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CHAPITRE VI

S 89. Les papes Honoerius, Martin I“, Agathon Hl, Grégoire II. °

On sait par l’histoire du monothélisme que si le pape Honorius ne fit qu’une faible opposition à cette hérésie, et, dans deux lettres au patriarche Sergius de Constantinople, s’exprima en termes vagues et ambigus, le pape Martin la combattit avec d'autant plus de zèle dans plusieurs écrits, ainsi qu'au premier concile de Latran (649), et expia son ardeur par un martyre douloureux (655).

Agathon IT (678-682), montra une égale énergie en face de l’empereur Constantin Pogonat; sa lettre dogmatique figure dignement à côté de celle de Léon le Grand contre Eutyches. Généralement approuvée par le sixième concile œcuménique (680), elle servit de profession de foi contre les monothélites.

Grégoire II (745-731) ne déploya pas une moindre fermeté contre l’empereur Léon Ill, favorable aux iconoclastes ; il empêcha, quoique menacé de déposition, que l'édit impérial sur la destruction des images ne fût exécute en Italie et à Rome. Il imposa, par sa dignité et sa prudence, à Luitprand, roi des Lombards, et prêta à saint Boniface, apôtre de l'Allemagne, un concours efücace, comme l’attestent plusieurs de ses lettres recueillies dans les Collections des conciles de Hardouin (t. IIT) et de Mansi (t. X, XI et XII).

S 00. Premiers auteurs chez les Germains.

En l’absence de toute civilisation et de toute culture chez les peuples germains, au milieu des troubles sans cesse renaissants de l’&migration des peuples, bien des siècles devaient s’écouler encore avant qu’une nouvelle

vie scientifique se développât au sein d’une population aussi mélangée que celle qui constituait ces nouveaux empires. Les premières traces d’un véritable progrès littéraire se trouvent, selon Ulphilas, traducteur de la Bible, mort en 383, et selon l'historien Jarnandes, mort entre 527 et 565, chez les auteurs suivants :

I. Grégoire, qui fut plus tard évêque de Tours, naquit vers 539, d’une chrétienne et noble famille de l’Auvergne, et portait originairement le nom de Georges Florentin. Son oncle Galle, qui devint évêque de Clermont, le fit élever et instruire en vue de l’état ecclésiastique. Promu au diaconat, Grégoire se mit à voyager et visita entre autres le tombeau de saint Martin de Tours pour implorer la guérison d’une maladie. En 573, il succéda a Euphronius sur le siége épiscopal de Tours. Apres avoir longtemps affronte les injustices de plusieurs rois et les mauvais traitements d’une soldatesque barbare, il laissa en mourant la réputation d'un évêque accompli (594-595). Il fut bientôt honoré comme un saint.

Ses travaux littéraires, qui ne datent que de son épiscopat, commencent par l’histoire des miracles de son saint patron, De virtutibus et miraculis sancti martini (ib. IV). Ouvrages analogues : De gloria Martyrum ; De miraculis sancti Juliani, martyris; Liber de gloria confessorum, consacré surtout à saint Hilaire de Poitiers, saint Martin de Tours, saint Remi; De vitis (XXIII) sanclorum.

Son principal ouvrage, l'Histoire ecclésiastique des Francs, ou Chronique, lui a valu le titre de fondateur de l’histoire de France. Elle débute, comme la plupart des chroniques du moyen-âge, par une revue de l’histoire universelle depuis Adam; mais dès la fin du premier livre elle arrive aux commencements de la conquête des Gaules par les Francs et à la mort de saint Martin. Les neuf livres suivants exposent la suite de l’histoire politique et religieuse des Francs jusqu’en 594. Le récit . Sagrandit à mesure qu’il se rapproche des événements

contemporains, et les sept dernières années occupent seules quatre livres. On reçoit ainsi l'impression immediate et impartiale des idées de l’auteur, impression d'autant plus vive que Grégoire dévoile sans pitié, déplore et censure les vices des grands et des petits avec une égale franchise. Cet ouvrage est la meilleure source à consulter pour la période mérovingienne. La forme, sans doute, est encore bien grossière; l’auteur avoue lui-même qu’il ne sait ni la grammaire, ni la rhétorique, qu’il confond les genres, emploie un cas pour un autre, ne s’entend ni à joindre ses propositions, ni à former convenablement ses phrases.

Opera, ed. Paris, 1511, 1512. Edition critique, par Ruinart, bénéd Paris, 1699; Bouquet-Dombrial, Script. rer. Gall., t. II; Guado® et Foranne, lat. et gall., Par., 1886 et 1837. Cf. Ceillier, t. XVII, ed

38, t. XI; Lebell, Grégoire de Tours et son temps dépeint surtotz/ par ses œuvres, Leips., 1839 ; Migne, sér. lat., t. LXXI.

II. Isidore de Séville, le plus célèbre auteur du septième siècle, naquit à Carthagène, où son père, Sévérien, qui y faisait les fonctions de préfet, le fit élever avec soin. Comme ses deux frères Léandre et Fulgence, dont l’un était évêque de Séville, l’autre de Carthagène,

il entra dans l’état ecclésiastique. Il succéda au premier (600-601), et fut un des plus beaux ornements de son siècle par son talent d'administrateur autant que par son — savoir. Il présida les conciles de Séville (649) et de To- — lède (633). Sentant sa fin approcher, il distribua tous se=— biens aux pauvres, et se fit transporter à l’église, où i ] mourut en demandant pardon pour ses péchés, et ewn recommandant à son peuple la charité et la concor&e (4 avril 636).

Ouvrages d’Isidore de Séville.

Ces ouvrages embrassent la linguistique, l’histoire, l'archéologie, le dogme, la morale et l’ascétisme. C'est le résumé de toute la science de cette époque. Quoique

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