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OPÉRATIONS DE PETITE CHIRURGIE

Ce sont : 1" la situation', 2° les agglulinatifs; 3° les bandages; 4° les sutures ; 5° la compression.

Situation. — La position la plus convenable est celle qui met en contact les bords de la solulion de continuité. La flexion dans les plaies transversales, relâchant les tissus, favorise la réunion. La flexion doit être faite du côté de la lésion ; et dans les cas où la flexion serait impossible du côlé de la solution de continuité, il faut au moins maintenir les parties dans l'extension et empêcher la flexion du côté opposé. Dans les plaies longitudinales, on conseille de fléchir les parties dans le sens opposé à la solution de continuité, et de les étendre lorsque la flexion est impossible , mais ces préceptes sont souvent impossibles à réaliser.

En effet, la position n'est jamais suffisante pour melire les bords des solutions de continuité en contact ; et, si l'on tend fortement les plaies longitudinales, il peut arriver, ainsi que le font remarquer les auteurs du Compendium de chirurgie, que les tissus divisés soient exposés à des tractions douloureuses qui rendent très-pénible, quelquefois impossible, l'application des autres moyens propres à maintenir les plaies réunies. Aussi conseillent-ils toujours le relâchement des parties, la réunion étant d'autant plus facile par les bandelettes et les bandages, que les tissus seront moins tendus.

La position ne peut guère être mise en usage que pour les plaies des membres et du cou ; du reste, elle est toujours moins efficace pour les plaies de la têle et du tronc.

2° Agglutinaiifs. — Ceux dont on se sert pour réunir les plaies ont la forme de bandelettes. Nous avons déjà vu comment les bandelettes de diachylon devaient être taillées (p. 37). Leur largeur ne doit pas dépasser un centimètre, car alors elles s'appliqueraient mal et formeraient des godets ; leur longueur, si elles sont placées sur les membres, sera telle qu'elles en puissent faire une fois et demie le tour ; si elles étaient appliquées sur le tronc, la longueur doit être assez considérable pour que l'on puisse prendre un point d'appui éloigné de 20 à 30 cenlimèlres au moins, des bords de la solution de continuité. Si l'emplâtre était trop dur, il serait ramolli à une douce chaleur.

Toute la partie des téguments sur laquelle les bandelettes seront accolées devra être rasée et essuyée avec soin : car I humidité empêche les bandelettes de se coller convenablement ; les poils, se fixant dans l'emplâlre, causeront par leur arrarhenienl

(les douleurs très-vives aux malades, lorsqu'on voudra défaire le pansement.

Lorsqu'on a pris tous ces soins préliminaires, on procède à l'application des bandelettes ; on peut le faire de deux façons :

a. On place la moitié de la bandelette sur un des côtés de la plaie ; quand celle-ci est solidement fixée, on rapproche les bords de la solution de continuité ; on essuie parfaitement le sang ou la sérosité, afin que l'humidité ne s'oppose pas à l'agglutination de l'emplâtre ; puis on place le reste de la bandelette du côté opposé. Ce procédé est applicable à toutes les solutions de continuité ; toutefois, il présente moins de solidité que celui que BOUS allons décrire tout à l'heure. La bandelette appliquée la première est celle qui correspond à la partie moyenne de la solution de continuité ; les autres doivent être placées alternativement en haut et en bas jusqu'à ce que la plaie soit couverte en entier.

b. Ce procédé n'est applicable que lorsque les parties ne présentent pas un volume trop considérable pour que les bandelettes ne puissent en faire le tour. C'est surtout aux membres que ce procédé est employé : on place la partie moyenne de la bandelette sur la face opposée à la lésion et l'on ramène les deux chefs, l'un à droite, l'autre à gauche, de manière à les entrecroiser sur la plaie ; ou porte ensuite les chefs sur les parties latérales de la solution de continuité jusqu'à ce qu'ils soient épuisés.

La constriction circulaire que les bandelettes exercent autour du membre augmente considérablement la solidité de l'appareil. En ouire, par ce procédé, les bords de la plaie sont bien plus faciles à afironter.

Ces bandelettes doivent être appliquées d'un des angles de la plaie jusqu'à l'autre angle ; on commence le plus souvent par l'angle inférieur; de plus, elles doivent s'imbriquer de telle sorte qu il n'existe aucun intervalle entre elles.

Nous avons déjà vu (p. 39) que des bandelettes coUodionnées pouvaient être employées pour la réunion des plaies par première intention ; dans tous les cas, elles sont appliquées d'après les mêmes règles, aussi n'y insisterons-nous pas.

Toutefois, nous examinerons quelques variétés de sutures sèches préconisées par MM. Mazier, Vesigné et Goyrand (d'Aix).

Suture de M. Mazier. — Elle consiste en deux morceaux de oile ourles sur le bord, par lequel ils doivent se correspondre. tes Uandes, dites œlligatenrs, sont fixées à l'aide de collodion

parallèlement aux bords de la plaie et à une dislance variable de 3 à 4 0 millimètres. Ceci fait, on suture à l'aide d'un fil les deux bords ourlés des colligateurs, qui, ramenés encore l'un vers l'autre, entraînent fatalement le contact des bords de la plaie.

Suture de M. Vesigné. — Des bandelettes armées d'épingles sont placées perpendiculairement aux bords de la solution de continuité à l'aide de coUodion. 11 faut avoir soin qu'elles se correspondent bien, et que les épingles qui les traversent d'un bord à l'autre soient bien parallèles à la plaie. Les bandelettes fixées, les bords de la plaie sont rapprochés, elles épingles sont réunies à l'aide de fil ciré.

Sulure de Goyrand {d'Aix). — Deux bandelettes ayant la largeur de la plaie sont imbibées de collodion et collées parallèlement sur les deux côtés de la solution de continuité. Des rubans étroits sont ensuite collés sur ces bandelettes et perpendiculairement à elles, de sorte qu'il suffit de nouer ces rubans pour réunir la plaie.

Enfin M. Kœberlé s'est servi de sutures sèches coUodionnées pour soutenir une réunion obtenue au moyen de sutures ordinaires. Ce sont des fils de colon qui, collés de chaque côté de la plaie, sont réunis en petits faisceaux et noués sur la ligne médiane (1 ).

Les emplâtres sont fort rarement employés comme agglutinatifs, surtout lorsque les plaies ont une étendue un peu. considérable. De plus, ils s'appliquent beaucoup plus mal que les bandelettes, ce qui a fait abandonner leur usage.

Emplâtres jumeaux. — Us sont formés par deux emplâtres agglutinatifs, à un bord desquels sont fixés des cordons dont le nombre est en raison de la largeur de l'emplâtre.

Pour en faire usage, on place sur un des côtés de la plaie un des deux emplâtres, le côté qui supporte les cordons tourné vers la solution de continuité ; l'autre emplâtre est applitiué de môme sur l'autre côté. Lorsque ces emplâtres sont très-adhérents, on les rapproche l'un de l'aulre, et en môme temps les bords de la plaie, puis on noue les cordons. Ces moyens de réunion pre-,

(1) Nouveau diclionnaire de médecine et de chirurgie, t. VIll p. 729 et 730, 1 SfiS (Goi.i.oniox).

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