‹ Manuel de patrologieChapitre 54 sur 97 · AUTEURS LATINS. FIRMICUS MATERNUS · texte numérisé non relu

AUTEURS LATINS. FIRMICUS MATERNUS

à Paulin de Nole par Muratori. De nos jours, dom Pitra lui a attribué, avec assez de vraisemblance, le Carmen apologelicum adversus Judæos et gentes, intitulé dans le manuscrit : Traclatus sancli Episcopi. Ge carmen, qui a beaucoup d’analogie avec les Institutiones, a été découvert dans un manuscrit du huitième siècle, rapporté d'Italie en Angleterre (Middle Hill), et reimprime dans le Spicilegium Solesmense, tomes I et IV, avec des prolégomènes et des éclaircissements. Pitra presume que le titre, incomplet dans le manuscrit, pouvait être celui-ci : Commodiani, episcopi africani, carmen apologeticum adversus Judæos et gentes. Il croit que les deux ouvrages sont du commencement du troisième siècle.

Découvertes par le jésuite J. Sirmond, les Instructiones ont été éditées par N. Rigault, Tulli Leucorum, ap. Belgrand, 1650 ; editio repetita per Priorium, avec lcs œuvres de saint Cyprien, Par., 1666 ; avec des dissertalions par Dodwell et Schurzfleisch, Viteb., 1750; ed. Davidius, avec l’Ocfavius de Min. Felix, Cantabr., 1712; ed. Œhler, duns la Bibl. Patr. eccles. latin., de Gersdorf, vol. xm, avec Min. Félix, Materne, et le Poème de Paulin contre les païens. Cf. Lumper, p. xıu, 390-407; Ceillier, t. IV, ed. 24, t. III.

$ 59. Firmieus Maternus.

D’apres les renseignements fournis par son ouvrage, il était probablement originaire de Sicile, où il remplissait, comme paien, une charge importante. Ses JJuit livres de mathématiques et d'astronomie, respirent encore tout-à-fait l'esprit païen !. Après sa conversion, il rédigea, vers l’an 348, le livre intitulé : De errore profanarum religionum libellus ad Constanlium et Constanlem Auguslos. La difference d’esprit qui regne dans ces deux ouvrages, le style plus correct du second ont fait soupconner qu'ils n'étaient pas du même auteur. Ce petit traité apologetique se distingue en ce qu'il parle non-seulement de la religion des Grecs et des Romains, mais encore de celle

1 Ed. Venet., 1501, et Basil., 1551.

des peuples barbares. Materne mit au service du christianisme un zèle infatigable ; son ardeur inconsideree le poussa jusqu’à demander aux empereurs Constance et Constant, de faire disparaître par la violence les derniers vestiges du pagänisme, parce qu'il est écrit au Deutéronome : « Après la destruction du temple, la puissance de Dieu nous a élevés plus haut‘. » A part cette singularité, sa polémique ne renferme rien qui n'ait été dit par Arnobe, Lactance et saint Cyprien; seulement elle est encore plus aggressive contre le paganisme que celle de Lactance. Sa diction est souvent uniforme et diffuse.

En matière dogmatique, on trouve dans Materne un éclatant hommage au dogme de l’Eucharistie; il dit, en faisant allusion au chapitre vi de saint Jean : « Nous buvons le sang immortel du Christ; ce sang du Christ se mêle au nôtre et nous confère l’immortalite. »

Ed. Galland., in Bibl., t. V; Migne, ser. grecq., t. XII. Edit. Oberthür, renfermant Arnobe (Patr. lat.,t. V); ed. Münter, Hafniæ, 1826; ed. (Ehler, loc. cit., vol. XII; ed. Bursian, Lips., 1856.

6 60. Marius Vietorinus Ll’Africain (mort entre 370 et 382).

