On attribue encore à Novatien : De judaicis cibis
contre ceux qui persistaient à suivre l’ancienne loi touchant les repas.
! Euseb., Hist., IV, xxvm. — ? Catal., c. Lxx. — ® Hagemann, l'Eglise romaine et son infl. sur la discipl. et le dogme. Frib., 1864.
3. Epistola cleri Romani ad Cyprianum, où il dit être d'accord avec saint Cyprien sur le traitement des laps, c'est-à-dire qu'avant la tenue du concile et le retablissement de la paix, aucun ne sera reçu dans l'Eglise, sinon in arliculo mortis. Cette pièce, réimprimée parmi les lettres de saint Cyprien, LIV, passe pour apocryphe.
Cf. Galland. Bibl., t. IV; Migne, t. Ill, ser. lat.; Tillem., t. Ill; Ceillier, t. III, et 28 ed., t. II ; Mœbhler, Patrol.; Dorner, op. cit.
S 40. Arnobe (mort après 325).
Dissertatio prævia, par Le Nourry, dans Migne, t. V, p. 366.
Né à Sicca, dans l'Afrique proconsulaire , Arnobe s’illustra vers la du troisième siècle comme maitre d’eloquence et cHKpion du christianisme. Saint Jérôme! assure qu'il se convertit à la suite d’une vision. L’évêque, avant de lui conférer le baptême, lui ayant demandé un témoignage public giga sincérité, Arnobe répondit (après 303) par la publitätion de ses Disputes contre les gentils (liv. VID), où il n’est pas tout-à-fait à la hauteur de son sujet, dit saint Jérôme. Versé, comme Clément d'Alexandrie, dans les mystères du paganisme, il les expose beaucoup mieux que n'importe quel apologiste; il les réfute plutôt qu’il ne défend le christianisme. A l'exemple de Tatien et d’Athenagore, il montre l’inanité des efforts de ceux qui essaient de purifier le paganisme par l'interprétation allégorique de ses mythes. Mais s’il repousse victorieusement les crimes imputés aux chrétiens, il est trop peu versé dans leur doctrine, et se théologie, comme son anthropologie, est entachée de graves erreurs.
Il répond d’abord à ceux qui imputent aux chrétien: les fléaux naturels et les guerres qui désolent l’empire et qui les accusent d’adorer un Dieu crucifié. Au seconc livre, il signale les divers motifs pour lesquels il fau:
1 Catal., c. LXXIX. — V, XXXII-XXXIX.
croire à Jésus-Christ et à ses promesses : la propagation merveilleuse du christianisme, les martyrs, les miracles, il traite ensuite de la nature et de l’immortalite de l’âme, et résout quelques objections, celle-ci entre autres : Pourquoi le christianisme est-il venu si tard? Christianus ergo ni fuero, dit-il en cet endroit, spem salutis habere non potero (1, ıxv). Dans les livres lII, IV et V, il analyse la mythologie païenne, dont il dévoile les absurdités et les turpitudes. Aux livres VI et VII, il répond à cette question : Pourquoi les chrétiens n'ont point de temples et d’idoles, et n’offrent point de sacrifices? Il montre combien les pratiques du paganisme, les sacrifices d'animaux et la divination sont criminels et insensés. — La diction d’Arnobe est fleurie et animée.
A la manière vague dont il parle de Dieu, du monde et de l’homme, on a pu le croire plus orthodoxe qu’il ne l'est réellement. Son dualisme est tel, que non-seulement il traite de sacriléges ceux qui font Dieu auteur de la nature et de l’homme (XI, xrvı), mais qu'il semble nier la nature supérieure de l’äme, en la plaçant entre le monde sensible et le monde suprasensible, et en lui donnant pour auteur une puissance inférieure à Dieu (I, xxxr).
Cependant, il ne croit pas moins que la foi chrétienne soit la seule admissible : « Cessez donc, ö hommes, de ruiner vos espérances par de vaines recherches, et de compter plus sur vos opinions que sur la doctrine chrétienne, lorsqu'elle contrarie vos idées. Quand il y va du salut de nos âmes, il faut, dit Epictète, „croire sans preuve rationnelle » (Il, Lxxviu).
Editeurs : Salmasius, Lugd., 1651 ; Oberthür, Op. Patr. lat., t. V; Orelli, Lips., 1816; Hildebrand, Halle, 1844; Œbhler, Lips., 1846.
Cf. Mahler, Patrol.; sur ses erreurs, Steeckl : Hist. de la phil. de l’ère patrist.; Woerter, Thévrie de la grâce et la liberté.
S 41. Laetanee Firmin (mort vers 330).
Dissertationes, par Le Nourry, Lestocq, etc., dans Migne, t VI et VII.
