DOUCHES
atandantes, lorsque le lube se recourbe deux fois de maDière à £ure remonter Teau contre son propre poids. Dans les douches desceodantes et latérales, le réservoir est assez élevé, et le diamètre du tuyau est assez considérable ; dans les douches ascendutes, ledàmnètre du tuyau est étroit et le réservoir peu élevé. L*eaa qu*on emploie pour les douches est froide ou chaude, sinple ou chargée de principes médicamenteux sulfureux ou
MÉIS.
Les douches, chaudes ou froides, déterminent sur la partie où sUes sont appliquées une dépression subordonnée à la hauteur du liquide et au volume do la colonne d'eau ; bientôt cette partie rougit rapidement. Lorsque la douche est chaude, cette rubéfaction est produite par Tcffet d'une stimulation directe ; elle est an contraire la conséquence de la réaction, lorsque la douche est froide; dans c-e dernier cas, il est possible d'empôcher la réaction immédiate en prolongeant l'action do la douche pendant quinze à vingt minutes.
Les douches sont employées fréquemment dans le traitement de l'aliénation mentale ; mais elles doivent au moins autant être ''gardées comme un moyen de répression que comme un moyen <*atif. On les a encore conseillées dans le traitement des engorgements chroniques des articulations, les fausses ankyjoses, etc. Mais si l'on ne peut leur refuser une propriété trèsôaetgique, il est impossible d'apprécier convenablement leur action thérapeutique : aussi faut-il se garder, quoique cela ait été coHi^eillé, de s'en servir dans les maladies aiguës, dans les pWegmasies internes. Il ne faut même s'en servir qu'avec beau- ^"oop de précautions dans les engorgements chroniques et les Runeiller avec la plus grande attention, car l'action très-énergique de cette médication pourrait déterminer un état aigu qui deviendrait funeste pour le malade.
Les douches ascendantes ou à faible courant, en raison do la Ublesse de la colonne de liquide, n'agissent que très lentement * peuvent être prolongées davantage. On les dirige sur l'extré- Bité inférieure du canal intestinal en introduisant le tube dans l'anos, pour vaincre certaines constipations opiniâtres; on les ennploie jwur déterger certains abcès du j)ériné(B, pour évacuer fe pus contenu dans l'intérieur du rectum lorsqu'un abcès est oovert dans l'intestin : dans le vagin et sur le col de l'utérus, poor dissiper les engorgements de la matrice.
L'appareil à douches que nous venons de décrire ne se rencontre <|oedans les grands établissements hospitaliers ou dans ceux où J*on applique spécialement une méthode de traitement désignée
80U8 le nom û' hydrothérapie. Mais l^usage si varié des douches, les résultats avantageux obtenus par cette médication dans les aflbctions de Tanuset du rectum, dans celles des organes génitaux de la femme ; les applications récentes qui en ont été faites dans Fart obstétrical , ont dû nécessairement provoquer Tinvention d*appareils portatifs, d'une manœuvre facile et non susceptibles de se déranger; à la vérité, Tirrigateur Bguisier, dont nous avons déjà parlé plus haut, pouvait rendre des services, mais il était insuf6sant dans un grand nombre de cas.
Les appareils à douches imaginés dans ces dernières années sont extrêmement nombreux, nous nous contenterons d*en signaler deux que Ton doit à Tinvention de M. Charrière.
L*un est Tappai^il désigné sous le nom de pompe à levier. Cette pompe, pourvue d'un réservoir d'air, est à jet continu ; elle se fixa
Fig. 47.
sur une table au moyen d'un étau B (fig. 47). Mais le prix élevé de cet instrument Ta fait remplacer par l'appareil suivant, désigné sous le nom d'appareil à douches portatif (ùg. 48). Il se compose:
MtJCHES. SS
i r D'en rédpient d'eau et d*air, niuni de deux soupapes que s flérnonte k volante en les di^vissani par lo bouton A*
O^^ai
Fis â8
f on tuyau irrigateur B. monté à vis ou à frottement sur
al.
5'une seringue à trois anneaux ,;ou 3 poignée, que l'on visse Rs roti*.'èrture C, au sommet du récipient,
!res pièces que nous venons d'indiquer sont complétô-
nte& pour faire fonctionner rappareil. Si i'on veut ne
rque d'une seule main , on Hxe le récipient sur un réser^
jlconque au moyen d'un crochet D, muui d une vis de
|m rassemble avec le seau qui renferme le liquide.
