‹ Manuel de patrologieChapitre 77 sur 97 · AUTEURS GRECS. 8. JEAN DAMASCÈNE · texte numérisé non relu

AUTEURS GRECS. 8. JEAN DAMASCÈNE

L’enchainement et l'ordonnance des matières, presque toujours excellents, ne sont défectueux que sur certains points ; ainsi la réfutation du dualisme est traitée à part de la théodicée. Saint Grégoire de Nazianze a été surtout mis à contribution. Comme saint Jean Damascène est le premier qui ait donné à l'Eglise grecque un corps systématique de théologie réduit en un seul volume, il n’est pas étonnant que son livre ait eu beaucoup de vogue chez les Grecs comme chez les Occidentaux. Il fut traduit par Burgundio, sur l’ordre d'Eugène III, et divisé plus tard en quatre livres. Les scolastiques, qui en ont fait un grand usage, y ont à peu près puisé toutes leurs connaissances des Pères grecs. Il est même resté jusqu'à nos jours la base de l’enseignement dogmatique chez les Grecs schismatiques. Ses qualités comme ses défauts se sont perpétués dans la théologie grecque.

2. Nous lui devons encore plusieurs petits traités et des lettres sur des questions dogmatiques, tels que : 4. De iis qui in fide dormierunt, comment on peut secourir les défunts par le sacrifice eucharistique, l’aumône et les bonnes œuvres; 2. De confessione, comme quoi on ne peut permettre à des religieux qui ne sont pas prêtres d'entendre les confessions; 3. des Azymes, où l’auteur condamne l’emploi des azymes dans le saint sacrifice ; 4, deux autres Expositions de la foi, plus longues.

3. Les Parallèles sacrés sont une comparaison des sentences des Pères avec celles de l’Ecriture sur la plupart des vérités dogmaliques et morales (plusieurs sont perdus). C'est un vaste recueil où les matières sont rangées par ordre alphabétique ?.

Ouvrages polémiques.

Ces’ ouvrages, fort nombreux, sont dirigés contre les manichéens, les nestoriens, les monophysites, les monothélites et les mahométans. Les plus célèbres et les plus

‘ Migne, sér. gr., t. XCIV. — ? Ibid., t. XCV et XCVI. |

importants se rapportent à l'affaire des iconoclastes, De imaginibus orationes III‘. Ces traités, dont le premier parut vers 728, et le second en 730, eurent beaucoup d’echo parmi les Grecs. Le second est le plus important. D'autres écrits de l’auteur sont perdus; d’autres lui sont injustement attribués. Ainsi l’Oratio ad Constantinum Cabalinum appartient vraisemblablement à Jean d’Eubée; la Lettre à Théophile, empereur, paraît être une adresse des trois patriarches à cet empereur?. De sa polémique contre les mahométans, il ne reste, chose surprenante, que deux dialogues insignifiants, intitulés l'un et l’autre : Disceptatio christiani et saraceni.

Homélies.

Ses homélies, au nombre de douze, dont quelquesunes ont beaucoup d’etendue, sont ou des discours pour les fêtes des saints, ou des panégyriques. Parmi les cinq (n°* 6-10) qui se rapportent à la sainte Vierge, il faut signaler les trois intitulées : /n dormitionem beatæ Marie virginis, parce qu’on y trouve, racontée pour la première fois et d’une manière complète, la tradition suivant laquelle Marie serait ressuscitée et montée au ciel peu de temps après sa mort ®. Il est évident que ces homélies ont été prononcées le jour de l’Assomption, dont la fête ne devait pas être très-ancienne, à en juger par un passage de Modeste, successeur de Sophrone. Jean de Damas, qui parle longuement de cette affaire dans ses homélies, attribue l’origine de cette tradition, inconnue. du faux Denis l’Aréopagite*, à Juvenal de Jérusalem, dans la première moitié du cinquième siècle.

1 Migne, sér. gr., t. XCIV. — 2 Cf, Lequien, Admonit. — 3 Cf. Il,

c. I-XIv, XVI. — ® De div. nom., c. 11, 82. —®U, c. vın. Voir d’autres détails dans l’Admonit. de Lequien.

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