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Des Moyens d'acquérir les connaissances et l'aptitude nécessaires.
Ces moyens sont :
l" La crainte de Dieu et la prière. (Livre de la sagesse 1. 4. Jac. i. 5.)
2" La fréquentation des cours temporaires dans une école normale. Si ces cours sont établis et s'il vous est possible de les suivre, remerciez-en Dieu; car, gardez-vous de vous imaginer que vous êtes assez instruits et assez savants. D'ailleurs l'instruction s'organisant de plus en plus, chaque jour on exigera davantage des instituteurs, et vous devez, par conséquent, travailler à augmenter de plus en plus vos connaissances et à acquérir plus d'habileté dans votre emploi, (i).
3° La lectures d'ouvrages pédagogiques. Lisez-les sans cesse, mais avec réflexion et peu à la fois. (Voyez l'introduction N" 2" page 28). Vous devez aussi lire attentivement les livres classiques que vos élèves ont en mains, afin d'en saisir l'ensemble et de comprendre non-seulement les mots , mais aussi les choses qui s'y trouvent. Vous ferez bien ensuite d'étudier un autre bon ouvrage qui traite du même sujet que ces livres classiques , mais d'une manière plus développée ; possédez le à fond, et notez ou écrirez ce qui peut vous servir à l'explication de l'ouvrage dont on se sert à l'école.
4" L'exercice est nécessaire surtout lorsqu'il s'agit de pratique; or, comme rien n'exige autant d'exercice que la faculté d'instruire et l'enseignement en général, vous devez vous y exercer avec une attention particulière. Avant l'instruction que vous devez donner, réfléchissez comment vous vous y prendrez; pendant l'instruciion, faites attention sur vous-mêmes pour voir comment vous la donnez ; et . après l'instruction, examinez si vous vous en êtes bien acquitté. Demandez-vous de temps en temps : Ne vais-je pas trop vite? Parlé-je avec assez de pré-
(1) Les conférences présidées par Messieurs les Inspecteurs offrent aussi aux instituteurs belges un moyen précieux de se former et de se mettre à la hauteur du poste qu'ils ont à remplir. L'organisation définitive de ces conférences ne peut que produire d'excellents résultats pour l'instruction primaire. [Note da Trad).
cision? Ne devrais-je pas y mettre un peu plus de feu? etc. On ne remarque pas ordinairement ses propres fautes; c'est pourquoi il serait à désirer que vous pussiez vous exercer souvent en présence d'un homme éclairé , et le prier de vous faire part de ses observations. Vous en aurez l'occasion toutes les fois que M' votre Curé viendra visiter votre école.
4° Outre ces moyens d'acquérir les connaissances et l'aptitude nécessaires, il y en a encore deux des plus utiles et qui servent surtout à faire adopter une bonne méthode.
Le premier est la connaissance de l'homme quant à Vâme, De cette connaissance doivent découler toutes les règles d'une bonne méthode. L'instruction que des maîtres ou des livres vous donneront, peut rendre de grands services pour arriver à la connaissance de l'esprit humain ; mais il vous sera encore plus avantageux de réfléchir sur les opérations de votre propre âme, c'est-à-dire de faire un retour fréquent sur vous-mêmes. Par une attention minutieuse sur les opérations de votre esprit , vous apprendrez de vous-mêmes à connaître beaucoup de choses qu'un autre ne pourrait vous inculquer, ou du moins pas aussi aisément ni si à fond. Par là , vous apprenez, par exemple, comment l'esprit parvient à la connaissance d'une chose, ce qui donne plus de netteté et de clarté aux idées; vous comprenez quel effet, quelle lumière produisent les paraboles et les exemples; combien l'ordre facilite la conception et la mémoire; quelles maximes influent véritablement sur le cœur; quels sont les sentiments qui accompagnent l'espérance, la charité, la contrition; d'où proviennent en nous telles ou telles émotions.
Ces connaissances que vous acquérez par l'étude de votre propre âme, peuvent ensuite vous servir de règle daus l'éducation de vos élèves. Par exemple.
avpz-vous observé en vous-mêmes que vous concevez de l'amour pour quelqu'un, lorsque vous voyez qu'il vous aime réellement, ou qu'il possède des qualités aimables; vous savez dès lors comment vous devez agir pour porter vos élèves à l'amour de Dieu, c'està-dire que vous devez leur faire comprendre combien Dieu est bon à leur égard; combien ses perfections sont infiniment aimables, etc. Avez-vous observé en vous, ou en d'autres, qu'une chose, même excellente, nous devient désagréable lorsqu'on doit la faire comme-* punition, vous pouvez en conclure que vous ne devez jamais faire réciter des prières pour punition à vos élèves, puisqu'il faut surtout vous garder do leur rendre ia prière désagréable, etc.
Le deuxième moyen est d'écouter et d'observer comment des instituteurs habiles instruisent leurs élèves et les conduisent au bien. Ils vous apprendront l'application des règles générales d'un bonne méthode; ils vous donneront l'idée de ditférents bons procédés pratiques dont les livres ne parlent pas, et auxquels vous n'auriez jamais pensé de vous-mêmes : en les voyant, vous concevrez l'envie, le désir et le courage de marcher sur leurs traces.
Ne négligez donc jamais l'occasion de profiter de l'expérience et des leçons pratiques d'un homme habile dans l'art difficile d'instruire. Si vous avez dans votre voisinage un instituteur qui se distingue par le bon ordre qu'il sait faire régner dans son école, et par son talent dans l'enseignement, visitez-le de temps en temps pendant ses leçons, et tâchez de saisir s'a méthode : il n'y a qu'un homme vain ou insensé qui puisse avoir honte d'apprendre quelqui chose de bien de son semblable.
DK PÉDAGOGIE, 60