VI PRÉFACE
institutions, les coutumes et les faits de sa religion. » Aussi le concile national de Petrikow, en 1607, enjoignait-il aux curés et aux prédicateurs « qui pourraient se les procurer, d’avoir à leur usage, outre l'Ancien et le Nouveau Testament, les œuvres de saint Cyprien, saint Athanase, saint Grégoire de Nazianze, saint Basile, saint Chrysostome, saint Hilaire, saint Augustin, saint Jérôme, etc. »
Bossuet, dont personne né eontestera la compétence, ne craignait pas de dire : « Quiconque veut devenir un habile théologien et un solide interprète, qu'il lise et relise les Pères. S'il trouve dans les modernes quelquefois plus de minuties, il trouvera très-souvent dans un seul livre des Pères plus de principes, plus de cette première sève du christianisme, que dans beaucoup de volumes des interprètes nouveaux; et la substance qu'il y sucera des anciennes traditions le récompensera trèsabondamment de tout le temps qu'il aura donné à cette lecture. Que s’il s'ennuie de trouver des choses qui, pour être moins accommodées à nos coutumes et aux erreurs que nous connaissons, peuvent paraître inutiles, qu'il se souvienne que dans le temps des Pères elles ont eu leur effet et qu'elles produisent encore un fruit infini dans ceux qui les étudient, parce qu'après tout ces grands hommes sont nourris de ce froment des élus, de cette pure substance de la religion, et que pleins de cet esprit primitif qu’ils ont reçu de plus près et avec plus d’abondance de la source même, souvent ce qui leur échappe et qui sort naturellement de leur plénitude est plus nourrissant que ce qui a été médité depuis. C'est ce que nos critiques ne sentent pas, et c'est pourquoi leurs écrits, formés ordinairement dans les libertés des novateurs et nourris de leurs pensées, ne tendent qu’à affaiblir la religion, à flatter les erreurs et à produire des disputes *. »
4 Défense de la Trad. et des saints Pères, P. 1, liv. IV, c. xvau.