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PANSEMENT A I/ALCOOL

lée, et les choses sont remises en place ; ou bien on retire le lint] et l'on procède à un nouveau pansement (1). ^ ^

Le pus sécrété, ordinairement en assez grande quantité, s oppose aux adhérences du tissu-charpie avec les bords de la solution de continuité. D'ailleurs, quelques adhérences existent-elles, rien n'est plus facile que de les détruire avec un peu d'eau tiede.

Le taffetas gommé qui recouvre le pansement a le grand avantage d'empêcher l'évaporationdu liquide en contact avec la plaie, et surtout la putridité du pus. Aussi les pansements peuvent-ils être renouvelés plus rarement, au moins d'une manière relative.

Quand on panse les plaies, on doit essuyer doucement les bords de la solution de continuité, soit avec une éponge, soit, ce qui est préférable, avec du linge usé. Les chirurgiens anglais recommandent aussi de ne pas inonder d'eau la plaie, afin d'éviter toute modification nuisible au travail de cicatrisation.

Si la suppuration est très-abondante, le pansement est souvent renouvelé, ou bien on place sous la plaie une large toile cirée ; le pus qui s'écoule sur les téguments et sur la toile est essuyé fréquemment. En outre on peut ajouter à l'eau quelques principes styptiques ou astringents.

Du reste, d'après les auteurs anglais, ce mode de pansement à l'eau {waler dressing) empêcherait ces suppurations considérables qui épuisent les malades et les font rapidement succoniber.

L'atonie des surfaces bourgeonnantes, les fongosités grisâtres, sont combattues, comme en France, par l'usage dés stimulants; seulement ils sont ajoutés à l'eau qui sert au pansement ordinaire. Enfin, si la plaie s'enflamme, on utilise le pansement à l'eau tiède, ou bien les cataplasmes ordinaires.

Alcool. — Teintures alcooliques. — Eau-de-vie camphrée. — Employées dans le traitement des plaies parla plupart des anciens chirurgiens, les substances alcooliques tombèrent dans l'oubli vers la findu siècle dernier et furent presque complètement abandonnées pendant la première moitié du xix" siècle. Cependant, il faut bien le dire, les vétérinaires avaient conservé presque intactes les traditions des anciens chirurgiens, tout en simplifiant très-notablement leurs formules, et les teintures alcoohques, en particulier la teinture d'aloès, jouaient un grand rôle dans la thérapeutique des plaies chez les animaux.

En 1859, MM. Batailhc et Giiillet rappelèrent l'allention des

(1) Topinard, loc. cit., p. 61.

DES MÉDICAMENTS TOPIQUES

chirurgiens sur l'usage externe des alcooliques et publièrent successivement tro,s mémoires, résumés plus tard en^n seul Ces travaux firent naître les recherches expérimentales du professeur Nelalon recherches consignées dans les travaux de ses deux élèves Chédevergne et de Gaulejac (1864). Depuis les »an sements par l'alcool ou les composés alc-ooliques oTélé Snmentes par presque tous les chirurgiens, et l'on peut ajouter ciens' «'^^"^•'lis favorablement par la majorité des prati-

Le liquide employé pour ces pansements a varié quelque peu Batailhe recommandait l'alcool pur ou très-légèrement étendu d eau d autres ont préconisé l'eau-de-vie ordinaire, et, dans les hôpitaux, on s'est surtout servi de l'eau-de-vie camphrée marquant 1 8° à 20». Quelques chirurgiens, imitant les vétérinaires, ont conseillé l'usage des teintures de myrrhe, d'aloès fLecœur, Dehoux deSavignac). ^

La manière de faire le pansement à l'alcool est des plus simples : comme pour le pansement à l'eau, elle varie un peu selon que la plaie est récente et doit être réunie par des sutures, ou bien qu'elle est ancienne, ou vouée fatalement à la réunion 'par seconde inlenlion.

