DES PANSEMENTS USITÉS £N ANGLETERRE
et pour Tactiver, on doit administrer quelques réconforlants au malade qui revient peu à peu, et de rémotion inséparable d'une opération , et de la sédaiion due au chloroforme.
Si alors une bémorrhagie apparaît, on comprend que rien n'est plus facile que de Tarréter : il n*y a ni pansements à défaire, ni à chercher au fond d^une plaie toujours remplie de caillots sanguins.
Avant de réunir la plaie, il faut avoir bien soin d^enlcver les caillots pouvant entraver l'adhésion des parties ; puis on affronte soigneuseuient les bords et les surfaces de la solution de continuité.
« Les sutures, les bandelettes et la position sont uniquement mises en réquisition. Les bandes, la charpie, les compresses sont des accessoires exceptionnels, pour lesquels les Anglais ont une forte répugnance. Je n'ai pas rencontré de serres-fines (4).»
La suture interrompue est la plus employée, les fils sont passés dans les tissus à la un des opérations et laissés à demeure jusqu'au pansement. Les bandelettes sont plus rarement employées que les sutures.
Nous n'avons pas à revenir sur la position, les indications sont toujours les mômes ; cependant nous devons dire que les chirurgiens anglais, tout en cherchant à remplir le but thérapeutique, tiennent surtout à donner au patient une attitude corn* iDode, naturelle : c consultez les aises du blessé « , dit Skey.
« Nous arrivons au pansement... Il est d'une e&trôme simplicité, trois éléments y concourent : Peau simple, le lint et une étoffe imperméable ("î). »
4* L'eau remplace le cérat ordinaire, elle doit avoir 4 S ou 48 degrés centigrades.
^ Le lint (tissu- charpie) doit être bien imbibé de liquide, et déborder plus ou moins la plaie selon les chirurgiens.
S*" Une étoffe imperméable recouvre le tout. Ce tissu peut être de taffetas gommé, de gutta- percha; on emplr^e aussi une rom* presse ordinaire imprégnée d'hnile bouillie, et enfin le papier vernis du docteur Mac-Ghie (de Olascow] (voy. page 43).
C'est là le pansement le plus simple, mais comme nous V»vt)nn dit, les chirurgiens anglais se servent encore ass^/ son v/- rit rin* sutures et des bandelettes aggintinatives.
Les accidents consécutifs à cette réunirm ne (rré^^nUuif iipm de particulier quant au mode de traitement.
(1) Topinard^ /oc. cit., p. 3î).
;2) TopinanI, hc. n'f., p. 4*2.
!\!iO DES PANSEMENTS EN GÉNÉRAL
Cependant nous devons dire quelques mois des moyens employés succesàiveinent pour combattre rinflammaliondelaplaie. ou (Iii moins un travail trop actif de réparation. Tout d'abord, s'il V a Inpércmie intense, on refroidit un pou l'eau du pansement, et on l'imbibe plus souvent. Si les phénomènes ne s*amendentpH, on pratique lirrigalion continue, « un vase plein deau froide recevant rextrémilé d'une mècho dont l'autre extrémité est ea contact avec le lint. »
Enfin dans certaines circonstances on se sert de la tMM pleine de glace pilée, soit qu'on la suspende près de la plue, ai qu'on rapplique directement à la surface ou sur le /«!■ Ci dernier moyen osiige une active surveillancCi on le comprends peine.
D'autres fois l'inflammation est combattue par l'eau tiède il même portée jusqu'à la température des surfaces où l'on appBip le pansement. Nous devons ajouter que les chirurgieiis angH font aussi un usage fréquent des cataplasmes soit de farine de il soit de mie de pain.
Les liquides médicamenteux qui peuvent être ajoutés à pour imbiber le pansement, augmentent son action, soit gente, soit antiphlogistique, etc.
Enfin les Anglais font un usage modéré des antipblogisliifi généraux. Les sangsues sont assez souvent appliquées.
Si par une cause quelconque et surtout à la suite d'inl tion vive, la réunion par première intention vient à manquer, chirurgiens anglais pansent la plaie pendant quelque temps I le lint imbibé d'eau tiède ou avec des cataplasmes ordinairei farine de lin. Ils cherchent ainsi à faire tomber l'inflami et à faciliter la formation de la membrane des bourgeons cl Ces résultats obtenus, ils essayent la réunion immédiate c'est-à-dire qu'ils affrontent les deux côtés de la solution de tinuité et mettent les surfaces bourgeonnantes en contacL
La réunion peut ainsi s'effectuer, les granulations s'agglutinent, s'unissent, et il ne reste plus qu'une plaie 98] cielle allongée, étroite, qui ne tarde pas à se cicatriser, obtenir ce mode de réunion et favoriser le contact des parti»» n'emploient pas les sutures, mais bien les bandelettes agg' tives ; le tout recouvert du pansement à l'eau.
