COLLODION
SO
§ 9. — €oIIodioii.
Le collodion, découvert par Maynard, de Boston, est un produit d'un blanc jaunâtre, de consistance sirupeuse, insoluble dans l'eau, et qu'on obtient par la dissolution de la pondre-colon, fulmi-colon, xyloUine, dans l'élher sulfurique alcoolisé.
Pour préparer le collodion, Mialhe conseille le procédé suivant : on prend 8 grammes de xyloïdine qui contient un petit excès d'acide sulfurique, on l'introduit dans 1 25 grammes d'éther sulfurique rectifié, et Ton agite le tout pendant quelques minutes; puis on ajoute 8 grammes d'alcool rectifié et l'on continue à agiter le mélange jusqu'à ce qu'il forme un liquide homogène de consistance sirupeuse ; le tout est passé à travers un linge avec une forte expression, et le produit est conservé dans un vase hermétiquement fermé.
Ainsi préparé, le collodion est fortement adhésif, sèche en quelques secondes par l'évaporation de l'éther et peut être employé seul sur des solutions de continuité peu étendues: le chirurgien tient les lèvres de la plaie rapprochées jusqu'à ce que le collodion, étendu sur les tissus à l'aide d'un pinceau, se soit desséché. De cette manière la plaie est parfaitement réunie; malheureusement le collodion offre le grave inconvénient de se rétracter et d'exercer des tiraillements parfois fort douloureux.
Plus fréquemment on trempe dans le collodion simple des bandelettes de linge, que l'on applique immédiatement comme on le ferait pour des bandelettes de diachylon ; il est évident que pour éviter la dessiccation de ces petites bandes on doit faire le pansement très-vite. Le collodion étant insoluble dans l'eau, il en résulte que si ces bandelettes sont appliquées de manière à laisser un certain passage au pus, l'appareil peut rester fort longtemps en place ; de plus, si l'on juge les cataplasmes nécessaires, ceux-ci peuvent être rais en usage ; on peut même faire prendre des bains aux malades sans que le pansement soit ramolli ou décollé.
Cet appareil, dont la solidité paraît due au feutrage des fibrilles de coton, non dissoutes dans l'éther, peut être facilement enlevé si on le mouille avec de l'éther.
Collodion élastique. — M. Robert-Latour, ayant remarqué que le collodion devenait cassant et qu'alors il ne garantissait qu'imparfaitement les surfaces traumatiques du contact de l'air, a
DES, MÉDTCAMENTS TOPIQUES.
cherché a le rendre souple et y ajouta d'abord du caoutchoucplus tard, après les recherches de M. Rogé, il y introduisit l'huilé de ricin, qui est parfaitement soluhle dans le collodion.
Dans les casd'érysipèle, Guersant conseillait un collodion contenant de l'huile de ricin dans la proportion de 2 grammes pour 30 grammes. Enfin, d'autres formules plus compliquées ont encore été données pour la fabrication du collodion élastique par MM. E. Lauras (1) et Lemoine (2).
En somme, toutes les fois qu'on aura affaire à une plaie peu étendue, dont il est possible d'obtenir la réunion immédiate, il faudra employer le collodion, soit seul, soit sous forme de bandelettes. Cette substance peut encore êlre utilisée lorsqu'il faut soustraire une solution de continuité petite, mais profonde, au contact de l'air ; comme par exemple dans certaines plaies pénétrantes des cavités articulaires ou viscérales. Ajoutons que depuis longtemps déjà nous avons pu apprécier l'utilité du collodion, et en particulier du collodion riciné, pour l'occlusion des petites plaies auxquelles sont exposés les étudiants en médecine, soit en disséquant, soit en faisant des autopsies ou de la médecine opératoire.
L'emploi du collodion n'a pas été seulement limité au traitement des plaies, son action légèrement réfrigérante, compressive et prolectrice a été utilisée dans un certain nombre d'affections médicales ou chirurgicales. Vers 1 850, Piorry, Legrand, Goyrand (d'Aix), en proposèrent l'usage dans les eschares au sacrum; Fuster l'employa pour le traitement des fissures du sein et de l'anus, VVilson, en Angleterre, conseilla l'occlusion collodionnée dans certaines affections cutanées.
