C. 1V-VII
Dieu est le Seigneur de tout, il n’a pas besoin d'un hommage forcé, il ne veut pas d’une profession de foi arrachée !,
5. Contra Auxentium. Dans ce traité, Hilaire cherche à démasquer Auxence, évêque intrus et arien de Milan, qui, par considération pour l’empereur Valentinien, cachait son arianisme sous des formules ambiguës.
6. On attribue encore à saint Hilaire quinze Fragments historiques, ou morceaux détachés de son livre contre Valens et Ursace. Mais il n’y a guère que le premier, le second tout au plus, qui soit certainement authentique. Sur les autres, l’opinion des critiques est partagée.
Ouvrages dogmatiques.
Dans les douze livres Sur la Trinité, son plus grand et son plus important ouvrage, saint Hilaire expose, d'après la Bible, le « mystère de la foi évangélique, » la génération éternelle du Fils unique dans l'unité de l'essence divine, et réfute les objections des ariens. Du Saint-Esprit, il n’en parle qu’en deux endroits, ce qui a fait supposer qu’autrefois ce traité avait un autre titre, celui-ci peut-être : De fide adversus arianos. Il l’Ecrivit pendant son exil.
Ouvrages exégétiques.
Saint Hilaire est, parmi les latins, le premier exégète marquant. Nous avons de lüi : 4. un Commentaire sur l'Evangile de saint Matthieu, écrit vers 355. La forme en est allégorique ; il n’y est pas tenu compte du texte grec ni des ouvrages d'Origène. 2. Trailes sur les Psaumes, composés après son retour de l'exil. Sont authentiques les traités sur les psaumes 1, II, IX, XIII, XIV, LI-LXIX, XCI, exvIn-CL; apocryphes les traités sur les psaumes xv, xxxı, xLI. Les autres sont perdus.
Contrairement à la méthode suivie dans ses autres
écrits, et particulièrement dans le livre sur la Trinité, où il avait adopté l'explication grammaticale et historique, l'auteur préfère ici, alors qu'il ne s’agit plus de démontrer à des hérétiques un dogme par l’autorite de la Bible, la méthode typique et allégorique. qui sert mieux à l’édification. On s'aperçoit aussi qu'il est plus familiarise avec la langue grecque et avec les exégètes, et l’on reconnait l'influence du commentaire d’Origene sur les Psaumes, déjà remarquée par saint Jérôme : In quo opere imitatus Origenem, nonnulla etiam de suo addidit 1.
D'autres de ses ouvrages sont également perdus, notamment un petit livre contre un médecin paien, Dioscore, un ouvrage liturgique Sur les Mystères et le livre des Hymnes. De même que le Psautier dit de saint Ambroise n'est certainement pas de lui, il est également très-douteux que l'explication des épiîtres de saint Paul, découverte par dom Pitra ?, soit authentique, aussi bien que les deux homelies sur les commencements du premier et du quatrième évangiles, trouvées par A. Maïs. Il en faut dire autant des hymnes qu'on lui attribue et de la lettre à sa fille Abra ®.
Doctrine de saint Hilaire.
4. L'enseignement de saint Hilaire a pour but principal l'exposition du dogme chrétien, qu’il exprime de la manière la plus complète dans le passage suivant : Le Père et le Fils « sont un, non par le mystère de l’économie du salut, mais par une génération substantielle, car Dieu, en engendrant son Fils de lui-même, ne dégénère point en lui, » il ne produit point un être subordonné.
Sur le Saint-Esprit, il enseigne qu’il est une personne distincte et unie aux deux autres personnes. Quant à
1 Catal., c. c. — 4% Spicil. Solesm., t. I. — 3 Nova Bibl. Patr., t. I. — ® Reinkens, Hilarius, p. 273 et suiv. — 5 De Trinit., lib. II,