Né en Italie, selon toute vraisemblance, Lactance fit ses études en Afrique, sous le rhéteur Arnobe. Son Symposion, recueil de cent devises dont chacune a six hexamètres, décida Dioclétien, vers 301, à l'appeler à Nicomédie en qualité de rhéteur. Contrarié d’avoir si peu d’auditeurs, et privé, malgré tous ses travaux, des plus nécessaires moyens de subsistance, il sentit le besoin d'acquérir une sagesse plus élevée. Vers 330, Constantin l’envoya à Trèves, pour faire l'éducation de son fils Crispus, à qui les intrigues de sa belle-mère Fausta preparaient une fin si malheureuse (325). On croit qu'il mourut à Trèves vers 330. Comme chrétien, nous lui devons les ouvrages suivants :
4. Les Institutions divines (sept livres), dont chaque livre porte un titre spécial. L'auteur se proposait de faire connaître aux lettrés la vraie philosophie, au vulgaire la vraie religion, en se servant surtout d'arguments puisés dans la raison, dans la tradition païenne et dans la philosophie religieuse. Il cite rarement l’Ecriture. Dans le premier livre, il établit l’unité de Dieu, créateur du monde, par les philosophes et les poètes païens , par les oracles, Hermès Trismégiste et les sibylles. Quant aux divinités paiennes, la seule distinction des sexes suffit pour montrer leur inanite; les dieux supérieurs n’ont rien de grand et offrent d'innombrables contradictions. Passant aux dieux inférieurs, aux héros, il établit l’origine de leur culte par quelques exemples, tel que celui de César. Après avoir dit que les dieux sont la personnification des passions humaines, il rappelle en terminant les pratiques scandaleuses et risibles de leur culte, les sacrifices humains et les impostures qui accompagnent
tous ces actes. Dans le deuxième livre, sur l’Origine de l'erreur, il dit que, dans leurs détresses, les paiens invoquent souvent, non point Jupiter ni les dieux en général, mais le Dieu unique et véritable. Quant aux prétendus miracles opérés par les faux dieux, Lactance, comme les autres apologistes, les attribue aux démons, dont l'empire sur les hommes date de la chute et va saffermissant de jour en jour. Au troisième livre, de la Fausse Sagesse, il passe en revue les trois branches de la philosophie, physique, logique et morale, les systèmes de Pythagore, de Socrate, de l’académie d’Arcesilas, de Cicéron, etc, systèmes contradictoires et qui ne décident point les grandes questions qui intéressent l’humanité. Du reste, les doctrines de la philosophie ne sont accessibles qu’à un petit nombre, tandis que le christianisme fructifie dans tous les hommes.
La partie positive commence avec le quatrième livre, de la Vraie Sagesse. La vérité, vainement poursuivie par les philosophes, Dieu l’a révélée par les prophètes, antérieurs aux plus anciens auteurs grecs. L’organe de cette révélation, c’est le Fils de Dieu, « engendré avant tous les siècles selon l'Esprit, et dans le temps selon la chair, figuré par les prophètes, né d’une vierge, Soumis aux souffrances afin de donner aux hommes un parfait modèle de toutes les vertus.» Dans le cinquième livre, après avoir mentionné quelques adversaires du christianisme qui lui ont donné la première idée de son travail, Laclance traite du culte du vrai Dieu et de l’observation de ses commandements, qui sont pour l’homme la condition de son perfectionnement et de son progrès, contrairement au paganisme qui, en divinisant toutes les passions, devait corrompre même les hommes naturellement bons. Les paiens méprisent la vraie justice et veulent forcer les chrétiens à retourner au culte des idoles. Le sixième livre, du Vrai Culte, fait voir que la véritable manière d’honorer Dieu, c’est l'innocence et la
vertu : les païens, qui ne s'occupent que du dehors, ne les connaissent point; mais ils ont pressenti que la vraie connaissance de Dieu et l'union avec lui ne pouvaient se trouver que dans le christianisme. L’auteur combat les idées des païens sur le souverain bien et sur la morale. Celui-là, dit-il, honore Dieu d’un culte parfait, qui observe bien tous ses commandements. Le septième livre, de la Vie bienheureuse, roule sur l’immortalité de l'âme, la résurrection des corps, l'éternité des récompenses et des châtiments futurs. Ce grand ouvrage, écrit entre 316 et 322, est dédié à Constantin. Lactance en fit lui-même un abrégé, où il introduisit plusieurs modifications {.
2. Dans le traité de l’Ouvrage de Dieu, antérieur aux Instilutions et dédié à son disciple Démétrien, l’auteur essaie de prouver l’unité et la puissance de Dieu par l'organisme du corps humain et les facultés de l’âme.
3. Le traité de la Colèrede Dieu justifie l'emploi du mot colère, qui, appliqué à Dieu, scandalisait si fort les philosophes païens, bien qu'il signifie simplement que Dieu, ne pouvant être insensible au bien ni au mal, doit à sa justice de récompenser l’un et de punir l’autre. Il résout les objections qu’on peut élever contre cette doctrine, et termine par une vive exhortation à la piété, afin qu’on ne trouve point en Dieu un maitre terrible, mais un Père compatissant. Cet opuscule forme le complément des Institutions *.
