PRÉFACE
Persuadé, depuis l’époque où il a débuté dans l'enseignement de la théologie, que la connaissance des œuvres des saints Pères est de la plus haute importance pour le théologien, le docteur Alzog avait conçu depuis longtemps le dessein de travailler à un grand ouvrage de Patrologie. Appelé en 1853 à l'université de Fribourg, il se mit résolument à l'œuvre, impatient de réaliser un projet qui le tenait vivement au cœur et dont il avait jeté les premiers fondements dans les cahiers rédigés pour son cours, mais que ses occupations ne lui avaient pas permis d'exécuter.
Déjà il s'était procuré les ressources nécessaires à son entreprise, lorsqu'un violent mal de tête le força tout-à-coup d'interrompre son travail.
Sur ces entrefaites, le docteur Alzog changea de sentiment; il comprit que ce qu'il fallait surtout aux jeunes ‘candidats de- la théologie c'était, non pas une publication volumineuse, mais un Manuel, un cours abrégé de Patrologie; ceux qui voudraient approfondir davantage la matière, trouveratent, pensait-il avec raison, toutes les ressources désirables dans les ouvrages de Fessler, de Dupin et surtout de Ceillier, réédité de nos jours avec de nombreuses additions.
Quant aux avantages que procure l'étude des saints Pères, il serait superflu d’y insister. « Les études théologiques, disait M. Busse dans la préface de son Manuel de la littérature chrétienne, se trouvent dans la plus triste situation quand le théologien ne joint pas à la connaissance de la sainte Ecriture celle des sources vénérables où il doit puiser les renseignements et les preuves de son savoir théologique sur le dogme, les