Enfin quand celte dernière tentative de cicatrisation échi ou que la plaie no peut être réunie par première inlentiw» surfaces doivent fatalement suppurer ; nous allons étudier mode de pansement.
I*laie8 en suppuration. — Rien n^ost plus simp'e que le"
DES PANSEMENTS OSiTÊS £N ANGLETERRE. ^/t1
de pansement de ces plaies.* Le but n'est plus de réunir promptement les bords, mais d'amonceler les granulations, de combler la cavité et d'oflectuer la guérison tardive. Attendre, tant que la nature procède selon Tordre, la fortifier, la surveiller et intervenir seulement, lorsqu'elle s'écarte ou se montre impuissante, résume encore le principe anglais (t). >
Le topique universellement adopté en Angleterre est Teau ordinaire, il remplace le cérat. Un carré de lint imbibé d'eau à 4 5 degrés environ, do la grandeur de la plaie, et un morceau • d'étoffe inperméable, tel est le pansement. On peut assujettir le tout avec quelques tours de bando.
c Ce pansement e?t renouvelé rarement, tous les deux, trois ou quatre jours, selon la saison et Fabondance de la suppuration. On reconnaît celle-ci en soulevant avec précaution la bande et le taffetas gommé, et inspectant le lint, ses bords, sa couleur et son odeur. A moins d'incertitude, il est inutile de pousser plus loin Tezamen . On exprime au-dessus et doucement une éponge mouillée et les choses sont remises en place; ou bien on retire le lint, et l'on procède à un nouveau pansement [i]. »
Le pus sécrété, ordinairement en assez grande quantité, s'oppose aux adhérences du tissu-charpie avec les bords de la solution de continuité. D'ailleurs, quelques adhérences existent- elles, rien n'est plus facile que de les détruire avec un peu d'eau tiède.
Le taffetas gommé qui recouvre le pansement a le grand avantage d'empêcher l'évaporation du liquide en contact avec la plaie, et surtout la putridité du pus. Aussi les pansements peuvent-ils être renouvelés plus rarement, au moins d'une manière relative.
Quand on panse les plaies, on doit essuyer doucement les bords de la solution de continuité, soit ave«*. une éponge, soit, ce qui est préférable, avec du linge usé. Les chirurgiens anglais recommandent aussi de ne pas inonder d'eau la plaie, afin d'éviter toute modification nuisible au travail de cicatrisation.
Le repos absolu, la position horizontale sont encore employés en Angleterre, comme adjuvants utiles.
Nous allons maintenant exannin^^r les quelques modifications qu'on fait subir au pansement précédent, selon les indications fournies par l'état des plaies.
Si la suppuration est très-abondante , le pansement est souvent renouvelé, ou bien on place sous la plaie une large toile
(1) Topinard, hr. cit., p. 60.
(2) Topinard, foc. rit., p. 61,
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( irée ; lo pus qui s*écouIe sur les téguments et sar la toile est essuyé fréquemment. En outre on peut ajouter à Teau quelques principes slyptiques ou astringents.
Du reste, d'après les auteurs anglais, ce mode de pansement à Teau [water dresbhuj) empêcherait ces suppurations coosidérubles qui épuisent les malades et les font rapidement saceomber.
L'atonio des surfaces bourgeonnantes, les fongosités gp^àliei bont combattues, comme en France, par Temploi des siimalinlii seulement ils sont ajoutés à l'eau qui sert au pansement onlN naire.
Quand les granulations sont rares, peu sensibles, fongneoMl on peut employer le pansement au tint sec, comme noasle ' sons ici avec la charpie ^èche. On y ajoute aussi la compressioii à Taido d'une plaque de plomb, de caoutchouc, etc.
Enfm si la plaie s'enflamme, on emploie ou le pansement Teau tiède, ou bien les cataplasmes ordinaires.
La gangrène est combattue, soit avec des cataplasmes d'une infusion stimulante de malt , soit à Taide de pansemeati' lacide azotique étendu, au chlorure de soude, au pennangaed de potasse, etc.
Kn résumé, on voit que les plaies en suppuration sont toujours traitées par le pansement k l'eau, pansement dont avons déjà parlé, et qui a été surtout préconisé en France M. Amussat.
Cette manière générale de panser les plaies, doit-elle être pliquée d'une façon exclusive? ne doit-elle pas être réservée| un certain nombrede solutions de continuité? remplace- telles avantage le pansement au cérat, à la glycérine etc.? fournie enGn toujours les excellents résultats signalés par les aoU anglais? Pour résoudre ces questions multiples, il faudrait' expérimentation comparative et prolongée.
PANSEMENTS DES PLAIES. /ià3