La colonne que lui avait érigée Rome païenne pour reconnaître ses talents de rheteur (354), ne l’empêcha pas d’embrasser le christianisme dans une haute vieillesse (avant 361), « au grand étonnement de Rome et à la joie de l'Eglise. » Saint Augustin a fait un récit touchant de sa conversion, où il trouvait un motif de s’affermir dans la sienne ?. Victorin a composé plusieurs écrits en reconnaissance des grâces qu'il avait reçues dans l'Eglise. En voici la nomenclature :

1. Liber ad Juslinum manichæum contra duo principia manichæorum, el de vera carne Christi. 2 De verbis Scripturæ : Factum est vespere et mane dies unus. Cæperitne a vespere dies, an u matutino ? 3. Liber de gene-

I Deut., x, 6-10. — 3 Confess., lib. VII, c. u et seq.

ralione divina ad Candidum arianum : refutation d'un petit traité de Candide encore existant. 4. De öpoouctw recipiendo. Plus importants sont ses Quatre livres contre Arius, bien qu’ils renferment de grandes obscurites et des vues contraires à l’enseignement catholique. Ils ont été composés vers 365. 5. Les Commentaires sur l'épttre aux Ephésiens, livres II, et sur l’épttre aux Galates, livres II, outre les Petits commentaires de Victorin, évêque de Petau, en Steiermark, sur l’Apocalypse, sont les premiers débuts de l’exégèse biblique en latin. 6. Trois hymnes sur la Trinité.

Le De physicis, ou mieux : Adversus physicos ( contre les physiciens qui attaquaient la doctrine de l’Ecriture sur la création) est douteux. Le Carmen de vu fratribus Maccabeis, est certainement apocryphe.

Ses œuvres ont été rééditées par Gallandi, Biblioth., t. VIII, et par

Ang. Mai, Nova Collect. veter. script., t. III; Migne, ser. lat., t. VIU. Cf. Ceillier, t. VI; ed. 2%, t. IV.

S 61.-Saint Hilaire de Poitiers (mort vers 366)?.

Voir la Préface générale et la Vie dans l’éd. de Coustant, augm. par le docte Seip. Maffei. Vita S. Hilarii, par Fortunat.

Saint Hilaire naquit vers 320 d’une famille noble de Poitiers, où, malgré le luxe effréné et la corruption des mœurs, les sciences, notamment la grammaire et la rhétorique, étaient plus florissantes qu'en aucune autre partie de l'empire romain. Après une étude approfondie du latin, sa langue maternelle, il acquit une connaissance complète de la langue grecque. Mécontent, dégoûté même du paganisme et de sa philosophie, il se tourna vers la lecture de la Bible, et cette fréquentation le

1Cf. Hionym., Catal., 101. — ? La librairie Gaume publie en ce moment une nouvelle édition des œuvres complètes de S. Hilaire, d'après les manuscrits les plus authentiques, l’édition des Bénédictins

(1693) et l'édition de Vérone (1730). La révision du texte est confiée à un excellent philologue, M. F. Dübner. (Note du trad,

d'épwoucto. Nous avons donc ici une discussion toute pacifique, puisqu'elle a pour but de réconcilier des esprits séparés seulement par l’obscurité de leurs idées.

2. Cet écrit ayant été attaqué par Lucifer de Cagliari, comme trop indulgent, saint Hilaire se justifia dans l’Apologetica ad reprehensores libri de synodis responsa, et s’expliqua avec plus d’exactitude.

3. L'ouvrage Contra Constantium imperatorem , liber unus, rédigé avant la mort de Constance, mais publié seulement après, est écrit avec une grande précision. L'auteur y accuse Constance d'avoir ruiné la foi et l’Eglise, sous prétexte de rétablir l’unité de croyance. A cette tactique déloyale il préfère ces temps de persecution ouverte, où du moins l’on ne trompait pas les chretiens sur l'objet de leur croyance et ne leur enlevait pas le mérite du martyre. « Maintenant, s’écrie-t-il, je dois à Jésus-Christ de rompre le silence » (c. m). Il rappelle à Constance les violences exercées contre les chefs de l’orthodoxie, et justifie la confession de Nicée : « Je te dénonce, à Constance, ce que j'aurais dit à Néron , ce que Dèce et Maximin auraient entendu de ma bouche : Tu combats contre Dieu , tu es acharné contre l'Eglise, tu persécutes les saints, tu détestes les prédicateurs du Christ, tu détruis la religion : tu es le tyran non des choses humaines, mais des choses divines. Tu es le pré-

, curseur de l’antechrist, dont tu commences les mystères d’iniquite !. » .

4. Le Liber II ad Constantium , est un court mémoire sur des questions d’orthodoxie, destiné à être remis à l'empereur. Saint Hilaire l’ayant écrit précédemment, à une époque où il en espérait encore quelque résultat, y traitait ce prince avec plus de douceur. C’est dans ce livre qu'on lit cette belle et généreuse parole : « Si un pareil moyen (la contrainte) était employé à l’appui de la vraie foi, la sagesse épiscopale s’y opposerait et dirait :

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