Plus tard (1 859) M. Robert-Latour crut trouver, dans l'emploi du collodion déposé en couche mince à la surface de l'abdomen, un remède presque infaillible contre la péritonite et la métropéritonite. Bonnefont (1 854) mit à profit la propriété rétractile du collodion pour résoudre les engorgements glanduleux et en particulier ceux de l'épididymite.
Swain, Vallelte, Bonnet, l'utilisèrent contre les brûlures au deuxième degré; Rouget (th. de Strasb., 1<S5i), et le professeur Broca (3) en conseillèrent l'emploi dans le traitement de l'érysipèle. Dans ce dernier cas l'action du collodion tiendrait surtout
(1) Répertoire de pharmacie, 1852, t. IX, p. 31.
(2) Nouveau Dict. deméd. et de chir., 1864, t. I, p. 429 (Agclu-
TINAUFS).
(3) M. J. Petit., thèse de Paris, 1868, n" 159.
CATAPLASMES
à la compression qu'il exerce sur les tissus, d'où l'indication de ne pas se servir de collodion élastique.
Enfin parmi les dernières applications faites du collodion, nous devons signaler l'emploi qu'en fait M. Voillemier dans la cautérisation au fer rouge, afin de limiter l'action du calorique sur les tissus (l).
Nous n'avons pas voulu passer sous silence la plupart des modes d'emploi de ce corps singulier ; cependant il en est encore d'autres qui tiennent plus particulièrement à notre sujet, nous voulons parler : 1 " des sutures sèches ; 2° des appareils inamovibles, dans lesquels le collodion a été substitué aux blancs d'œufs, à la dextrine et à l'amidon; 3° du collodion cantharidé (Hirch). Nous reviendrons sur ces applications en décrivant les sutures, les appareils de fractures et les vésicatoires.
§ s. — Cataplasmes.
Les cataplasmes, ou épithèmes, sont des topiques mous et humides, formés de poudres ou de farines délayées de manière à en faire une bouillie épaisse, et que l'on étale sur un linge, afin qu'ils puissent être appliqués à la surface des parties malades.
Les cataplasmes sont simples ou composés : les premiers sont ordinairement formés d'un liquide et de farine, etc.; les seconds sont le plus souvent des cataplasmes simples, auxquels on ajoute différentes substances plus actives, telles que poudres, solutions médicamenteuses, etc.
Le liquide est le véhicule; la substance qui doit donner au cataplasme sa consistance est Vexcipienl; les médicaments surajoutés sont dits accessoires : ces dernières substances n'appartiennent qu'aux cataplasmes composés.
Le véhicule le plus communément employé est l'eau, soit simple, froide ou chaude, soit chargée de principes médicamenteux : gélatineux, toniques, astringents, narcotiques, etc. On emploie encore comme véhicule le lait, le sérum, le vin, les huiles, etc.
L'excipient est, en général, composé de matières féculentes : telles senties farines de graine de lin, de riz, d'orge, de moutarde, la fécule de pomme de terre. On fait encore usage, soit de racines, cuites et réduites en pulpe, ou bien crues et râpées : tels sont les racines de carotte, de guimauve, les rhizomes de pomme de terre,
(1) Gazelte des hôpil., 18G8, p, 2Uli.
DES MIÎUICAMENTS TOPIQUES.
los bulbes d'ail, d'oignon, de lis, etc.; soit de feuilles ou de tiges, écrasées ou cuites: tels sont la guimauve, la mauve, la morelie,' le raifort, le cresson, le beccabunga, la ciguë, etc.'; enfin, on emploie encore des pulpes de fruits, la pomme de reinette cuite, par exemple.
Les cataplasmes sont d'autant meilleurs qu'ils conservent plus longtemps l'eau qu'ils ont absorbée. Le liquide retenu par la viscosité de la pâte agit à la surface de la peau comme le ferait un bain continu, et l'effet du remède est d'autant plus efficace, que cet état d'humidité dure plus longtemps.
Si certains cataplasmes ont besoin d'être préparés au feu, il en est quelques-uns auxquels le feu enlève leurs propriétés, par exemple ceux dans lesquels il entre des substances volatiles ou bien qui contiennent des principes que la chaleur peut détruire. Dans tous les cas, il est toujours inutile de prolonger l'ébullition des cataplames ; lorsque les substances qui doivent les composer sont suffisamment cuites, elles doivent être retirées du feu, sauf plus tard à les réchauffer, s'il est nécessaire.