4. L’Ouvrage sur la mort des persécuteurs, au confesseur Donat, que saint Jérôme’, avec plus de raison peut-être, intitule : de la Persécution, manquaït dans les anciennes éditions de Lactance ; la première édition en a été faite à Paris, en 1679, par Baluze, sur un très-ancien manuscrit de la bibliothèque de Colbert. Comme le manuscrit porte le titre Lucii Cæcihii, Le Nourry a prétendu qu'il
Hieron., Catal., c. Lxxx. La première édition est de Pfaff. Paris, 1712. — 2Cf. Instit., Il, xvım. — 8 Catal., c. LXXX.
n'était pas de Lactance. Lestocq a soutenu victorieusement le contraire, en prouvant que d'autres manuscrits de Lactance portaient aussi ce nom de Cæcilius, et que le style était bien celui de Lactance. Cet ouvrage, composé vers 315, après la mort de Licinius, décrit la fin tragique que Dieu a réservée aux persécuteurs des chrétiens et à ceux qui les imitent, pendant que le christianisme triomphe à mesure qu’on cherche à l’étouffer. Cet ouvrage, dont la fidélité historique est généralement reconnue, complète heureusement l’histoire des persécutions chrétiennes, surtout des dernières.
5. On lui attribue encore un petit poème Sur la Passion du Seigneur. — Ses lettres, mentionnées par le pape Damase!, sont perdues, de même que son Jtinéraire, ou voyage d'Afrique à Nicomédie.
Nous avons parlé plus haut de son Symposion.
Outre les arguments qui lui sont communs avec les autres apologistes, Lactance s’est surtout occupé de la théodicée et de la providence. En psychologie, il combat expressément Arnobe et se déclare en faveur du créatianisme, serendarum animarum ratio uni ac soli Deo subjacet?. Il a rendu moins de services à la théologie chrétienne : constamment inexact, peu versé dans le dogme, l'expression juste lui manque et il tombe dans plus d’une erreur, ce qui faisait dire à saint Jérôme : Ülinam tam nostra confirmare potuisset quam facile. aliena destruæit ! Quand il parle du Verbe, il tombe dans le subordinatianisme®, et saint Jérôme l’accuse d’avoir nie, errore judaico, la personnalité du Saint-Esprit. Ailleurs, il s'exprime dans la terminologie accoutumee®. Lactance était surtout grand partisan des millénaires #.
Il est d’autant plus parfait sous le rapport du style. On l'a comparé de bonñe heure, pour la pureté et l’éloquence de sa diction, avec Cicéron qu'il imite à dessein,
1 Ep. 1 ad Hieron.— ? Cf. De opif. Dei, c. xvu-xx.—3 Inst. divin., I, x; IV, vi. — + Iid., IV, zur. — 5 Ibid., IV, xu; VII, xxı.
et dont il partage aussi les défauts : philosophie superficielle, style un peu déclamatoire et prolixe. Lactantius, dit saint Jérôme, quasi quidam fluvius eloquenti» Tullianæ.
Principale édition, par Lebrun et Lenglet-Dufresnoy, Paris, 1748, 3 vol. in-40 ; Galland., Bibl., t. IV; la plus complète par Edeuard de - S.-Xav., Rom., 1755. Edit. portat., par Oberthür, Patr. lat., 2 vol., avec de nombreux textes parallèles de Cicéron, par Bunemann, Leips., 1739; par Fritzsche, Leips., 1842, 2 vol.; Migne, ser. lat., t. Viet VII. Cf. Stæckl, Philos. de l’ère patrist., p. 249; Woerter, loc. cit.
$ 42. Corneille, Etienne et Denis, évêques de Rome. |
Epistolæ romanorum Pontificum, par P. Coustant, Paris, 1721.
Outre les ouvrages grecs écrits à Rome par les auteurs déjà mentionnés ( Hermas, Hippolyte, Gaius ), il nous reste à citer quelques productions grecques et latines dues aux trois papes placés en tête de ce paragraphe.
1. Corneille (251-252), originaire de Rome, a écrit plusieurs lettres à saint Cyprien, évêque de Carthage, et à Fabien, évêque d’Antioche, sur l’hérétique Novatien qu'il avait excommunie . C'est le pape Corneille qui a dit: Unus Deus, unus Christus, unus episcopus. « Un Dieu. un Christ, un évêque?. » « Lorsque les factieux entreprenaient de diviser l’épiscopat, dit Bossuet sur ce passage, une voix commune de toute l'Eglise et de tout le peuple fidèle s'élevait contre cet attentat sacrilége par ces paroles remarquables 5. »
2. Etienne (253-257) écrivit aux évêques des Gaules à propos du schisme soulevé à Arles par Marcien, et plusieurs lettres sur la validité du baptème des hérétiques, à Firmilien, évêque de Césarée, à saint Cyprien.
Il n'en reste que des fragments À.
4 Dans Coustant et Gallandi, Bibl. t. III; Routh, t. III; Migne, ser. lat., t. VO. — 3 Epist. ad Cypr. — 3 Cit. du trad. Cf. Bossuet, Orais. funeb. du P. Bourgoins. — * Dans saint Cyprien, Ep., n. 73 et 75; Eusèbe, Hist., VII, v.