix jours, parfois interrompue de rémission ou d'amélioration factice et les symptômes péritonéaux, je le répèle, sont assez souvent dénaturés par les symptômes typhoïdes. En peu de jours, le faciès se grippe, les yeux s'excavent, le pouls devient misérable, extrêmement fréquent, le malade se refroidit, des sueurs viqueuses apparaissent et la mort survient dans le collapsus ou dans le coma.

Toutefois, la péritonite par perforation n'est pas toujours mortelle ; des adhérences peuvent s'établir à temps, auquel cas, la péritonite se circonscrit, et après deux, trois, quatre jours, pendant lesquels se sont succédé les symptômes de la péritonite par perforation, l'amélioration survient et le malade guérit. Les observations de Reunert, auxquelles je faisais allusion plus haut, sont des types de ces péritonites par perforation aboutissant à la guérison :' chute brusque de la température, vomissements, hoquet, tympanisme, dyspnée, pouls filiforme, collapsus, rien n'y manque... que l'autopsie. J'ai observé un cas de ce genre dont l'observation a été recueillie par mon ancien interne Gaussade : la péritonite débuta par une chute d la température, qui tomba brusquement de cinq degrés

120 riALADIBS GËiSËRALES £T IN»^£CTIEUSES.

ballonnement du ventre, douleurs, vomissements, hoquet, tout me fit porter le pronostic le plus grave, mais fort heureusement le malade guérit.

C'est dans les cas de ce genre, que quelques auteurs mettent en doute la péritonite par perforation ; c'est en pareille circonstance, qu'on invoque les soi-disant péritonites par propagation. Il semble a priori, que la péritonite par perforation ne puisse pas être curable, et cependant elle Test, grâce aux adhérences, qui limitent la perforation et qui amoindrissent ou annihilent ses effets nuisibles. On a publié sur le mécanisme de ces guérisons des observations qui ne laissent aucun doute. Dans un cas de Bucquoy, il est question d'un homme atteint de fièvre typhoïde suivie de guérison, mais à peine en convalescence, cet homme a une rechute à laquelle il succombe rapidement. A l'autopsie, on constate entre autrelésions, à la fin de l'iléon, une large ulcération avec pers fornlion entourée d'adhérences déjà anciennes et datant de la première poussée de cette fièvre typhoïde. Bucquoy ajoute avec raison : « Voilà un cas bien constaté de perforation qui n'avait déterminé qu'une . péritonite circonscrite, latente, dont les symptômes avaient échappé à l'observation, et qui n'aurait pas empêché la guérison, si une rechute de la fièvre typhoïde n'avait déterminé la mort du malade. » * Widal m'a dit avoir observé un cas analogue, la perforation siégeait au caîcum et le péritoine avait été protégé par des adhérences qui s'étaient faites à temps.

Nous n'en avons pas fini avoc l'histoire des péritonites typhoïdes. Nous avons étudié jusqu'ici les péritonites par perforation» il nous faut étudier maintenant les péritonites dites ip'AV propagation; en pareil cas le processus infectieux est supposé traverser l'intestin ulcéré mai^* non perforé. Cette dénomination de péritonite par propagation a été créée par Trousseau, à la suite du mémoires

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