Evangiles et Actes des apôtres apocryphes, où l'on a
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prétendu combler les lacunes des Evangiles et des Actes des apôtres, et expliquer le merveilleux qu'ils renferment par des récits habiles quelquefois, mais le plus souvent imaginaires et fastidieux. Il y a là quelques pièces d’une haute antiquité, comme le protoévangile de saint Jacques, qui paraît avoir été connu de saint Justin et de saint Clément, et qu'on cite sous le nom d’Origene !.
2. Les oracles sibyllins, prédictions attribuées à des femmes connues des paiens sous le nom de sibylles (de euÿ, dialecte éolien, au lieu de 6e0ù, et de Bu, au lieu Bou, pour rpogäiris, qui annonce les desseins de Dieu). Suivant Varron, l'ami de Cicéron, on en comptait dix : celles de Perse, de Lybie, de Delphes, des Cimériens, d’Erythres, des Sabins, de Cumes, de l’Hellespont, des Phrygiens et des Liburnes. Leurs oracles jouissaient d'un grand crédit. Nous le savons entre autres par les exigences de la sibylle de Cumes, qui demanda à Tarquin la somme de neuf cents pièces d’or pour neuf livres d’oracles, somme qu'elle obtint plus tard pour trois livres seulement, les six autres ayant été brülés*. Malgré l’aversion des chrétiens pour les oracles du paganisme, des auteurs estimés, tels que Justin, Théophile d’Antioche, Lactance, saint Jérôme, saint Augustin, etc., n’ont pas craint de dire qu'ils parlaient « sous l'inspiration d’une divinité supérieure, » summi numinis afflatu ; aussi leurs prédictions ont-elles été souvent comparées et confrontées avec celles de l'Ancien Testament. L’Eglise ellemême s'est rangée à cette opinion en insérant dans le Dies iræ le fameux Teste David cum sibylla.
Les oracles des sibylles ont été détruits par divers incendies du temps de Marius et de Sylla; ceux qui avaient
1 En allemand par Borberg, Stuttg., 1840, 2 vol. Voir les articles de Movers dans l’Encyclop. de la théol. cath., édit. Gaume, intitulés: Littérature des Apocryphes, et les Pseudoépigraphes de Hofmann,
dans la Real-Encyclop. de Herzog, 12e vol.
3 Cf. Lactant., De instit., lib. I, c. vi.