‹ Manuel de petite chirurgie [electronic resource]Chapitre 149 sur 256 · SUTURES · texte numérisé non relu

SUTURES

sentent toujours l'inconvénient de tous les emplâtres, c'est-à-dire de se fixer difficilement sur des surfaces inégales. Les cordons sont loin de maintenir les lèvres de la plaie aussi bien en contact que les bandelettes agglutinatives.

Les agglutinatifs, outre l'impossibilité de pouvoir rapprocher les plaies un peu profondes, provoquent fort souvent des accidents auxquels le chirurgien doit donner toute son attention, je veux parler des érysipèles.

Pour les éviter, Gerdy conseillait un moyen très-simple : il consiste à appliquer sur les bords de la plaie, dans une étendue de 5 à 6 centimètres, des bandelettes de linge cératé, afin d'empêcher le contact immédiat de l'emplâtre avec la peau près de la solution de continuité. Il est vrai que le contact prolongé du cérat avec les bords de la solution de continuité n'est pas très-favorable à la réunion primitive de la plaie et peut aussi l'irriter.

Lorsque les plaies sont profondes, on peut placer des compresses graduées parallèlement à leurs bords et appliquer des agglutinatifs par dessus. 11 faudrait surtout faire usage de ce moyen, lorsque les surfaces sont inégales, les compresses graduées comblant l'espèce de pont que formeraient les bandelettes au niveau de la plaie ; les mêmes préceptes seraient conseillés avec les emplâtres jumeaux.

3° Bandages. — Les bandages unissants des plaies sont ceux que nous avons déjà indiqués sous le nom de bandages invaginés (page 225).

4° Sutures. — On doit recourir à la suture toutes les fois que les plaies intéressent une partie dans toute son épaisseur, par exemple aux paupières, aux joues, aux lèvres, et lorsque les moyens que nous venons de décrire ci-dessus sont insuffisants, tant à cause de l'étendue de la plaie que de son décollement.

Après avoir joui de la plus grande vogue, la suture a été presque entièrement proscrite par l'Académie de chirurgie ; ce qui fut un tort, car il est des cas dans lesquels elle est à peu près indispensable, et ne présente pas les dangers qu'on lui a reprochés. D;ins une foule de circonstances, en effet, elle est bien préférable aux agglutinatifs, et s'oppose à toute espèce de déplacement, fait très-important quand on veut obtenir la réunion immédiate.' Elle fixe parfaitement les plaies ;i lambeaux, et, les empêchant de s'enrouler, elle met les parties saignantes dans un contact parfait ; et si, quelquefois, elle a pu déterminer de l'étranglement par suite de l'innammalion, si les fils ou les aiguilles^onl

ulcéré et délruit la peau, il n'en est pas moins vrai qu'avec un peu de précaution on pourra prévenir ces accidents. C'est ainsi qu'il ne faut jamais trop rapprocher les points de suture, afin qu'ils ne s'opposent pas au gonflement de la partie enflammée ; cependant, l'intervalle qui les sépare ne doit pas être trop considérable, car la plaie se réunirait mal. Lorsque l'inflammation des lèvres de la plaie est très-intense, quand les sutures sont appliquées sur des parties très-vasculaires, et qui peuvent être facilement coupées par la présence d'un corps étranger, elles doivent être retirées de bonne heure. Il n'y a pas d'ailleurs beaucoup d'inconvénients à passer des points de sulure à travers les parties douées d'une grande vitalité ; car, d'un côté, si l'on est forcé d'enlever l'appareil de bonne heure, d'un autre côté, les parties se réunissent beaucoup plus promptement. Nous décrirons les espèces suivantes :

a. Suture entrecoupée (fig. 316). — Elle a pour caractère d'êlre formée par un ou plusieurs fils passés perpendiculaire-

FiG. 316. — Sulure entrecoupée.

ment à l'axe de la plaie, et dont les chefs sont ramenés et noués en avant. Pour faire cette suture, on se sert d'aiguilles et de fils. Les aiguilles sont le plus souvent aplaties, pointues à une des extrémités, et tranchantes sur leurs bords. Les unes sont courbes sur toute leur longueur, aiguilles courbes (fig. 1 8) ; les autres, courbées seulement vers la pointe, sont les aiguilles droites. L'autre extrémité esl percée d'un large chas dans lequel on engage un fil simple, double ou triple. Les fils de lin ou de soie,

Page 1