4^ D'un tuyau plongeur E, que l'on visse à la partie inférieure du récipient ; il est terminé par une boule de plomb.
M. Jules Cloquet a conseillé les douches dans certains catarrhes de la vessie ; nous en avons déjà dit quelques mots en parlant des irrigations, avec lesquelles les douches à faible courant ont la plus grande analogie. Je signalerai seulement un fait trèsremarquable : c*est que Teau distillée est bien mieux supportée par la vessie que Teau simple pure ou chargée de principes médicamenteux. C*est à M. Jules Cloquet que Ton doit cette remarque.
L*administration des douches exige quelques précautions, surtout lorsqu'elles sont froides. Les malades auxquels on administre des douches à fort courant doivent être placés dans une baignoire vide, si l'eau de la douche est chaude et doit servir de bain; si, au contraire, l'eau est froide, la baignoire doit être remplie d'eau chaude et couverte de telle sorte que l'eau de la douche ne puisse y pénétrer et refroidir le bain.
2** Douches de vapeur. — Les douches de vapeur s'administrent au moyen d'un long tuyau disposé de manière à être dirigé dans tous les sens sur toutes les parties du corps ; la vapeur est ou d'eau simple, ou chargée de principes médicamenteux, émollients, aromatiques, etc. La vapeur doit être dirigée sur la partie malade ; le volume du tuyau , la force du courant, la température de la vapeur, la durée de la douche, sont subordonnés au genre d'affections que l'on veut traiter. Elles sont surtout employées dans les engorgements articulaires et dans les affections de la peau.
Lorsque l'action des douches de vapeur est trop prolongée, celles-ci déterminent la rubéfaction de la peau, la vésicatîon, et même la cautérisation.
g 12» * Des loplqnes employés ft l'étal de gaz on de vapeur.
Uainft de vapeur et fumigations. — On appelle fumigation le contact d'un gaz ou d'une vapeur sur le corps tout entier ou sur une de ses parties. On a réservé le nom de bain de vapeur à la fumigation composée seulement de vapeur d'eau, et dans fequelle le corps plonge partiellement ou en entier.
Les liquides volatilisés par la chaleur agissent ou par eux-mêmes, ou bien servent de véhicule à d'autres substances. Les véhicules qui servent aux fumigations sont l'eau, l'alcool, les éthers; les principes auxquels l'eau sert de véhicule sont le plus souvent des principes aromatiques.
Enfin, il est d'autres substances qui sont solides à la tempéra-
FL'MKi AXIONS. 87
tore ordinaire, ei n*ODt point besoin d*excipienl, telles que le cinabre ; d*autree, que Ton fait dégager de substances solides en favorisant des réactions chimiques , n'ont pas non plus besoin d*excipient : le chlore, par exemple.
Les fumigations agissent par la température des vapeurs ou des gaz, par leur état de sécheresse ou d'humidité, par la nature de la substance volatilisée.
Les fumigations sèches peuvent être supportées à une température plus élevée que les fumigations humides. En effet, toutes deux, en raison de leur température, déterminent des sueura abondantes; mais la soustraction de la chaleur que détermine la volatilisation de la sueur dans les fumigations sèches permet d*élever davantage la température de celies-ci. Dans les fumigations humides, au contraire, la sueur ne peot se volatiliser dans un milieu déjà satnré de vapeur d'eau, et bientôt les malades éprouvent une chaleur pénétrante insupportable.
Les fumigations peuvent être locales ou générales. Quoi qu'il en soit, dans les fumigations, la tète est tcHijoura en dehors de Tappareil dans lequel on doit prendre la fumigation ; au contraire, k plupart du temps les malades sont plongés tout entiers dans les bains de vapeur.
