AUTEURS GRECS. S. CYRILLE D'ALEXANDRIE
qui avait envahi Constantinople. Cyrille le combattit dans une lettre à son clergé et dans une autre adressée à Nestorius. Celui-ci l'ayant repoussé brusquement, Cyrille s’adressa à l'empereur Théodose et à l’imperatrice, en insistant sur les dangers de cette erreur; il en informa aussi le pape Célestin I". En 430, il tint à Alexandrie un concile dont il envoya la profession de foi à Nestorius, avec douze anathematismes que l'Eglise accepta comme l'expression de sa croyance. Il presida, avec deux prêtres romains, le troisième concile général d'Ephèse en qualité de légat du pape. A leur tour, les évêques du patriarcat d’Antioche réunirent, sous leur métropolitain Jean, une assemblée particulière dans laquelle ils déposèrent Cyrille. Théodose II, peu au fait de la question, déposa les chefs des deux partis, et Cyrille dut rester en prison jusqu’à ce que les Pères du com cile eurent renseigné l’empereur. En octobre 431, Cyrille retourna à Alexandrie, et ne négligea rien pour ramener la fraction des orientaux qui s’obstinait dans le schisme : il y réussit en partie, mais seulement après plusieurs années de négociation. Il fut hautement estimé en Orient et en Occident pour ces importants services, a bien qu'on ne puisse pas dire que toutes ses actions aient été saintes. » Il mourut en 444.
Ouvrages apologétiques de saint Cyrille d'Alexandrie.
On sait qu’en 363 Julien l’Apostat composa contre le christianisme un grand ouvrage dont l’habile rédaction jeta le trouble parmi les fidèles et enorgueillit les païens. En 433, saint Cyrille, comme d’autres l’avaient fait avant lui, le réfuta dans un vaste ouvrage intitulé : ‘Yxip 1% Tüv Xptoriavéiv edwyoUs Oenaxslas mpos ra Ev dôéoic ‘TouAtavod, dont il existe encore dix livres complets?. Ces dix livres ne semblent dirigés que contre les trois premiers livres
{Titlemont, Mémoires, t. XIV, p. 541. — 3% À. Maï a donné de neuf autres livres des fragments détachés (Bid). nov. Patr., t. Il).
saint Luc, saint Jean, sur les Epitres aux Romains, aux Corinthiens et aux Ephesiens; des fragments sur plusieurs autres livres de l’Ecriture, notamment sur saint Matthieu.
2. Explication des figures du Pentateuque et de ses rapports avec le Christ et son Eglise, en forme de dialogue : De adoratione et cullu in spiritu et verilate (dixsept livres). L’ex&g&se de saint Cyrille, à cause de sa prédilection pour l'allégorie, de sa négligence à préciser la valeur des termes, a été plus d’une fois jugée défavorablement. Ces défauts sont naturellement moins saillants dans le Nouveau Testament, et Meier! lui a rendu la justice qu'il mérite.
Lettres et homélies.
Ses lettres (quatre-vingt-sept) roulent les unes sur des sujets de dogme et de discipline, et les autres sur le nestorianisme, les autres sur des sujets officiels.
Parmi les homélies existantes, trente sont intitulées Homelies pascales. L’eveque d'Alexandrie ayant été chargé par le concile de Nicée de supputer annuellement le temps de la fete de Pâques et d'en informer les autres Eglises, Cyrille, de même que Théophile, le fit en forme d’homelies. Il y traite diverses questions de pratique et d'actualité. Nous lui devons aussi dix-huit homélies ordinaires, quelques fragments et prières, et un formulaire liturgique : De liturgia S. Cyrilli. Œuvres douteuses : Adversus anthropomorphilas (lib. I); De sacrosancta Trininitate; Collectio dictorum Veteris Testamenti.
L'Eglise a de tout temps reconnu les mérites de saint Cyrille dans l'exposition de la doctrine relative à la personne du Christ. Si quelques-uns l'ont accusé de monophysitisme, c'est parce qu'il applique aux deux natures l'expression “Evüots quo, qui, dans sa pensée, signifie union hypostatique, union constituant une per-
1 Comm. sur l’Evang. de saint Jean, Frib., 1843, préf.