LES APOLOGISTES GRECS. ÉCRITS FALSIFIÉS
échappé à ce premier fléau, l'ont été sous Néron. Comme ces oracles annoncaient souvent les destinées futures de l'empire romain, les empereurs essayèrent de les restituer en s’aidant de la tradition verbale et des allegories éparses çà et là ; de leur côté, les apologistes chrétiens les ont souvent invoqués à l'appui de leurs doctrines, notamment pour démontrer que le Sauveur du monde avait été annoncé aux paiens aussi bien qu'aux Juifs, etque son apparition réalisait les deux ordres de prophéties. Ceux qui suosistent encore aujourd’hui, augmentés des découvertes d’Angelo Mai, comprennent quatorzelivres, ou plutôt douze, car le neuvième et le dixième manquent ; ils sont en hexamètres grecs. Du premier au troisième siècle , les juifs et les chrétiens les ont ou amplifies ou interpoles; et déjà avant Jésus-Christ, les Juifs les avaient alteres dans le sens de leurs idées messianiques !, Parmi ces pieces, on remarque surtout le fameux acrostiche : ’Incoüs Xpiorög Beoû vid cwrho araupds, liv. VIIT, 217-250, relatif à «la venue de Jésus-Christ pour le jugement dernier. » La littérature chrétienne l’a souvent cité et commenté ?.
3. Un autre prophète païen cité fréquemment par les apologistes, Hydaspes, aurait également annoncé Jésus- Christ. D’après Lactance, il vivait avant la guerre de Troie; selon d’autres, il était contemporain de Zoroastre. Les oracles qu’on lui attribue sont évidemment interpolés. Les apologistes mentionnent aussi Hermès l'Egyplien , auquel les prêtres de ce pays font honneur de tout
leur savoir. On l’a surnommé Trismégiste, à cause de ses trois fonctions, de roi, de prêtre et de docteur. Les écrits publiés sous son nom n’ont pas été rédigés par lui;
1 Cf. Oracula sibyllina, ed. Friedlieb, Lips., 1853, renfermant le résultat de nombreuses recherches historiques, avec des remarques et une traduction en mètres allemands.
2 Aug., De civ. Dei, lib. XVIII, c. xxıuı et XXvII.
8 Justin., Apol., I, c. xLIv; Clem. Alex., Stromat., lib. VI, c. v.
Tr MAXTEL DE PATROLOGE.
on me D attribue que le iond des 18e Les ciwéfiens ctaemt principalement le dialogue Aicipss (em dx en |. ami que ie Permander. Ce dermier se ocmpos
que Le mot fs, surtout dans le Pæmander, prouvent évidemment que ce morceau a «ie mierpole par des chretiens.
Voir l'Aoclepius dans Téditico Operem Hermetis, pur Ficin, Vene, 1683, souvent réampramé. Hermefis trismeg. Paœmanèrer, sd. Parthey, Berol. 1655 Mahler, Petrciogie, p. 952 Kellner, Bollinisme et Christianisme, p. 238.
4. Testamentum XII patriarcharum. Hahilement redige dans Vıdwme helleniste. et remarquable par ses deseriptions. cet ouvrage peut remonter à la fin du 3 siècle ou au commencement du deuxième siècle de l’ere chrétienne. Une citation de saint Paul‘, et la ruine de Jérusalem présentée comme le plus grand châtiment des Juifs, révelent un auteur chrétien. A l'exemple de Jacob ? expirant. l’auteur met dans la bouche des douze prophetes. à l’adresse de leurs survivants, des exhortations et des sentences prophétiques conformes au caractère que l’Ancien Testament et la tradition juive leur attribuent. Les propheties. particulièrement expressives, sur l'apparition du Christ en tant qu’Agneau de Dieu. Sauveur du monde, premier-né , sur sa passion et sa résurrection, sur la rupture du voile du temple. montrent que l’auteur visait à faciliter l'introduction du christianisme parmi les Juifs, comme les sibylles l'avaient fait parmi les païens.
Editeurs : Grabe, dans le Spicilegium, tome I; Fabricii Codex apo-
1 1 Thess., 11, 16. — ? Gen., c. XLIX.
eryphus,t. I; Gallandii Biblioth., t. I; Migne, ser. grecq., t. LI. Voir des extraits dans Deutinger, Esprit de la trad. chrét., 1 vol., p. 40.
ADVERSAIRES DES HÉRÉTIQUES (POLÉMISTES ): REPRESENTANTS DE LA SCIENCE CHRÉTIENNE PARMI LES GRECS.
5 28. Saint Irénée, évêque de Lyon (mort en 202).
Voir trois dissertations en tête de l'édition de saint Irénée, par Massuet, Paris, in-folio, 1712; Venet., 1735; les Prolégomènes de l'édition de Stieren, Lips., 1853, 3 vol. L'un et l’autre, complétés en