Nous n'insisterons pas sur les propriétés de chacun des médicaments employés dans les fumigations : nous ferons remarquer que rarement ces fumigations sont émoUientes. Quand toutes les parties du corps sont en contact avec la vapeur, ce sont le plus souvent des principes excitants, irritants même , dont on fait usage; ces espèces de fumigations sont fort souvent em* ployées dans les adections chroniques de la peau, les fumigations aromatiques dans les inflammations chroniques des articulations, les fumigations mercurieiles dans les affections syphilitiques rebelles de la peau. Il arrive fort souvent, surtout lorsque la substance employée pour les fumigations est très-énergique, qu'un membre ou même une partie de membre soit seule exposée à l'action de la fumigation, comme les fumigations mercurieiles ; en eflét , il est dangereux de porter inutilement sur une large surface, un médicament qui peut quelquefois causer des accidents très-graves. Enfin, on peut combattre les névralgies par des fumigations narcotiques, que Ton fait en bnllant des feuilles de jusquiame, de belladone, ou en faisant vaporiser la décoction de ces feuilles.
Pour administrer les fumigations, on place le malade dans une botte de bois bien fermée. Cette botte présente à sa partie supé-* rieure un trou qui laisse passer la tète : il faut avoir soin de
88 D£S MÉOIG/UHENTS TOPIQUES,
placer un remplissage qui empêche le passage de la vapeur entie le cou et les parois du trou; car outre que la substance volatilisée, en se répandant au dehors, ne produirait pas l'effet voulu, elle pourrait être respirée, et causer fort souvent des accidents en irritant les bronches. Â la partie inférieure, se trouve un aobre trou donnant passage à un tuyau qui doit conduire dans la botta le corps volatilisé. Si le malade ne pouvait se lever, on pourrait soulever les couvertures au moyen de cerceaux, et faire arriver par le pied du lit le gaz ou la vapeur; le lit, dans ce cas, renn placerait la botte à fumigation. Mais il faut avoir soin de garantir les couvertures des malades par des toiles cirées, car ceiles-d s'imprégneraient des vapeurs employées, ce qui pourrait causer des accidents, soit par leurs propriétés irritantes, soit par i'hnmidité. Lorsque la température que Ton veut donner au gaz on à la vapeur est assez élevée pour faire craindre de brûler les draps ou la couverture, il faut placer le tube conducteur dans un antre tube plus large, de telle sorte que le tube interne le plus chaud ne soit pas en contact avec les draps. Les bains de vapeur peuvent encore être donnés de la même manière.
Quand le malade peut se lover, mais ne peut être transporté dans un établissement où existent des appareils à bains de vapeur ou à fumigations, on peut remplacer la boîte fumigatoire par on appareil bien simple, composé de cerceaux d'in^ale grandeVf maintenus à Taide de montants, et autour desquels on place une couverture dont un des bords touche le sol, et dont l'autre boid est fixé autour du cou du malade, qui est assis sur une chaise ai centre de cet appareil.
Il est du reste très-facile de donner ces fumigations : il M se rappeler que la cavité dans laquelle doit arriver la vapeor M doit avoir aucune communication avec l'air extérieur , que lefUlade doit être placé au centre de cette cavité, et quMl faut toujooi i ménager une ouverture à travers laquelle on puisse faire arriw la vapeur.
Les fumigations partielles des membres se donnent ezacttr ment de la même manière -, la grandeur de la botte doit, «oM que possible, être proportionnée au volume du membre surleqiil on veut faire arriver la vapeur.
Fumigations dans les cavités intérieures. — Les fumigatitf^ locales dans les cavités intérieures se donnent très-facilement i^ moyen d'un flacon à trois tubulures : Tune sert à introduire ^^ substances qui doivent servir à la fumigation ; une autre, à 1^ quelle on adapte un tube en S, sert de tube de sûreté ; àlatrfl*" sième. enfm, on adapte un tube qui conduit la vapeur sur la part*
POIIIGATIONS. 89
malade. De cette muiiërB, on fait arriver des principes émoi* lients, astringents et narootiqQes, dans les fosses nasales, dans Foreille, dans le vagin, dans les voies respiratoires, etc.
On peut disposer Tappareil famigatoired*une manière plassimple en plaçant ao-dessos du vase un cornet dont la partie élargie recouvre le vase complètement, et dont la partie rétrécie, percée dun trou et munie d*nn tube d'ajutage, permet à la vapeur^ pénétrer dans la cavité malade.
Nous recommandons l'appareil à fumigations de M. Charrière. Il se compose d*un fourneau muni d*une lampe à alcool ; d*un récipient, auquel on ajoute un large conduit élastique muni d'une ouverture que Ton applique seulement sur la bouche, si on le juge nécessaire : le nez n'étant pas enfermé dans Tappareil, Tinspiration peut se faire au dehors.