Les médicaments accessoires qu'on ajoute aux cataplasmes sont destinés à en augmenter l'activité ; souvent même ils donnent seuls la propriété au cataplasme. Ces substances sont très-variables, nous en parlerons en décrivant les différentes espèces de cataplasmes; nous ferons remarquer seulement qu'on doit faire attention à ne pas employer des médicaments qui, en contact avec l'excipient, le neutraliseraient et n'agiraient plus eux-mêmes.
Les cataplasmes composés ont une action spéciale due aux médicaments qu'on y ajoute; mais en outre, comme les cataplasmes simples, ils agissent par leur humidité, qui ramollit la peau et tend à rendre plus facile l'absorption du médicament.
La température ordinaire des cataplasmes doit être de 30 à 33 degrés centigrades : presque constante pendant tout le temps qu'ils restent appliqués, elle maintient la partie qu'ils recouvrent à une température égale.
Les cataplasmes froids sont employés, soit comme répercussifs, et ils cessent d'agir lorsque le cataplasme est élevé à la température de la peau ; soit comme astringents ou résolutifs. L'action de ces derniers est, à la vérité, moins grande, lorsqu'ils se sont échauffés ; néanmoins ils peuvent rester plus longtemps appliqués que lorsqu'ils sont conseillés comme répercussifs.
Les cataplasmes très-chauds, à 40 ou 45 degrés centigrades, sont employés comme dérivatifs ; on les applique sur les extré-
CATAPLASMES
mités : ils rougissent la peau, causent de la douleur, et cessent d'agir lorsque leur température s'est abaissée.
La durée de l'application d'un cataplasme varie suivant l'action qu'on veut produire, et suivant sa composition. Quelquefois un cataplasme appliqué pendant quelques heures seulement ne doit plus être remplacé; d'autres fois, il doit être renouvelé toutes les six ou douze heures. Si le cataplasme est maintenu plus longtemps en place, il s'aigrit, ses propriétés changent : il devient dur, irrite la peau, sur laquelle il forme des sillons rouges, douloureux, contenant la pâte du cataplasme desséché, qu'il est quelquefois difficile d'enlever.
Les cataplasmes médicamenteux doivent être renouvelés plus souvent que les cataplasmes émollients, surtout quand ils renferment des substances susceptibles de s'altérer par la chaleur.
Le mode d'emploi des cataplasmes varie; ils peuvent être appliqués à nu ou entre deux linges. La manière de confeciionner un cataplasme est très-simple. On choisit une pièce de linge un peu plus grande que le cataplasme que l'on veut faire. Le linge étant étalé sur une table, on verse sur le milieu la pâte du cataplasme, on replie le Hnge sur lui-même et sur la pâte, puis avec les mains on faitghsser la pâte entre les deux lames de linge, et, lorsqu'elle commence à s'étendre, on tire la lame de linge supérieure de manière à entraîner la pâte avec elle. Cette petite opération répétée pour chacun des côtés du cataplasme, et la pâte réguhèrement étalée, ou obtient une couche uniforme, qui doit avoir 2 centimètres d'épaisseur environ. On rephe alors les quatre bords du cataplasme dans une étendue de 6, 8 centimètres, et même davantage, surtout si la pâte est trop molle ou le cataplasme trop grand : de cette manière on fait une espèce d'encadrement qui empêche le cataplasme de fuser de tous côtés.
Si l'on veut faire usage d un cataplasme entre deux linges, on recouvre la partie restée à nu d'un linge fin, ou mieux d'une mousseline ou d'une gaze très-claire. Dans tous les cas, il faut faire attention à ce que le linge qui recouvre la face du cataplasme qui doit être mise en contact avec la peau ne présente ni ourlets, ni coutures, qui puissent déterminer des pressions douloureuses.
Pour appliquer un cataplasme, il faut en prendre les deux bords opposés, le tenir horizontalement, de peur que la pâte ne coule vers les parties déclives; puis le renverser et l'appliquer promptement sur la partie malade , en ayant soin de ne pas le traîner sur la région qu'on veut couvrir.
