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IV. De la*compression comme moyen de réunion des plaies

Les bandages unissants des plaies longitudinales et des plaies en travers sont souvent employés pour rapprocher les lèvres des solutions de continuité. Ces appareils agissent en exerçant une certaine pression sur les téguments ; cette compression est exer-

cée obliquement à la surface des parties molles, de manière à faire glisser en sens opposé les parties divisées. Quoique dans la plupart des cas un bandage circulaire soit nécessaire pour éviter l'engorgement des tissus au-dessous des parties divisées, nous avons rangé ici ce mode de pansement, car la compression circulaire n'est qu'un moyen auxiliaire destiné à prévenir des accidents ; la compression réellement thérapeutique est exercée sur un point en général peu étendu et limité à la partie lésée.

Les fractures de certains os courts de l'olécrâne, du calcanéum, nécessitent le même mode de traitement que les plaies en travers.

Lorsque les téguments peuvent êire facilement déplacés en sens contraire, lorsque la plaie est d'une petite étendue, la réunion peut être obtenue à l'aide des bandelettes agglutinatives. Dans ces circonstances il est le plus souvent inutile d'appliquer un bandage spiral; cependant celui-ci devient nécessaire lorsque les bandages compriment un peu fortement toute la circonférence d'un membre.

Les sutures ne sont également qu'une compression beaucoup plus limitée, mais utilisées lorsque la plaie est profonde, lorsque la contraclion des muscles sous-cutanés écarte trop fortement les bords de la plaie. La sulure' est aussi très-souvent employée pour des plaies situées dans les régions où les bandages unissants cl les bandelettes agglutinatives s'appliquent mal et sont facilement dérangés.

Nous ne décrirons pas ici, les diverses espèces de bandages, m lessulures, nous renvoyons aux articles qui traitent spécialement de ces moyens chirurgicaux.

V De la compression comme moyen d'affaisser, d'atrophier des excroissances cl i^^éme des organes. — C'est à l'aide de la compression que l'on a proposé d'atrophier la glande parotide dans les fistules salivaires. On a encore essayé d affaisser certains polypes mous des fosses nasales à l'aide du tamponnement

Dans la réduction du paraphimosis il faut toujours, pour faciliter le recouvrement du gland, l'aflaisser plus ou moins Cette pression doit être exercée latéralement de manière a aliongei le gland, et non d'avant en arriére, car on l'elarg.m.t davantage et l'on mettrait obstacle au glissement du prépuce.

La compression sur l'éperon qui existe entre les deux aoms du canal iolestinal, dans les anus contre nature, a pu, dans certains cas, suffire pour la guérison.

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Les engorgements œdémateux qui attaquent le prépuce, et qui coïncident souvent avec le phimosis, sont puissamment combattus par la compression.

Enfin on exerce la compression sur des parties malades, tomme les cancers, les tumeurs adénoïdes, dans le but, soit d'atrophier ces productions, soit d'y ralentir la circulation. Il serait impossible de donner les règles applicables à tous ces cas où la compression doit être pratiquée ; cependant il est des principes généraux dont il ne faut pas s'écarter. Ainsi, il faut toujours prendre un point d'appui solide et comprimer la tumeur dans tous les sens.

VI. Dg la compression comme moyen de résister à l'écoulement de certains fluides. — Nous avons indiqué dans les paragraphes précédents les moyens à l'aide desquels on peut arrêter les hémorrliagies; il est encore quelques cas cependant qui nécessitent une compression parliculière. Ainsi, lorsque, par exemple, l'artère divisée est dans un canal osseux, comme l'artère nourricière du tibia, une des artères alvéolaires, etc., on peut empêcher l'écoulement du sang en introduisant un peu de cire ramollie dans le canal osseux ou dans l'alvéo'e. Le même moyen a été conseillé quand l'artère principale d'un membre a été ossifiée : dans ces circonstances, on place un petit morceau de cire dans l'intérieur du vaisseau.

Lorsque l'épancliemenl sanguin se fait dans une cavité, on peut encore obtenir la cessation de l'hémorrhagie en bouchant îiermétiqucment les orifices par lesquels le sang peut s'écouler au dehors : c'est ainsi que l'on peut arrêter les bémorrhagies nasales h l'aide du tamponnement. On arrête, par un moyen analogue, les bémorrhagies utérines et celles que l'on observe à la suite des opérations qui se pratiquent siu' le rectum.