La figure 49 représente Tappareil prêt à fonctionner ; la figure 50 l'appareil complet renfermé dans une boîte.
A , lampe à alcool destinée à chauffer ou entretenir la chaleur
du liquide contenu dans le réservoir; B, cercle fenêtre par lequel on peut éteindre la lampe si la température du liquide devient trop élevée; C, réservoir dans lequel est contenu le liquide destiné à former la fumigation; D, gros conduit de tissu élastique; EF, embouchure destinée à couvrir les voies respiratoires.
Depuis quelques années on a conseillé aux asthmatiques de respirer de Tair chargé de vapeurs nitreuses : cette médication rentre dans la classe des fumigations. 11 suffit, pour obtenir un résultat satisfaisant, do brûler, dans la pièce où
Fig. 50.
86 tient le malade, du papier que l'on a imbibé d'une solution concentrée de nitrate de potasse, et que Ton a ensuite fait sécher. M. Carric a proposé de faire brûler en même temps des substances médicamenteuses. Voici la formule qu'il conseille :
Pàto i\c carton 420 praminoîs.
NitrAtt' de potas<!i> 23 —
Poudre de hellndone^ de stramoine^ de difptale, de pliellandre, de lobélic enliée, de chaque 5 —
Poudre de nn rrhe et d'oliban, de chaque .10 —
On fait avec tous ces éléments une pâte boQiogène, que loi divise dans trois moules à pâte de jujube; on fait sécher ei Toi divise chaque plaque en 4 2 petits carrés. Tous les soirs, pendot la durée de l'attaque, on brûle un de ces carrés dans la chambra du malade.
EnOn, on fait quelquefois fumer aux malades affectés d'asthme des feuilles de daiura siramomum^ soit en roulant ces feuilles ei cigarette, soit dans une pipe.
La préparation désignée sous le nom de cigaretlos peciorakt d'aspic, et qui a donné des résultats avantageux dans Tasthme nerveux, est la suivante :
Jielladone 30 ccnti^ammei.
Stramonie M —
Jusquiame 15 —
Pliellandre 5 —
Extrait d'opium 13 milligrammes.
Eau de laurier-cerise q. s.
Les feuilles sont hachées et mélangées exactement ; Ta est dissous dans une quantité suffisante d'eau de laurier-cerise, le papier brouillard qui sert à confectionner les cigarettes e* ^ préalablement lavé avec le macéré des plantes ci-dessus indiqué» * dans Thydrolat de laurier-cerise et séché convenablement. Ob peut fumer deux ou quatre de ces cigarettes par jour [\).
M. Sales-Girons a proposé do faire arriver les médicaments liquides dans les bronches, non pas en vapeurs, mais en un M de division telle, que le malade peut les respirer, et les faire aittî pénétrer dans la poitrine plus facilement que s'ils étaient à l'élil gazeux.
(l) Bf^fiPrtnfrp ffp phnrmon'p, 1852, t. IX, p. 13^»
PLMir.ATlONS. 9!
Ce procédé est désigné sous le nom de pulvérisation tien liquidet 9udieamenieux. Cette modiGcstion dans l'élat des liquides, eaux saiforeuses, chlonirées-sodiques, de mer, de goudron, etc.« s'obtient à Taided'un appareil que Ton peut définir du la manière suivante : un vase complexe, d*où un li(|uide comprimé s^échappe en jet filiforme, lequel, rencontrant à distance conveuiihin un disque résistant, s'éclabousse ou se brise dessus, de manièn» ii produire une poussière liquide d'autant plus abondante et plus fine que la compression intérieure est plus grande.
Cette compression s*effectue à la surfaire du liquide par une accumulation forcée d*air au moyen d'une pompe foulante, et esi marquée en atmosptières sur le manomètre [fig, 54 \
C^ela dit, ajoute M. Sales-Girons, prenons un appareil vide oi mettons-le en état de fonctionner pour l'usage auquel il est destiné. Cette opération se fait en trois temps :
4° Remplir aux trois quarts le vase A avec le liquide ordonné par le médecin.
ff Produire la compression intérieure, en faisant de bas on bant jouer le piston B, jusqu'à ce que le liquide soit monté dans le manomètre C, au cbifiRre 3 ou 4 au plus.
3** Ouvrir le n^inet H, et, la poussière se produisant par la grande ouverture du tambour G, se placer de manière à en recevoir le torrent sur les lèvres et le nez.