Dans les plaies récentes, comme dans les plaies d'amputation qu'on a l'intention de réunir primitivement, on doit laver la surface saignante avec de l'alcool pur ou légèrement étendu d'eau ; cette pratique a pour but d'arrêter définitivement le suintement sanguin, l'alcool coagulant avec rapidité les substances albuminoïdes. Dans quelques cas, ce lavage est assez douloureux, surtout si le liquide employé est de l'alcool concentré. Cet arrêt du sang obtenu, la plaie est réunie selon les règles, soit par des sutures superficielles, soit par des sutures profondes; un léger plumasseau de charpie imbibée préalablement de liquide alcoolique est placé sur la solution de continuité, et on le maintient par des bandes; souvent, comme pour le pansement à l'eau, on recouvre le tout d'une enveloppe imperméable empêchant l'évaporation du liquide. Pour les plaies qui suppurent, le pansement est aussi des plus simples ; le lavage de la solution de continuité avec le liquide alcoolique est indiqué ; puis les plumasseaux imbibés d'alcool sont placés méthodiquement, on les recouvre de coirlpresses et d'une toile imperméable, et l'on maintient tout l'appareil par des tours de bande.

(1) De Valcool et des composés alcool, en chirurgie, etc., mémoire lu à la Société médicale du Panthéon le 10 août 1859.

PANSEMLNT A L'ALCOOL.

Lorsqu'une plaie récenle et exposée à l'air est pansée avec l'alcool, sa surface se recouvre d'un enduit glutineux, vernissé, qui, dès le début, lui donne un aspect d'autant plus propre que tout écoulement sanguin est entièrement supprimé par l'action coagulante du pansement. Quelques jours après apparaissent la sérosité et le pus, toujours sécrété en petite quantité ; les globules de ce pus sont détruits, décomposés par l'alcool, et forment, avec la sérosité albumineuse exhalée de la surface traumatique, une sorte de croûte blancbâtre dans laquelle on peut rencontrer des globules sanguins. Soit que cette croûte reste très-mince, soit qu'elle se combine avec la partie la plus ténue de la charpie appliquée sur la plaie, elle forme une sorte d'enduit protecteur qui abrite les parties exposées et facilite leur cicatrisation. C'est alors, comme le fait remarquer M. Dubreuil, une véritable cicatrisation sons-crustacée, c'est-à-dire à l'abri du contactde l'air, ce qui est d'une importance capitale au point de vue des accidents qui peuvent venir compliquer les plaies.

Les bourgeons charnus qui recouvrent la solution de continuité sont petits, serrés, très-vasculaires, et n'offrent jamais ce développement anormal et cet aspect fongueux qu'on observe trop souvent. Le pus est, comme nous l'avons dit, sécrété en petite quantité, ce qui épuise bien moins les malades ; toutefois, celte diminution dans la sécrétion peut être telle que la plaie, tout en présentant un bon aspect, ne tende plus vers la cicatrisation. C'est là un écueil facile à éviter, et il suffit ordinairement d'étendre d'eau le liquide alcoolique pour que tout rentre dans l'ordre.

Grâce à ce mode de pansement, la réunion primitive des plaies serait plus fréquente, et d'autre part, les accidents qui viennent si souvent compliquer la marche des plaies exposées seraient exceptionnels ; telle est du moins l'opinion des chirurgiens qui ont préconisé l'emploi du pansement à l'alcool

Il est évident que son usage donne d'excellents résultats, surtout lorsqu'on vient à l'associer avec celui des antiseptiques, et en particuher des solutions pbéniquées, commenous le verrons ultérieurement ; mais croire que les anciens n'ont pas observé les accidents terribles qui peuvent suivre les plaies étendues, simplement parce qu'ils les panseraient à l'alcool (1 ) nous paraît singulièrement exagérer les propriétés thérapeutiques de cet agent et vouloir en faire une panacée chirurgicale.

(1) De Gaulejac, thèse de Paris, 1864, n" 160 (Conclusions, 1"),

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L'alcool a été encore employé à rextérieur comme révulsif et résolutif, par exemple dans les entorses, dans les tumeurs synoviales du poignet (Ilouzelot et Nélaton), dans l'hypertrophie de la mamelle (Brodie, Ibre), contre les épanchements des articulations, les contusions, etc.

Récemment le professeur Nélaton a préconisé l'emploi continu de compresses imbibées d'alcool à 40" pour prévenir ou arrêter le développement et l'inflammation des furoncles,

M. Chapelle, d'Angoulême (4), en fait usage dans le traitement des fissures à l'anus.

2° Irrigation.