La nature, fait quelquefois elle-même celte compression. C'est ainsi que dans les cas d'épanchements sanguins dans la poitrine, le sang épanché se coagule, comprime l'ouverture des vaisseaux qui l'ont laissé échapper, et arrête de cette manière l'écoulement d'une nouvelle quantité de liquide.

Enfin, on exerce encore la compression sur l'orifice des vaisseaux coupés transversalement; mais cptte méthode est peu efficace et ne peut triompher que d'hémorrbagies produites par l'ouverture de petits vaisseaux. On se sert pour faire celte compression de petits morceaux d'agaric, debourdonnets de charpie saupoudrés de gomme arabique, de colopiiane.

On peut encore, à l'aide de la compression latérale , guérir

522 INDICATIONS DliS PANSEMENTS ET BANDAGES.

certaines fistules : les fistules salivaires , les fistules slercorales, etc. Dans les premières, la compression peut être exercée ou sur la parotide, ou sur le canal de Sténon. Dans les secondes, ou bien on exerce la compression sur l'orifice de la fistule, oubien sur l'éperon formé par l'adossement des deux parois mésenlériques de l'intestin.

VII. De la compression comme moyen de résister à la tendance de quelques organes à sortir de leur cavilé. — La compression est fort souvent employée : 1° pour prévenir les hernies; 2° pour les réduire ; 3" pour les maintenir réduites ; 4° pour les guérir radicalement.

i 0 Chez les enfants qui crient beaucoup et qui ont l'anneau ombilical un peu dilaté, il est prudent d'empêcher l'intestin de s'engager dans cet anneau à l'aide d'un petit bandage dont oa peut continuer l'usage pendant plusieurs mois.

A la suite des plaies des téguments de l'abdomen, on voit survenir des éventrations ; à la suite d'une distension considérable des parois abdominales, après l'accouchement ou l'évacuation du liquide d'une hydropisie, on peut observer des hernies de la ligne blanche : aussi est-il indiqué de soutenir les parois abdominales à l'aide d'un bandage de corps ou de tout autre bandage convenable.

2" Lorsque la hernie existe, si l'intestin sort de la cavité abdominale, elle détermine des accidents qu'on ne saurait trop se hâter de faire disparaître en faisant la réduction des viscères herniés. Dans la plupart des cas, la hernie se réduit d'ellemême ; la position horizontale, quelques pressions exercées surla tumeur, suffisent pour faire rentrer l'intestin dans la cavité abdominale. Mais lorsque la hernie est étranglée, celte complication nécessite des manœuvres particulières que nous décrirons sous le nom de Iaxis.

3" Pour maintenir les hernies réduites, on fait surtout usage des bandages herniaires ou bratjers. Ceux-ci, comme on l'a vu, ont une forme particulière pour chaque espèce de hernie : ils doivent, en efi"el, comprimer dans la direction du déplacemenl.

Il est assez rare qu'on ait l'occasion d'employer d'autres bandages que les bandages élastiques. Nous devons cependant mentionner le spica de l'aine dont on fait usage pour maintenir quelques hernies, alors que l'état des ipginncnis est tel, que ceux-ci ne peuvent supporter la pression d'une pelote poussée par un ressort. .

4° C'est à l'aide des brayers que l'on "peut espérer de guérir

DE LA COMPRESSION

radicalement les hernies par la compression; dans ces circonstances, l'application du bandage doit être continuée pendant longtemps et sans interruption.

La masse encéphalique peut s'échapper par les écartements qui existent quelquefois entre les os du crâne des enfants nouveau-nés, ou par une ouverture accidentelle faite aux parois de cette cavité après l'opération du trépan. On peut, à l'aide de plaques métalliques ou de cuir bouilli, prévenir le déplacement, et, s'il est opéré, on peut réduire peu à peu la tumeur à l'aide de très-douces pressions.

Dans la chute du rectum, on réduit l'intestin par la pression, et on le maintient en place à l'aide d'un tampon ou d'un pessaire d'ivoire soutenu par un bandage, on peut encore utiliser la ceinture périnéale de M. Gariel. C'est également à l'aide d'un pessaire que l'on maintient en place la matrice dans les cas d'antéversion, de rétroversion ou de chute de l'utérus. On peut les remplacer par le tamponnement du vagin ou par l'introduction d'une éponge fine soutenue par un bandage approprié.