Pour mettre le liquide médicamenteux dans rappareil. on tourne dans le sens d ouvrir la vis I, et la branche IF se sépare du vase A. Cela fait, on couche Tappareil sur le côté opposé, on met un entonnoir à l'ouverture laissée libre, et Ton verso le liquide.
Après quoi, la branche IFest remise à sa place en Tadaplnni et en tournant la vis dans le sens déformer; on serre assez fortement pour que la jonction soit complète.
Nous avons dit qu'il ne faut emplir le vase A qu'aux trois quarts. Pour cela il n'y a qu'à savoir d*avance ce qu'il contient et n'en mettre que la quantité voulue ; mais un peu plus ou un peu moins, cela n'a pas d'importance.
Pour produire la compression lorsque le vase est muni du liquide, il faut prendre la poignée B du piston, et faire monter et doM^ndre de toute sa longueur la tige de ce piston. A chaque coup de bas, ou doit voir, après les premiers coups, l'ascension du liquide dans le tube du manomètre. Or, il est expressément défendu de lui faire dépasser le chiffre 4 de l'échelle. 11 suffit de dire qu'il y aurait danger.
A, vase contenant le liquide à pulvériser; B, pislon de la
pompe produisant la compression du liquide; C, manonil pour indiquer le degré û^ cette compression : D, le degré 4^ ne faut jamais dépasser; Ef , clef do Olet d*eau capilli
Fig. i>l
G, le tambour qui dirige la poussière liquide vers la booeki malade ; H , robinet qui donne passage au liquide à pulvéril 1, vis qui joint !a branche THF au corps de Tappareil, et (W ture piiroù Ton met le liquide dans le vase ; 2, 3, 4, B, qui marquer! t la pression du liquide en atmosphères.
Quand, dans le cours de la res^piration, le manomètre est cendu au-dessous du chiffre 2, il faudra donner quelques de piston pour renouveler la compression et activer la
t>ULVÉBISAT10N. ' Ô3
sation , mais toujours se souvenir do s'arrêter lorsque le liquide Il arrivé entre les chiffres 3 et 4 deTéchelle. Loraqa^on pompe au début de Topération, le robinet H doit re fermé ; mais il peut rester ouvert lorsqu'on pompe pendant le le malade respire.
Après avoir produit la compression intérieure, et ouvert le roinet H qui donne lieu à la pulvérisation liquide, il faut faire Itention au pont où le filet d eau rencontre le petit disque.
Comme il importe que la poussière se produise d'un seul côté lu tambour G, il faut diriger ce petit disque de manière que le ilet le rencontre, non sur le milieu, mais au contraire pres- {ae au bord de la circonférence et du côté où la poussière doit sortir du tambour pour être reçue sur les lèvres du malade. U disque porte en cette intention un coup de lime en onglet, i la place qui est le point même sur lequel le filet doit s'éclabousser. Enfin un coup de poinçon sur la face extérieure de ce disqoe indique que c'est le point correspondant en dessous que d(Ht frapper le filet d*eau.
La poudre d'eau se produisant, le malade doit se placer de vutniire à la recevoir sur les lèvres et en face. La distance de la hoacheaux. bords du tambour est relative à la quantité de poussière qa*il est nécessaire de faire pénétrer dans la poitrine. Lors- (jv'oa voudra agir avec ménagement, au début des respirations, pareiempie, il faudra se tenir à une certaine distance, et se rapprod»r à mesure de l'habitude et de la tolérance. Nous en dirons aotant de la durée des séances.
Le malade doit respirer par la bouche et naturellement. Toute façon de respirer qui le forcerait à s'étudier serait factice et partant fatigante. Ce n'est pas à dire que par intervalles le malade B6 fasse bien de prendre une inspiration plus profonde dans le hit de faire pénétrer plus avant dans les bronches la poudre d'eau; niais les inspirations larges ne doivent pasôtre continuées devant l'appareil pulvérisateur. Il doit respirer p ir la bouche, et non pas seolement par le nez, comme on en a l'habitude ; l'expérience dé- BMotre que cette voie est la plus directe, la plus large, en un mot la plus assurée pour faire arriver le liquide dans les bronches. Les narines sont disposées pour tamiser l'air, et arrêter au jaasageles particules étrangères à cet élément ; aussi est-il néces- Mire, chez les malades qui auraient de la tendance à respirer eiclusivement par le nez. détenir cet organe légèrement pincé. L'appareil pulvérisateur, à cause des pièces do précision qu'il contient, exige quelques soins lorsqu'on veut s'en servir, comme iorsqo*on en a fait usage.
