‹ Manuel de petite chirurgie [electronic resource]Chapitre 127 sur 256 · CEINTURES OMBILICALES · texte numérisé non relu

CEINTURES OMBILICALES

mal la hernie ; mais enfin, il est indiqué toutes les fois que le bandage ne peut être enduré.

Les ceintures ombilicales sont encore employées lors des hernies ombilicales irréductibles en partie, ou volumineuses. Dans le premier cas, on conseille surtout de porter une ceinture de coutil ou de tissu de caoutchouc ; dans le second cas, on peu! utiliser les mêmes moyens de contention ; mais il arrive que les viscères hernies ont perdu droit de domir.ilo dans l'abdomen, et qu'on est obligé de les recevoir dans une sorte de sac ou de suspensoir, adapté à la ceinture abdominale, et rappelant plus ou moins l'ancien appareil de Hilden, modiliépar Scarpa (1).

La ceinture le plus ordinairement employée est une large bande d'éloife, élastique en avant et au centre, formée de coutil sur les parties latérales et bouclée en arrière. La partie qui répond à l'abdomen est formée de tissu de caoutchouc ou de tricot de coton (Bourcy). Dans quelques cas, elle reçoit, dans des trous >

FiG. 290, — Pelotes de la ceinliire.

pratiqués à l'avance ou dans les mailles d*» son tissu, une plaque de forme et de dimensions variées, légè«'«iment convexe, parfois concave, avec une demi-sphère centrale (fig. 289 et 290). Ces pelotes doivent être supprimées toutes les fois que les malades ne les supportent que difficilement.

Les ceintures ombilicales sont aussi utilisées pour traiter l'exomphale des nouveau-nés ; celles que l'on emploie sont analogues aux ceintures décrites plus haut ; toutefois, elles doivent êire larges, recouvrir tout l'abdomen, et être assujetties par des sous-cuisses et des bretelles en tricot élastique. La pelote doit être convexe et assez large pour que son déplacement léger n'entraîne par la sortie possible des viscères abdominaux (fig. 20î). Une pelote pelile à l'inconvénient de pénétrer dans l'anneuii e? d'e;npôcher sa rétraction physiologique.

(1) S. Duplay, Ihôse d'Agrégalion en chirurgie. Paris, 1866,.

DES CEINTURES

2° Ceintures ubdominales. — Elles sont S[iécialement indiquées chez les femmes Irès-grasses ou chez celles dont les parois abdominales ont été relâchées à la suilc de grossesses répétées. Souvent aussi on les emploie pour traiter les affections, et surtout les déviations de l'utérus; c'est, évidemment là un moyen mécaniiiue pour soutenir le poids des viscères abdominaux.

Fie. ÎOI. — Ctinlure omliilicale pour les cnfitiits nouvcau-nc3.

Les éveniralions, suite de couches, ou résullaut d'une opération, comme l'ovariotomio ; les tumeurs abdominales, kysles ou tumeurs libreuses, nécessitent souvent l'emploi des ceintures abdominales, et même de plaques destinées à renforcer la cein-

Ces ceintures peuvent être faites en coutil, f n pu'au de daim ou de chamois ; le plus souvent, elles sont en lissu élasliq^i" (coton ctcaouchouc, soie et caoutchouc); d'autres fois, une partie de la ceinture est en coutil et les goussets sont en tissu élastique.

Parmi les ceintures de tissu élastique, nous devons signakr

CliINTURES ABDOMINALKS. ^81

les ceintures de M. Bourjeaiird(fig. 292), et celles fabriquées par M. Galante (1).

FiG.292. -r Cfinli.ros aklominalcs .le M. Ronijcannl.

Fio. 293. — Ceinlurc abilomUialc do tissu anglais' élastique.

On peut, dans certaines conditions, ajouter à ces ceintures un coussin rempli d'air, situé immédiatement au-dessus des pubis, et

(t) Ch. Bourjeaurd, Delà compression élastique, etc. Paris et Londres, 1862.

DES ClilNTURIiS.

qui a pour but d'agir médialement sur l'ulérus dé\ié ou malade. Dans ces cas, la liauteur de la ceinture doit être sensiblement diminuée, et elle joue un rôle analogue à celui que remplissent les ceintures hypogaslriques.

3° Ceintures hypogaslriques. — Comme leur nom l'indique, ces ceintures agissent spécialement sur l'hypogastre, et d'une façon indirecte sur l'utérus, d'où leur si fréquent emploi dans les déviations et dans les autres affections de cet organe.

Elles sont formées d'un coussin large, épais, quelquefois élastique, le plus souvent dur et résistant, constitué par du crin recouvert de peau de cliamois. La face externe de ce coussin présente une plaque métallique plus ou moins large qui est maintenue par une ceinture ou un ressort analogue à celui qu'on adapte aux pelotes des bandages. Cette union a lieu à l'aide d'un système tel, que l'inclinaison de la pelote bypogastrique puisse varier au gré de la malade ou du chirurgien, et c'est ordinairement à l'aide d'une clef que cette mobilité est obtenue. Toutefois, J. Charrière l'a remplacée par deux boutons faisant corps avec l'appareil; d'ailleurs, ce mécanisme varie quelque peu, selon les fabricants d'instruments de chirurgie (fig. 294),

Fio. 294. — Ceinture liypogaslrique de .1. Clianière.

M. le docteur Dupré a applicpié à la construction de ces ceintures les préceptes qu'il a suivis à propos des bandages; aussi a-l-il fait fabriquer, par MM. Robert et Collin, une ceinture à tige antérieure rigide, avec denii-ceinlure molle postérieure : c'est la

DES PESSAIKES.

tige antérieure rigide qui supporte la pelole hypogaslrique. Enfin, au lieu d'une pelote unique antérieure, quelques praticiens préfèrent employer deux pelotes latérales (Raspail), qui n'agissent pas aussi directement sur la vessie.

Lorsqu'on applique ces diverses ceintures, il faut avoir soin que le ressort ou la ceinture molle passe au-dessous des crêtes iliaques, afin que la pression de l'appareil ne s'exerce qu'exclusivement sur l liypogastre. On conçoit que si la ceinture pressait sur l'abdomen, l'e'lfet thérapeutique qu'on cherche à obtenir en repoussant en haut et en arrière le poids des viscères abdominaux serait presque totalement perdu.

Dans un certain nombre de cas, alors que les déviations niérines sont peu marquées et que les symptômes morbides sont principalement dus à des phénomènes d'inflammation, on peut remplacer ces appareils toujours coûteux, et fort souvent difficiles à faire accepter par les malades, par un bandage de corps, une serviette pliée, qui, passant au-dessous des hanches, comprime l'hypogaslre et prend son point d'appui en bas de la région lombaire^ vers la base du sacrum.

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