Lorsque le cataplasme est trop grand, on le fait glisser sur la
OËS MÉDICAMENTS TOPIQUES, paume des deux mains, étendant les doigts aussi nrés nn<. n.c s.ble des bords; on le redresse ensuite !n le m in^e aî. fK 1 une de ses extr mités par une main, tandis que Sre avance peu a peu vers l'extrémité opposée. II ne faut pas renlier ^
cataplasme sur lui-même car h «'if^ J LT u /^T
i "leuie, car la pdte, en se touchant d'un côté
' J , '^P^'^'" inégalement lorsqu'on vient à le
d ployer. Si le cataplasme a besoin d'être fixé ,%uelques tou s
déplacer ^ '''''''' ^ -P^^'- dTse
.lnY?iïl'''^'°" cataplasme entre deux linges est beaucoup
fa «1 f"T' '^'•^'"^^^ ''^'^'^ immédiat de
Ja pâte, on peut le pher sur lui-même
On lève aisément un cataplasme en ie saisissant par un de ses bords et en le soulevant doucement. Si l'on voulait le rouler sur liu-meme ou le ramasser par sa face externe, une portion de la pate resterait sur les téguments. Dans tous les cas, si cet acciune spaLT cataplasme avec
Lorsqu'on a enlevé un cataplasme , il faut avoir soin que la partie sur laquelle il était appliqué et qui reste humide ne soit pas brusquement refroidie, aussi faut-il l'essuyer avec un
Afin d'éviter leur dessiccation trop rapide et de maintenir plus longtemps leur chaleur, on entoure les cataplasmes d'un arge morceau de taffetas ciré qu'on maintient par quelques tours de bande. On a employé dans le même but l'étoffe de gutta-percha; enfin, MM. Mac-Gliie et V. Gauthier ont proposé 1 usage d un papier huilé imperméable.
i » Cataplasmes émollients. — L'excipient de ces cataplasmes est en général composé de fécules ou de farines cuites, de racines ou de feudles de plantes mucilagineuses , de bulbes de lis, etc ; e véhicule est l'eau, le lait, les bouillons gélatineux ou émollients. On n'y met point d'accessoire, à moins qu'on ne considère comme tels le beurre, l'axonge, que l'on étale parfois sur leur surface pour les empêcher d'adhérer aux parties sur lesquelles on les applique. Les cataplasmes émollients sont presque toujours employés chauds ou tièdes; il n'y a d'exceptions que pour quelques maladies de la peau ou certains érysipèles, dans lesquels la moindre sensation de chaleur augmenterait la douleur.
L'effet de ces épithèmes est de relâcher la peau et les organes sous-jacents , de manière à faciliter la circulation capillaire. Ils agissent : par leur humidité, en formant une espèce de bain
CATAPLASMES
local; par leur chaleur, en maintenant à une température uniforme la partie sur laquelle on les applique.
Ils conviennent dans les diverses inflammations profondes et superficielles, soit qu'on cherche à en déterminer la résolution , soit qu'on veuille en accélérer le travail de suppuration. Ils sont donc résolutifs ou raaturalifs, suivant les circonstances et suivant le degré de maladie. On les emploie surtout dans les affections phlegmoneuses , avant que la suppuration ne soit formée , ou même lorsque le bistouri a donné issue à la matière purulente, et qu'il reste encore un peu d'engorgement dans les parties qui environnent le foyer. Dans le premier cas, ils modèrent l'inflammation et peuvent prévenir la suppuration ; dans le second, ils facilitent le dégorgement des parties.
On fait encore usage de cataplasmes émoUients dans les affections inflammatoires des cavités splanchniques en les appliquant sur les parois de ces cavités, au niveau des points douloureux. Les cataplasmes émollients sont encore employés sur les plaies, dont ils modifient la surface en faisant tomber les croûtes audessous desquelles le pus s'accumule, ou bien en diminuant l'irritation, qui, dans certaines circonstances, est assez grande pour arrêter la suppuration.
Les cataplasmes émollients sont quelquefois conseillés comme dérivatifs, lorsque chez des personnes très-irritables les sinapismes agissent avec trop de violence, ou bien lorsque la peau est enflammée, dans la variole par exemple.
