PANSEMENTS RARES
plus grand danger de toutes les opérations chirurpcalcs; là est I explication des réussites et des insuccès, ot cetlo indication peut être la plus importante de la chirurgie. >>
Si nous résumons les principes posés par M. Sédillot dans son article, nous voyons qu'ils se bornent à ceci : ne pas panser les plaies, afin de laisser le pus s'écouler librement ; éviter Fapplication de bandes, de bandelettes et de tout appareil qui exerce une constriclion un peu forte sur les tissus. Pour arriver à ce résultat, il veut que Ton taille le lambeau do telle sorte qu'il retombe par son propre poids et qu'il s'applique exactement sur la surface traumatiquo. Mais M. Sédillot a-t-il bien tenu compte de tous les phénomènes qui suivent les amputations, par exemple, de la rétractilité des tissus ? Admettons qu'il soit toujours possible de tailler un lambeau qui s'applique exactement par son propre poids sur toute la solution de continuité, ce qui, sans parler des circonstances pathologiques qui ont nécessité lofératien, n'est pas toujours possible, à cause du peu d'épaisseur des tissus; que deviendront les parties molles de la partie infériearc de la surface traumatique? Le lambeau inférieur retombera aussi par son propre poids, il suivra tous les mouvements imprimés au membre accidentellement ou par le chirurgien ; il les suivra, mais en sens inverse du lambeau antérieur, c'est-à-dire en ■ s'éloignant de la solution de continuité; car il faut qu*il ait uii6 certaine longueur, qu'il dépasse l'os, car celte partie se rétractera, et aucun moyen ne s'opposera à la rétraction. D'un autre côté, en supprimant tout pansement, aucun moyen ne viendra contrebalancer la contraction de certains muscles, qui, dans quelques opérations, celles qui se pratiquent sur une portion du pied par exemple, tend à dévier le calcanéum. Il ne faut pas oublier co principe de médecine opératoire, que dans les amputations partielles du pied il faut laisser, à la partie antérieure, les parties molles assez longues en avant, afin que les tendons fléchisseurs du pied puissent contracter des adhérences, à l'effet de combattre l'action des extenseurs. Eh bien ! si l'on ne fait pas de pansements, qui combattra cette action des extenseurs, avant que les adhérences soient établies ? A la vérité on y remédie imparfaitement dans les procédés ordinaires de pansement, mais enfin les points de suture, les bandelettes, apportent toujours une certaine résistance à l'action des extenseurs.
Nous ne critiquons pas le procédé général de M. Sédillot relatif aux amputations. Nous admettons que quand on le peut il faut faire l'opération de manière que le lambeau s'applique de luimême, mais nous croyons qu'on doit, ce résultat obtenu, s'op-
ll*6U DliS PANSEMENTS EN GÊNÈKAL.
poser à la rélraclion des tissus, rétraction dont il est impossible de calculer à Tavanco retendue. D'un autre côté, l'absence de tout pansement expose la plaie au contact de Tair ; certes, si cet agent n'est pas aussi nuisible qu'on l'a prétendu, il n'est pas complètement innocent. Enfin, les draps, les couvertures, le cerceau qui sert a les soutenir, etc., peuvent froisser la plaie, carie malade, dans son sommeil, pourra remuer son moignon, déplacer le lambeau. Ces accidents seraient encore plus à craindre s'il survenait de l'agitation, du délire; on devra prendre alors de grandes précautions qui souvent seront inefficaces et qui deviennent inutiles à l'aide d'un pansement.
En résumé, nous reconnaissons que dans les principes posés par iM. Sédillot il y a beaucoup à prendre, mais que ces principes ne doivent pas être posés d'une manière aussi absolue; que le renouvellement des pansements pourra empocher la stagnation du pus, qu'une compression méthodique empêchera la rétraction des tissus sans les étrangler, et que les bandelettes et les sutares qui maintiennent les parties molles en place pourront être enlevées par un chirurgien attentif.^ avant qu'une rougeur érysipélateuse ou des phlyctènes soient venues ajouter une complication fAcheuse à l'amputation.
g »• — Panicment» par occlosfon.
bans un remarquable travail publié en \ 852 dans les Archives générales de médecine par M. Trastour, actuellement médecin à rHôlel-Dieu de ?fantes, les bases et le mode d'application de cette méthode ont été tellement bien exposés, que nous ne pouvons mieux faire que de présenter ici les résultais mentionnés par ce consciencieux observateur. C'est particulièrement à Toccasion des fractures compliquées de la jambe, lésion qui, do l'aveu de tous les chirurgiens, constitue .l'une des expressions les plus graves du traumatisme, que M. Trastour a rendu ses démonstrations plus évidentes.
Une fracture compliquée étant donnée, on construit sur la J)artie blessée une cuirasse avec des bandelettes de sparadrap qui sont croisées et qui se recouvent par imbrication. — Le croisement des bandelettes est nécessaire à la solidité de la cuirasse. Leur imbrication est indispensable pour prévenir les effets trèsnuisibles des bandelettes écartées. Elles no doivent jamais être appliquées circulairement sous peine d'une imminence d'étranglement. Les cuirasses qu'elles forment doivent toujours dé-
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passer les limites de la lésion. Ces quatre conditions ^ont de rigueur.
L'objet qu'on a en vue, c'est de recouvrir la plaie d'une enveloppe protectrice, d'une cuirasse très-solide, qui constitue le pansement interne ou immédiat.
Le pansement externe consiste dans l'application du linge criblé de trous, enduit d'une épaisse couche de cérat, puis de la ebarpie, des compresses et des bandes.
Enfin au pansement externe on ajoute un appareil contentif.
\^ Comment prcvicnt-on les effets de fa rêlenUon du pus? — Par remploi du linge fenêtre enduit de cérat et débordant partout la c«irasse. Tel est, en effet, le moyen d'entretenir toujours la cuirasse souple et molle, de manière à permettre au pus de s'insinuer entre les bandelettes ou vers le pourtour de la cuirasse où il est absorbé parle pansement externe. Or celui-ci peut être renouvelé sans que la surface de la plaie soit mise à découvert. Le linge cératé remplit donc ici l'office d'une soupape de sûreté; car si la couche épaisse dont il est enduit assure la perméabilité des cuirasses, elle prévient également l'accès de l'air au milieu des liquides au sein desquels sa présence amènerait inévitablement la décomposition putride.
2® Par quels moyens combat-on Vinllammalion traumalique? — Bien que la cuirasse soit par ello-môme le plus paissant' antH pblogistique, en ce sens qu'elle place la lésion dans des conditions qui se rapprochent autant que possible de celles des plaies sous-cutanées, nous avons recours aux moyens auxiliaires suivants :
Ces moyens sont :
A. Les applications de sangsues, non sur les ganglions lymphatiques, mais sur le trajet des aboutissants lymphatiques de la partie blessée ; >
B. L'application à travers la cuirasse des mélanges réfrigérants, tels que les emploie le docteur Arnott ;