C. La position du membre blessé
3° Quelles sont les règles du renouvellement du pansement? — Le pansement doit rester en place huit à dix jours. Si le malade souffre, si la suppuration souille l'appareil, on renouvelle les pièces extérieures jusqu'au linge cératé inclusivement. On explore attentivement les environs de la plaie elle-même à travers la cuirasse. Si cette exploration donne, lieu de craindre quelque complication, on enlève la cuirasse; sinon, on se borne à en laver la surface avec un liquide contenant quelques gouttes d'eau-
dc-vie camphrée ou de jus de citron ; si la cuirasse s'affaiblil. on
la soutient par l'addition do bandelettes supplémentaires.
Pour enlever cette cuirasse au bout du temps fixé, on glisse au-dessous d'elle et avec précaution une sonde cannelée servant à conduire les ciseaux destinés à couper les bandelettes. On lave la surface de la plaie, on la touche avec une solution d'azotate d'argent à 5 grammes pour 30 d'eau distillée et l'on reconstruit un pansement nouveau. L'exploration quotidienne est d« rigueur.
Nous ne pouvons nous arrêter ici sur les avantages que présente ce mode de pansement, et les circonstances dans lesquelles il est indiqué. Nous renvoyons le lecteur au très-remarquable ouvrage de M. Chassaignac. Nous terminerons par quelques considérations sur les heureux résultats qu'on peut en obtenir dans les cas de fractures compliquées de plaie.
« Le pansement par occlusion, dit M. Chassaignac, nous fournit un moyen de différer l'amputation des membres atteints de fractures compliquées. Il y a deux avantages à rester dans l'expectative : 1° on évite quelquefois des amputations qui semblaient indispensables ; 2° on acquiert infiniment plus de chances de succès.
» On sait combien sont rares les terminaisons heureuses des amputations primitives pour cause traumatique, surtout s'il s'agit du membre inférieur ; on sait au contraire que l'amputation pour une maladie organique chronique est bien plus souvent suivie de succès. Eh bien ! l'amputation dans la deuxième période du traumatisme nous paraît plus favorable, par cela seul qu'elle se rapproche des conditions de l'amputation pour maladie chronique, et le moyen d'arriver sans danger à celte amputation secondaire nous est fourni par le pansem^snt par occlusion.
» Grâce à ce mode de pansement, nous avons encore adopté comme règle de conduite de ne jamais faire d'amputation de doigts, quelque déplorable que soit l'état de ces appendices par suite de violences traumatiques. Nous devons à iîette pratique de conserver desdoigis qui eussent été sacrifiés inutilement, et en laissant à la nature le soin de séparer le mort du vif, d'obtenir des moignons plus longs que ceux qu'une opération régulière eût pu laisser. Il y a avantage même à ne pas détacher tout de suite les bouts de doigt et de phalange qui ne tiennent que par déminées lambeaux. En etïet, par cette séparation immédiate, on peut se donner l'embarras d'une petite hémorrhagie et exposer le ma- ■>de à des douleurs inutiles, le doigt devant peut-être plus tard