11 faut quo le liquide ne contienne aucun petit corpB qui puisse venir boucher ou obstruer le canal qui produit le filet d'eau capillaire. 11 importe donc que l'appareil soit bien nettoyé à l'intérieur, et que les liquides que Ton y introduit soient filtrée, ou pour le moins décantés.
Le manomètre est une des pièces qu'il faut soigner le plus particulièrement. On ne doit pas y voir de gouttes ou gouttelettes d^eaa avant de pomper. Lorsqu'il y en a, il suffit de chauffer légèrement le tube de verre pour réduire lentement ces gouttes d'eau en vtpeur. La colonne de liquide qui s'y élève à mesure qu'on fait joœr le piston doit aussi être unie ou sans interposition de bulles d'air. Quand cela arrive, il faut supposer un dérangement grave et db pas continuer de pomper.
Si l'appareil mis en activité perd le liquide , ou crache par quelqu'une de ses jointures, il faut s'assurer que cela ne dépend pas des vis, qui ne seraient pas assez serrées.
La pompe elle-même peut se détériorer par l'usage, et encore plus par le repos. Comme le piston a besoin de frotter exactement contre les parois de la pompe, il peut arriver que le cuir de ce piston s'use, s'aplatisse ou se dessèche. Alors il faut retirer ce piston, relever le cuir, le graisser avec de l'axonge, et le renoettre à sa place.
Quant au filet capillaire de liquide, s'il advenait que par Vtism des bords ou toute autre raison, il cessât d'être uni et délié comme une aiguille, il faudrait penser que cette partie de Tappe* reil a besoin de nettoyage ou de réparation.
Lorsqu'on pleine pression du liquide, la séance de respiration est finie ou qu'on l'interrompt, il faut avoir soin de déchai]ger l'appareil ou de faire sortir l'air qui comprime. Pour cela, on incline l'appareil comme on fait pour le remplir de liquide, et l'on tourne la vis de jonction de manière à l'ouvrir un peu. Dès le premier tour, l'air s'échappe, et la pression intérieure cesse.
Si l'on se sert de liquides chauffés, il faut que leur température ne s'élève pas au-dessus de 30 degrés centigrades. Il n'est pas, d'ailleurs, nécessaire do les employer très-chauds, puisque l'on doit les respirer seulement lièdes.
L'appareil pulvérisateur décrit ci-dessus a été de nouveau mO' difiô par M. Charnière : c'est une simple pompe à douches dont on a agrandi le pied pour qu'elle se tienne debout dans une cuvette ou tout autre réservoir do liquide, destiné à alimenter ht pompe. Le reste de l'appareil est le môme que précédemment, c'est-k-dire le robinet et le pulvérisateur de M.. Sales- Girons.
Dernièrement encore, M. Luër a présenté à la Société de
chirurgie (12 novembre 4 862) on appareil piilvcrisaleur iinMlidé. Il a remplacé la pompe aspirante el foulante iKir une serin^'ue à piston mû par une manivelle. A cette seringue s'adapte un tube flaxible d*étain, de 50 centimètres de lon^, et tonniné par an ajutage de melcbior percé d'ouvertures capillaires. Le liquide se trouve ainsi réduit en fines gouttelettes. Pour obtenir un jet plus longtemps continu, le même fabricant a construit (mhi après un appareil à deux corps de |iompe, dont le mécanisme peut être comparé à celui de la macbine pneumatique [Société de chirurgie, décembre 1863).
Pour compléter ce que nous avons à dire des appareils pulvérisateurs des liquides médicamenteux, nous devons encore citer l'appareil présenté par M. Fournie (do TAude) à TAcadémie des sciences dans la séance du 45 juillet 4 864. Il est spécialement destiné à pulvériser les liquides ({u^on veut |)orter dans le pliarynx ou le lar>nx.
Cet appareil se compose d'une pompe foulante k résenoir d'air muni d'un robinet. Sur ce robinet on adapte un cylindre de verre terminé par un tube capillaire de platine. Knfin, à i centimètres de Torifice du tube , se trouve un disque sur lequel le liquide \ient se briser. La tige que sup|)orte ce disque vient se visser autour du cylindre de verre.
