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PANSEMENT A L'EAU

fréquemment aussi que c'est une pièce de linge, de la char[)ie qui sert d'excipient. On a donné différents noms à ce mode de pansement, suivant la manière dont il est fait : si l'on imbibe des linges ou de la charpie de liquide, et si ces linges ou cette charpie sont appliqués sur la plaie, c'est un pansement par imbibition; si un courant de liquide est incessamment versé sur la partie malade, c'est un pansement par irrigalion, etc. Nous allons décrire successivement ces différents modes de pansement.

I. — Des topiques liquides employés a l'extérieur. 1° Imbibition. ,

Les pansements par imbibition sont ceux que l'on fait avec des linges, de la charpie imbibés de liquide, tel que de l'eau pure, ou des liquides chargés de principes actifs, comme l'alcool, l'eaude-vie camphrée, l'eau blanche, etc.

Eau. — Depuis longtemps déjà (1) les chirurgiens ont donné le conseil d'appliquer sur certaines plaies des compresses mouillées, mais cescompressesne tardant pas à s'échauffer, l'eau s'évaporait; aussi était-on obligé de remplacer le pansement ou de verser sur la compresse laissée en place une nouvelle quantité de liquide. Ce mode de pansement nécessitait donc une surveillance extrêmement grande, souventmêrae impossible, en particulier pendantlanuit; de plus, cette méthode pouvait devenir dangereuse par les accidents que pouvait entraîner le brusque passage du froid au chaud, ou du chaud au froid. Les chirurgiens ont cherché, il est vrai, à les diminuer en employant des pièces d'appareil qui conservaient l'eau pendant longtemps : le molleton de laine, par exemple. Percy a même recouvert ce molleton de tissus capables d'empêcher l'évaporation du liquide.

A. Bérard (1 835), Malgaigne (1841), préconisèrent l'emploi de l'eau en chirurgie, mais c'est à M. Amussat fds qu'on doit la plupart des perfectionnements apportés dans ce mode de pansement. Pour que le pansement à l'eau soit efficace et exempt des inconvénients reprochés avec raison aux compresses mouillées, il doit remplir les conditions suivantes :

(1) Lombard, Précis sur les propriétés de l'eau simple employée comme topique dans la cure des maladies chirurgicales, in Opuscules de chirurgie, 1786.

»0 DES MÉDICAMENTS TOPIQUES

« 1" Laisser passer librement le pus à mesure qu'il se forme et faire qu'il soit absorbé par l'appareil ; '

» 2" Rendre l'humectalion constante ;

ï 3° Empêcher l'évaporation du liquide, afin qu'il n'y ait pas de refroidissement; ou, en d'autres termes, entretenir une température toujours égale. »

L'auteur ajoute : Nous croyons avoir rempli ces indications par le pansement de l'eau que nous avons beaucoup expérimenté avec mon père, et qui se compose de quatre pièces différentes superposées, et auxquelles on pourrait donner le nom de crible, à'nbsorbant, d'humectant et d'inévaporant (1).

Le crible est un morceau de tulle commun à larges mailles, ou bien un morceau de linge fenêtré à trous plus larges et plus rapprochés que celui dont on fait usage habituellement.

Uabsorbant est un morceau de vieux linge de toile ou de coton imbibé d'eau; il est placé par-dessus le crible.

Uhumectant, un morceau d'amadou préparé sans nitrate de potasse : cette substance absorberait beaucoup plus d'eau que le linge ou le molleton, et la céderait plus facilement au crible et à l'absorbant.

L'inévaporant est constitué par un tissu imperméable, comme par exemple le taffetas gommé, une vessie de porc malaxée dans l'huile, etc. II doit être plus étendu que les autres pièces de l'appareil, afin d'empêcher l'évaporation sur les bords.

L'effet émolHent étant généralement celui que l'on veut produire, c'est ordinairement l'eau douce à i 8 ou 25 degrés que l'on emploie dans ces cas. Quant à la durée du pansement, elle varie suivant les effets que l'on veut obtenir ou l'état des parties. Si l'inflammation est vive, si la sécrétion purulente est très-abondante, l'appareil doit être souvent renouvelé ; dans les cas simples, on se contente de changer le pansement toutes les quatre ou six heures.

Un détail important à noter, c'est que ce mode de pansement ne doit pas être changé ou supprimé brusquement ; il faut commencer par diminuer la quantité d'eau qui sert à entretenir l'humidité des pièces de l'appareil, puis faire le pansement d'une façon intermittente, enfin le supprimer.

Chose singulière, le pansement à l'eau, presque abandonné en France, a été surtout adopté en Angleterre (2), jusqu'au moment

(1) Amussat fils, De l'emploi de Veau en chirurgie, thèse de Paris, 31 décembre 1850.

(2) Topinard, Quelques aperçus sur la chirurgie anglaise, thèse de Paris, 1860.

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