‹ Manuel de pedagogie et de methodique generaleChapitre 20 sur 156 · XXII · texte numérisé non relu

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4" La paliencc et la douceur.

On ne saurait assez vous recommander la pratique de ces vertus qui doivent distinguer un instituteur. Votre emploi est pénible : vous y êtes assaillis d'une] foule de chagrins. Parmi les enfants vous trouvez desj caractères de tout genre; les parents sont aussi parfois! ^

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Irès-grossiers et peu raisonnables. Mais c'est inutile de vous parler de ces choses ; vous vous en plaignez souvent vous-mêmes : je vous dirai seulement ce qui en résultera pour vous, si vous succombez à la tentation d'impatience. Vous vous rendez la vie amère et insupportable, et vous causez plus de tort que de profit à vos élèves. En efFet, avez-vous contraclé l'habitude de vous livrer à l'impatience? dès lors vous êtes continuellement mécontents, de mauvaise humeur et chagrins. Dans cette disposition, tout ce dont un autre rirait, vous ira au cœur, vous vexera; tout vous paraîtra plus difficile et plus intolérable qu'il ne l'est en effet. Ajoutez que la mélancolie mine insensiblement la santé et produit souvent une mort prématurée.

Vos élèves s'aperçoivent bientôt que vous êtes chagrins et ie deviennent également; car le chagrin est contagieux. Cette mauvaise humeur fait qu'ils nii remplissent pas leurs devoirs aussi exactement que de coutume; de là un nouveau chagrin pour vous. Ils doivent faire mieux leurs devoirs : vous voudrez les y forcer; le chagrin vous fera regarder comme inutile l'emploi des moyens de douceur; vous perdez cette vertu, vous grondez, vous frappez. Par cette conduite le mal empire; car de telles manières dégoûteront de plus en plus vos élèves et les rendront moins susceptibles d'être instruits. Leur caractère et leur cœur se gâtent de plus en plus; les uns deviennent entêtés et opiniâtres; les autres, de mauvaise humeur et indolents ; d';iutres encore commencent Don-seulemcnt à mépriser l'école et votre propre personne, mais souvent aussi les leçons mêmes que vous leur donnez ; et il en résulte qu'après l'avoir quittée, ils ne lisent plus de bons livres et qu'ils n'assistent ni au catéchisme ni au sermon.

§ XXllI.

Tels 5onl les tristes effets du manque de patience et de douceur. Exercez-vous donc journellement à la pratique de ces vertus essentielles, afin de les posséder; et gardez soigneusement le germe que vous ont procuré la prière et l'exercice, afin de ne pas le perdre de nouveau , ce qui peut aisément arriver , si vous manquez de vigilance sur vous-mêmes. Résistez dès le commencement aux tentations contre la patience. Il est beaucoup plus facile d'y résister entièrement que de s'en délivrer lorsqu'on y a succombé. Vous avez aussi, sans doute, déjà remarqué que vous vous impatientiez pour des motifs frivoles : que cela vous serve de leçon pour l'avenir. Ne vous impatientez jamais sans réfléchir auparavant si vous en avez un motif. Ou, mieux encore, sachant que , parle chagrin et l'impatience, vous ne gagnerez rien, prenez une bonne fois la résolution de ne jamais vous y livrer. Il ne vous sera diflicile de suivre cette résolution qu'au commencement; peu à peu les difficultés s'applanissent. Pensez de temps en temps en vous-mêmes : « Tel ou » tel événement, capable de me porter à la colère » ou à l'impatience, pourrait avoir lieu; s'il a lieu » en efl'et, comment dois-je me comporter? Comment » puis-je, en cette occasion, suivre l'exemple de Notre- » Seigneur? Il en agit ainsi en pareille rencontre, je i) veux et je dois en agir de même. » — Mettez en pratique cet avis, instituteurs, et vous ne resterez pas longtemps sans en ressentir l'extrême utilité.

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