Vidal et Beiaoçon. 8oe. tnid. de* hôp.y ayril
^ johel Bénoy et'fiolognisi. Arch. gén, de tnéd. , juillet 1803.
NBn.4rOT, PATHOL. T.- IV. li
peut devenir ambulant, il gagne le tronc, les membres : et détermine raffaiblissement et Tinfection du sujet.
n ne faut pas oublier que Térysipèle de la face peut-*^^^^ atteindre le pharynx, le larynx, les bronches, le poumon. MTMi^Ti et provoquer la laryngite érysipélateuse, la bronchite et ^^ Ç la pneumonie érysipélateuse, accidents terribles qui justi-i^*^' fient l'assertion de M. Cornil : l'érysipèle qui rentre est ^ ^sl plus grave que l'érysipèle qui sort*.
Les érysipèles qui surviennent chez les cachectiques. <^ ^^* brightiques, diabétiques, alcooliques, pneumoniques, diph -^^* *^thériqufis, dothiénentériques, sont d'un pronostic souvenf -^^^•'^ funeste étant donné le terrain sur lequel ils se dévelop — ^^^ peut.
J'en dirai autant des érysipèles contractés dans ui milieu puerpéral ou chirurgical.
L'infection streptococcique peut revêtir alors une telh intensité qu'elle trahit sa malignité, soit par sa tendance à faire des suppurations diffuses, des phlegmons gangreneux^ soit par un état typhoïde et par des allures ataxc adynamiques. Sécheresse de la langue, accélération di^pouls, prostration du sujet, délire plus ou moins violent^ rétention ou incontinence d'urine, tels sont les sym — ptômes de ces érysipèles infectieux. Ces cas-là sont forC^ contagieux ; ils peuvent devenir l'origine de foyers épidémiques. Trousseau, avec sa merveilleuse sagacité, devançant les explications qui nous sont actuellement données par les études bactériologiques, avait parfaitement mis en lumière la pathogénie de ces érysipèles maUns. « Au commencement de 1861, alors que sévissait sur presque tous les asiles destinés aux femmes en couches une épidémie terrible de fièvre puerpérale, les érysipèles du visage, ordinairement si peu graves, prenaient assez souvent une tournure fâcheuse*. » Cette malignité de l'érysipèle est également fréquente, quand la contagiosité a
1. Érysipèle du pharynx (Arc. de méd., 1862). â. Trousseau. Clin, de V Hôtel-Dieu, 1. 1. p. 184.
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pour origine un érysipèle traiimatique ou chirurgical. Actuellement, avec les admirables progrès de la chirurgie antiseptique, on ne voit pour ainsi dire plus Térysipèle cfaimrgical, mais si Ton se reporte à une époque antérieure, bon nombre d'étudiants en inédecine ont payé on lourd tribut à l'érysipèle de la face contracté dans les serrices de chirurgie; ainsi sont morts Régnier et Gruteau, ayant contracté leur érysipèle dans les services de Nélaton et de Yoillemier, et L..., externe des hôpitaux, ayant contracté son érysipèle dans le service de Goérin.
L'érysipèle, dans quelques cas bien exceptionnels, a paru être une heureuse complication pouvant déterminer la guérison de maladies chroniques de la peau ; ainsi Téryâpèle survenant dans un cas de scrofulide tuberculeuse, de lupus ulcéreux, a pu amener une heureuse modilieation de ces plaies, et même leur guérison ^
Diagnostic. — Qu'un individu présente en une région de la face une plaque rouge et tuméfiée, Tidée d'un érysipèle se présente aussitôt à l'esprit. Il ne manque pas de drconstances dans lesquelles la face prend les appaïences grossières de l'érysipèle : érythèmes provoquas par des applications d'eau phéniquée, d'eau sédative, par de$ émanations d'emplâtre de thapsia; fluxion dentitire, coiyonctive, dacryocystite, furoncle de la lèvre et du nez, Urticaire, impétigo, voilà autant de conditions dans losqndles telle ou telle partie de la face, par sa rougeur, par sa tuméfaction, pourra simuler l'érysipèle.
Vais le diagnostic repose sur les signes suivants : i'érysipèle débute par une période fébrile; de plus la plaque érysipélateuse a des caractères spéciaux ; elle est luisante, douloureuse, épaisse, elle est rouge sans interne de peau saine; cette rougeur ne disparaît pas complètement à la pression comme la rougeur des érythèmes, et enfin, caractère essentiel, la limite de la
i M. Biynaud. Art. Éktiiféui, Dict, de méd. et de chirurgm
plaque érysipélateuse avec la peau saine est marquée, dans sa partie envahissante, par un bourrelet saillant qu'on ne retrouve pas dans les érythémes. Enfin le streptocoque en est l'agent pathogène.
V eczéma ruhrum, eczéma aigu, qui est accompagné de gonflement et de rougeur de la face, ressemble au premier abord à l'érysipèle, mais la maladie, au lieu de suivre une marche progressivement extensive, envahit d'emblée presque toute la face; la rougeur se confond insensiblement avec les parties saines; on découvre presque touiours quelques petites vésicules qui sont le siège de vives démangeaisons, la fièvre est nulle ou très modérée (Hardy).
Ëtiologie. — L'érysipèle est contagieux et épidémiqtte. Tout streptocoque possédant une virulence spéciale peut déterminer l'érysipèle d'autant plus sûrement qu'il évolue sur un terrain favorable à son développement. Par conséquent, il n'y a pas que l'érysipèle qui puisse donner l'érysipèle. Un érysipèle peut encore prendre naissance au contact de l'infection puerpérale, au contact de certaines lymphangites et collections purulentes. Les doigts, les linges, les objets de toute sorte peuvent servir de véhicule au streptocoque pathogène. Celui-ci pénètre d'autant plus facilement que la peau est le siège d'éraillure, de fissure, d'écorchure. Les squames de l'érysipèle ne sont pas virulentes (Achalme').
La vieille dénomination d'érysipèle médical ou spontané doit être conservée, car l'érysipèle comme bon nombre de maladies infectieuses peut naître spontanément. Je m'explique : nous portons en nous, dans les cavités buccale et nasale, dans la salive, sur la peau, des streptocoques dénués de virulence. Mais sous l'influence de causes dont les unes nous sont connues et dont les autres nous échappent, ces microbes inoffensifs peuvent acquérir une virulence qui les rend pathogènes, l'expérience Ta démontré.