VII] . De la compression comme moyen de déplacer et de redresser certains orcjanes ou d'extraire certains corps étrangers. — L'action des appareils orthopédiques sur les déviations des membres et du tronc n'est souvent qu'une compression. Celle-ci a été employée avec succès dans plusieurs cas de dépression du thorax avec saillie du sternum ; elle fut alors exercée d'av.'int en arrière à l'aide d'un bandage analogue aux bandages herniaires, mais à pelotes birges et plates.

Enfin, à l'aide de la pression, on peut faire sortir des calculs engagés dans le canal de l'urèlhre, on peut encore extraire des corps étrangers placés superficiellement.

On peut voir, par l'énumération rapide que nous venons de faire, combien sont nombreuses les applications de la compression ; combien il existe d'instruments et d'appareils destinés à exercer une pression sur nos tissus ; on en trouvera décrits un grand nombre dans les divers articles de cet ouvrage. Si, dans quelques cas, nous sommes entré, ici, dans certains détails, c'est que ces appareils ou instruments étaient moins connus ou n'avaient pas trouvé place dans d'autres articles.

Nous sommes loin d'avoir énuméré toutes les affections qui nécessitent une compression. Nous avons omis les unes, parce (lue l'analogie qu'elles offrent avec d'autres maladies nous aurait expose à des répétitions inutiles ; les autres, parce que la corn-

pression n'est pas exercée d'une manière aussi directe, tels sont : le massage, les efforts que l'ont fait pour obtenir le redressement des ankyloses angulaires, des cals difformes,.etc.

Nous terminerons cet article par la description d'un mode de

FiG. 312, — Appareil compresseur do M. Gariel.

compression fort ingénieux imaginé par M. le docteur Gariel ; qui je désigne sous le nom de compression rèmiltente.

Son appareil se compose : 1" d'une genouillère, ou d'un brassard de caoutchouc vulcanisé qui entoure le membre au niveau du point où l'on veut exercer la compression : cette genouillère peut d'ailleurs être remplacée par quelques tours de bande appliqués circulairement autour du point à comprimer; 2" d'une pelote de caoutchouc vulcanisé, de forme ou de dimension que l'on peut faire varier avec les indications. Cette pelote est munie d'un robinet.

Voici comment s'exprime M. le docteur Gariel sur l'application de son procédé :

« Je place sur la tumeur la pelote vide d^air, et je la recou vre de quelques tours de bande assez serrés pour donner lieu à une compression eflicace, assez lâches pour ne pas provoquer de douleur. Telle est la compression normale, habituelle, que doit supporter le malade. Maintenant, une, deux, trois fois, qiialre fois ou plus par jour, j'augmente cette compression autant et aussi peu que je le veux, en introduisant de l'air extérieur dans la pelote. Cette introduction d'air peut se faire avec la bouche lorsqu'elle ne doit pas être considérable ; mais, ordinairement, elle est mieux faite au moyen d'un insufllateur ; l'air est maintenu dans la pelote par un petit robinet qui s'adapte au robinet de l'insufflaleur, pendant tout le temps que le malade peut supporter cette exagération de compression. Lorsqu'il survient de l'engourdisscmcnl ou de la douleur, on fait cesser immédiatement et à volonté ces accidents, en donnant issue à l'air contenu dans la pelote, et sans qu'il soit nécessaire de défaire le bandage. ))

DES PANSEMENTS EN GÉNÉRAL

§ 4. ~- Uc In «^impensiott*

La suspension est destinée à soutenir les organes qui, parleur auornentalion de volume ou de poids à la suite des inflammations ou^des dégénérescences, fatiguent le malade en exerçant des tiraillements extrêmement pénibles. La suspension sert encore à soutenir des hernies trop volumineuses, qui ne peuvent être réduites, etc.

La suspension se fait au moyen de bandages suspensifs, de bandages croisés, etc., mais surtout au moyen de petites bourses que nous avons déjà désignées sous le nom de suspensoirs. Lorsqu'il existe des déplacements trop considérables, dans les éveniralions par exemple, lorsque le poids de l'utérus est trop fatigant pour une femme enceinte, une serviette ou une ceinture lacée sont les moyens suspensifs qui doivent être employés ; des corsets bien faits et peu serrés sont souvent mis en usage pour soutenir les seins engorgés. Enfin, o;i se sert des pcssaires pour soutenir la matrice qui tombe par son propre poids, ou pour la maintenir en place dans les antéversions et les rétroversions de cet organe.

En étudiant les appareils de fracture, nous avons indiqué avec détails, les hamacs, les appareils à suspension de Mayor, ceux du docteur Smith, etc. , nous n'y reviendrons donc pas ici.

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