Mais les cataplasmes émollients, quand leur application est trop prolongée , ont l'inconvénient d'affaiblir et d'œdématier les parties avec lesquelles ils sont en contact : aussi faut-il en cesser l'usage lorsque, appliqués sur les plaies, les ulcères, la surface de ceux-ci devient pâle et blafarde.
Les cataplasmes employés trop chauds déterminent souvent de petits boutons coniques , rouges à la base et suppurés à leur sommet. L'apparition de ces petits boutons est précédée et suivie d'une démangeaison parfois insupportable. Les mêmes phénomènes se manifestent lorsque l'on prolonge l'usage des cataplasmes, ou bien lorsque ceux-ci restent appliqués pendant un long espace de temps. On explique, dans ce dernier cas, la formation de ces petits boutons par l'irritation que cause la graine de lin devenue rance sous l'influence de la chaleur et du contact de la sueur ou du pus. Ce n'est pas à l'huile de lin, dit Deschamps (i), que l'on doit attribuer ces éruptions, car l'huile
(1) Deschamps, loc. cit,, p. 320.
^'6 DES MÉDICAMENTS TOPIQUES
de lin n'a pas la propriéKi de se rancir; elle absorbe une grande quantité d oxygène, perd sa fluidité et ne devient pas soluble Mais comme la farine de lin contient des substances qui peuvent s altérer sous 1 influence de l'oxygène humide, il est probable que 1 huile, qui absorbe une grande quantité d'oxygène met les matières albuminoïdes et les autres substances dans dés conditions favorables à leur érémacausie, et que c'est pendant cette modiflcation que les substances irritantes se forment. On observe encore ces petits boutons lorsqu'on se sert de farine de graine de lin trop ancienne ou qui a été avariée par son contact avec 1 au-. Pour éviter cet inconvénient , il faut donc avoir soin de ne pas appliquer de cataplasmes trop chauds , et de les renouveler assez souvent pour qu'ils ne s'altèrent pas par leur contact avec la peau ou les plaies.
Les cataplasmes appliqués sur une surface très- étendue ont encore l'inconvénient de fatiguer par leur poids : aussi faut-il quelquefois les remplacer par des fomentations émoUientes.
2° Cataplasmes astringents et toniques. — Toutes les poudres toniques et astringentes peuvent être mises en usage pour faire ces cataplasmes. Celles qui sont le plus souvent conseillées sont les poudres de racine de tormentille , de bistorte, de tan, de quinquina, de noix de galle, de feuilles de roses de Provins, et la poudre d'alun.
Ces diverses substances sont employées le plus ordinairement comme accessoires sur les cataplasmes simples; mais souvent aussi on les mélange avec une certaine quantité d'eau, et l'on en fait une espèce de pâte. Dans cet état, les cataplasmes sont beaucoup plus actifs; on peut même augmenter leurs propriétés en se servant comme véhicule d'un liquide astringent, tel que la solution d'alun , de sulfate de fer, de sulfate de zinc. Il est évident que des cataplasmes simples, arrosés d'une solution astringente, doivent aussi devenir astringents.
On fait usage de ces cataplasmes quand on veut produire un efi"et local, pour enrayer les progrès de la gangrène, pour arrêter une légère hémorrhagie, pour réagir sur le tissu cellulaire sous-cutané, devenu œdémateux ou emphysémateux. On s'en sert^ également pour produire un efl"et général ; on les emploie alors comme toniques ou fébrifuges : telle est, dans ce cas, l'action de la poudre de quinquina, decelle degentiane jaune, etc. On ne fait usage de cette espèce de médication que chez les individus qui ne peuvent supporter le sulfate de quinine ou la gentiane à l'intérieur.
CATAPLASMES
Nous croyons devoir rappeler que les poudres astringentes, AU lieu d'être humectées par un liquide, peuvent être renfermées dans un sachet , et agissent de la même mamere que les cataplasmes astringents, mais avec moins d'énergie. ^ ^
Les cataplasmes astringents doivent être employés froids, a moins de circonstances exceptionnelles. Si l'on saupoudre un cataplasme simple de poudres astringentes, ce cataplasme doit être également froid. Il est nécessaire de renouveler ces cataplasmes lorsqu'ils sont desséchés, ou bien lorsque devant agir en partie par leur température, ils se sont échauffes par le lait de leur contact avec les téguments.