Le liquide médicamenteux est introduit dans ce cylindre de verre, on visse ce dernier sur le robinet du réservoir d'air, et Ton fait jouer la pompe pendant quelques secondes pour obtenir une pression suffisante» Ceci fait, on ouvre le robinet; le liquide passe avec violence à travers le tube capillaire, vient se briser sur le disque et se réduit en poussière.
Pour que cette poussière fine puisse pénétrer dans le pharynx ou le larynx, il faut introduire le disque dans la bouche. Si Ton se sert d'un liquide caustique, du nitrate d'argent par exemple, on devra avoir soin d'introduire dans la bouche du malade un cylindre creux de gulta-percha, qui, laissant passer le liquide pulvérisé, protège les parois de la cavité buccale.
M. Fournie a employé avec succès ce mode de traitement dans les angines pharyngées et laryngées, el il a remarqué que Tactien des médicaments était favorisée par le choc de l'eau pulvérisée sur les parties malades. L'appareil, ou du moins la plaque de M . Fournie, peut très bien se monter avec la pompe du pulvérisateur modifié de M. Charrière.
La valeur du mode de traitement des affections des voies respiratoires par les liquides pulvérisés a été très-vivement discutée et même regardée comme nulle par quelques auteurs.
Pour M. Sales-Girons, les liquides ainsi pulvérisés pénélreraien non-seulement dans le larynx, mais encore dans la trachée, e jusqu^aux divisions bronchiques. On comprend toute Timportana d'une semblable pénétration, permettant de porter directemeni des médicaments sur la muqueuse des voies respiratoires.
Mais cette opinion a été combattue par beaucoup d* auteurs; les uns admettant une pénétration incomplète, d'autres la rejetaal tout à fait. En6n, M. de Pietra-Santa a aussi reproché à ce mode d'administration des eaux minérales, de modi6er leur composition chimique et leurs propriétés thérapeutiques. La pulvérisatioB aurait encore le grave inconvénient d'abaisser notablement la température des liquides soumis à son action. Ce fait a été constaté par MM. Demarquay et Giraud-Teulon.
Ces opinions si diverses sur la pulvérisation des liquides ont donné lieu à un grand nombre de communications à F AcadémiB de médecine . Une commission fut chargée de les apprécier, It son savant rapporteur M. Poggiale a fait connaître les résdtits de son examen et de ses expériences dans la séance du 7 jn« vier1862.
Les nombreuses questions à résoudre pouvaient se ramenr aux quatre suivantes :
4 ° Les liquides pulvérisés pénètrent-ils dans les voies Tesfkêr toires?
â"* Éprouvent-ils un refroidissement en sortant des appareM pulvérisateurs?
3^ Les eaux sulfureuses sont-elles modifiées dans leur oompiri sition chimique par la pulvérisation?
4° Peut-on, dans Tétat actuel de nos connaissances, prédMl les effets thérdpeutiques de Tinhalation ?
Pour résoudre la première question , des expériences ontl instituées aveo le concours de MM. Demarquay et Gobley. des lapins auxquels on avait fait respirer une solution de percU rure de fer pulvérisée, le cyanoferrure de potassium a décelé présence du sel de fer dans tout Tarbre respiratoire, en le col rant en bleu. Une deuxième sérip d'expériences a été faite f une femme portant depuis longtemps un tube à trachéotomie, l résultats ont prouvé la pénétration des liquides pulvérisés josf dans la trachée.
« En résumé, les expériences sur T homme et sur les animiiil celles de MM. Moura-Bourouillou et Tavernier, les recherch de M. Fournie sur l'introduction des poussières dans les respiratoires, et les essais de M. Henry sur un lapin et un cogInI^ ne laissent aucun doute sur la pénétration de Teau pulvérisée. *^
M'LVÉIIISATION'. d7
La seconde question a trait au refroidissement des liquides en sortant des appareils pulvérisateurs. Ce refroidissement est dû principalement à deux causes : lévaponition rapide d'une parlie de l'eau pulvérisée, et le changement d*état do Pair comprimé, au moins pour certains appareils. Les causes de ce refroidissement sont donc très- variables, et il faut en outre tenir compte de la température de Teau soumise à la pulvérisation.