3° Cataplasmes excitants.— Les cataplasmes excitants doivent leurs propriétés à des principes aromatiques , âcres , résineux , alcooliques, acides, ammoniacaux ou alcalins.
Ils agissent localement *en favorisant la résolution ou la sup puration de tumeurs indolentes, en hâtant la résorption des larges ecchymoses à la suite d'ipanchement de sang, en excitant certains ulcères aloniques, etc.; ils ont encore un effet sur l'ensemble de l'organisme en produisant une excitation plus ou moins étendue , par exemple lorsqu'on les emploie comme an- Ihelminthiques. Ce dernier effet appartient surtout aux cataplasmes contenant des substances volatiles.
Les cataplasmes excitants aromatiques sont préparés avec les feuilles de plantes aromatiques, telles que la sauge , le romarin , la rue, l'absinthe; ils sont destinés à ranimer l'énergie vitale. Ceux de tanaisie, immédiatement appliqués sur l'abdomen, agissent comme vermifuges, et peuvent remplacer avec avantage les purgatifs toniques et stimulants employés pour combattre les vers, quand l'irritation gastro-intestinale est assez grande pour que les malades ne puissent supporter ces derniers.
Lorsqu'on fait un cataplasme avec des plantes odorantes , il est préférable de les employer en poudre» car toutes ces substances perdent peu par la dessiccation. Si l'on jugeait que la chaleur fût nécessaire, on ferait digérer le véhicule et la poudre à la température du bain-marie.
Les racines de raifort, les feuilles de cresson, de beccabunga, de cocbléaria, forment des cataplasmes excitants âcres, qui agissent sur l'économie comme antiscorbutiques. Appliqués sur certains ulcères atoniques, ils augmentent leur vitalité et provoquent le développement rapide des bourgeons charnus.
Les cataplasmes résineux se font en étalant des résines molles sur de l'étoupe ou de la charpie, ou en saupoudrant un cata-
DES MÉDICAMENTS TOPIQUES
n céres atomques, mais ces substances sont plus Auvent ployees sous forme d'emplâtre ^
arroSer7aSr'.-r''''' ^'^^''^'^ ''''' «^^^ l^ouillies
Ses d'osei f S'^^' ''^^r^'. °" «^«^ des
leuuiesd oseille, d oxalis, etc. Ils stimulent la peau , l'irritent
favorisent la suppuration. On emploie avec avLLae Tans h pourriture d'hôpital et pour raviver certains ulcS ^to .^
tlS^urla^plaï.^^"^'^ ''''' "^'''^ ^ Les cataplasmes excitants alcooliques sont faits avec un exci-
cannelle de muscade, de qumquina, ou bien seulement de vin cliaud. Ces cataplasmes sont très-utiles dans les cas d'inflammation avec des symptômes d'adynamie ; leur action est trèsprompte, mais elle ne tarde pas à s'éptiser : aussi doivent-ils être souvent renouvelés.
Enfin , les cataplasmes excitants ammoniacaux doivent leur propriété a des matières animales décomposées par la chaleur du corps : ce sont des vers de terre, etc. Nous ne nous arrêterons pas a décrire ces épithèmes dégoûtants, dont l'action douteuse a été exaltée par l'ignorance et la crédulité.
4" Cataplasmes irritants, ou sinapismes. — L'histoire des sinapismes sera traitée^: complètement au chapitre de la Rubéjactton.
5° Cataplasmes résoldtifs. — Les cataplasmes résolutifs sont ceux qui produisent une irritation légère suffisante pour faciliter la résorption, mais pas assez intense pour irriter la partie sur laquelle on les applique. L'eau-de-vie camphrée, le sous-acétate de plomb étendu d'eau, sont les résolutifs le plus généralement employés ; ils servent à arroser les cataplasmes. Si la dose de ces médicaments est plus forte, et s'ils sont appliqués sur une tumeur indolente, ils sont désignés sous le nom de fondants. Le savon officinal est également employé dans ce but.
§ ». — Do« topiques liquides.
Nous venons de voir que sur l'excipient des cataplasmes on versait souvent quelques gouttes de liquide ou qu'on étendait quelques poudres, de manière à le rendre plus actif. Il arrive très-