« Il est donc incontestable que les eaux minérales peuvent éprouver un refroidissement considérable par la pulvérisation : mais je crois, dit M. Poggiale, devoir rappeler qu'il n'existe pas pour cela de loi générale, et que, dans ce ^cnrc d'expérienros, il faut toujours indiquer les conditions dans lesquelles on se place.
> Avant de terminer cette partie de notre rapport, il convient de rappeler que M. Tampier a indiqué, dans une lettre adressée à r Académie, lo moyen qu'il emploie de remédier au refroidissement de Teau pulvérisée. Ce moyen consiste à la faire arriver dans un espace confmé, tel que Thydrofère, dont la température soit supérieure à celle de Teau. et dont la saturation par de la vapeur d*eau soit complète.
> Il faut donc, pour évilor le refroidissement dans les salles de respiration, que Tair soit saturé de vapeur d'eau, ce qui doit avoir lieu incessamment, et que sa température soit un peu plus élevée que celle de l'eau que l'on veut pulvériser. »
La troisième question a pour but l'étude des modifications su-^ bies par les eaux sulfureuses s^ouinises à la pulvérisation.
M. Poggiale fit à cet égard de nombreux essais avec le concours de M. Lambert, pharmacien aide-major au Val-do-Grâre.
Or il résulte de ces recherches, que la solution d'acide sulfhydrique, et les eaux minérales renfermant ce^a/. à l'état de dissolution, perdent par la pulvérisation une grande quantité de ce principe sulfureux. Tandis que les eaux qui renferment surtout du sulfure de sodium , comme celles des Pyrénées , ne sont point altérées, ou sont très-légèrement modifiées par la pulvérisation. Mais il faut aussi tenir compte -des nuMlifications subies par les eaux minérales sulfureuses au contact de l'air ; on sait qu'elles sont très-altérables, l'hydrogène sulfuré qu'elles contiennent disparaît, et les? sulfures alcalins ne tardent pas à s'oxyder. Aussi \eii résultats mentionnés ci-dessus ne sont- ils pas entièrement applicables aux salles de respiration, ainsi que le fait remarquer M. Poggiale.
■ En effet, la pulvérisation so lait là dans des conditions différentes. L'appareil est alimenté par une pompe aspirante et fou-
lante qui puise Teau dans un réservoir au contact de l'air ; la source se trouve parfois à une distance assez considérable de ta salle de respiration ; la température de Teau minérale est ordinairement élevée à 45° ou 50°, et l'eau pulvérisée reste longtemps exposée à Tair de la salle. »
Il résulte de ces conditions défavorables une altération sensible de Teau sulfureuse, altération constatée et signalée pour il première fois par M. de Pietra-Santa aux Eaux-Bonnes. Mais si l'en de la source sulfureuse arrive jusqu'aux appareils, sans être Ci contact avec Tair, < la perte des principes sulfureux ne doit pM être plus considérable, à la même distance des robinets, dans Itt salles de respiration, qu'avec les appareils portatifs. » Et œUfl perte tient surtout au contact de l'air, ainsi que M. PoggialeTi expérimenté à Âmélie-les*Bains.
La dernière question a pour but de préciser les effets thénpeitiiiues de l'inhalation des liquides pulvérisés.
Cette question est extrêmement difficile à résoudre ; les diM mémoires présentés à l'Académie contiennent à cet égard loi opinions les plus contradictoires. MM. de Pietra-Santa, Britfi Champouillon et Fournie, nient de la façon la plus absolue Ydl» cité de ce mode d'administration des eaux minérales. Au traire, MM. Sales-Girons , Auphan et Demarquay ont eu à '■ louer de l'emploi de cette médication : telle est aussi TopinioB^f M. le professeur Trousseau, qui depuis assez longtemps les liquides médicamenteux pulvérisés contre les affecUons dut* niques des voies respiratoires.
« On voit que les salles de respiration sont considérées les uns comme un moyen puissant dans le traitement des ladies de poitrine, et par les autres comme nuisibles dans la part des cas. Il y a donc une grande incertitude sur les thérapeutiques des eaux minérales pulvérisées. De n( recherches, des faits bien observés par des médecins aal sont nécessaires pour que la commission des eaux minéraM TAcadémie puissent se prononcer sur cette importante questioi*!
DES BAKDAGE& 99