Un autre mode de pansement et de traitement des plaies est Virrigalio7i, méthode qui consiste à faire couler sur la plaie une certaine quantité d'eau.

Ne voulant ni décrire, ni même passer en revue les nombreux appareils qui ont été imaginés pour faire les irrigations, nous nous contenterons de poser les principes à l'aide desquels on pourra toujours faire une irrigation.

Le lit du malade, les parties saines, doivent toujours être garantis de l'humidité, aussi le lit sera-t-il préservé par une toile cirée ou une peau d'animal (Josse). Autant que possible on placera la partie malade dans une gouttière métallique; un corps mou et susceptible de s'humecter doit recouvrir le fond de cette gouttière, et soutenir le segment du membre blessé. Dans tous les cas, l'appareil sera disposé de telle sorte que l'eau ne s'y accumule pas, ne filtre pas à travers et ne dépasse pas les bords de la gouttière pour aller inonder le lit. 11 faut noter dès à présent que cette dernière condition est toujours difficile à remplir, aussi l'irrigation continue n'est-elle applicable que pour les parties déjà assez éloignées de la racine des membres.

Lorsque la parlie malade aura été ainsi disposée dans la position qui lui est le plus convenable, elle sera couverte d'une compresse destinée à amortir la chute de l'eau et à la disperser sur une plus grande surface.

- L'appareil à irrigation se composera d'un vase qui doit contenir l'eau que l'on veut verser sur la plaie, d'i n tube qui amène l'eau jusqu'au voisinage de la partie blessée, d'un second vase pour recevoir l'eau qui aura baigné la partie ir alade. Quel que soit le

(1) Mémoire à l'Âcad. de médecine (séance du 23 décembre 1856).

IRRIGATIONS. ^'

S r présentent pas assez d'importance pour que nous nous y rêtfons' d autant plus que dans h pratique ordinaire on se sert des vases et des ustensiles que l'on a sous la main.

Je d JaT la même chose de la manière de fixer le vase qui ser de rés rvoir : ainsi on peut le mettre sur une chaise placée sur un meuble à côté du lit du malade, l'accrocher à un clou imnlanTé dans le mur, le fixer aux traverses du ht comme on le fait S'or na r"e dans le's hôpitaux; enfin on l'a mis sur une planche supportée par deux tréteaux. Quel que soit le procède usue, il Eoir s'oin de ne pas trop élever le vase afin que -u n se refroidisse pas pendant qu'elle tombe, e que le poids delà colonne de liquide ne soit pas trop considérable

Quant au volume du jet d'eau, il est important de le déterm ner - il doit être très-fin. Aussi conseille-t-oa de faire passer le liquide à travers un tube effilé à la lampe, de boucher 1 une des extrémités du tube qui amène le liquide avec un petit morceau d'épon^^e Le moyen de conduire l'eau qui nous a le mieux réussi, moyen d'ailleurs conseillé par Mathias Mayor, consiste à se servir d'une ficelle un peu plus fine que l'orifice du tube qui conduit l'eau • celle-ci filtrant le long de la ficelle peut être conduite facilement sur les divers points de la région malade. Si nous nous servions d'une fontaine à robinet, nous donnions au robinet une ouverture suffisante pour laisser écouler la quantité d'eau nécessaire, et nous recevions le filet d'eau sur une bande qui conduisait l'e liquide jusque sur le membre.

On emploie généralement aujourd'hui le tube-siphon [fig. 41), constitué par un tuyau de caoutchouc, offrant à l'une de ses extrémités un entonnoir de plomb destiné à plonger au fond du vase qui contient le liquide de l'irrigation, et à l'autre extrémité une sorte de canule percée d'une ou de plusieurs ouvertures. Un robinet sert à réglur l'écoulement du liquide.

A quelle température doit être l'eau qui sert aux irrigations? Est-il convenable, dans certains cas, d'employer de l'eau additionnée de quelque substance médicamenteuse? A la seconde question, nous répondrons tout de suite que l'eau pure, l'eau de fontaine suffit dans tous lès cas pour le but qu'on se propose dans les irrigations. On a conseillé l'addition d'eau-de-vie camphrée, afin de rendre l'évaporation plus rapide ; or ce liquide ne nous paraît pas, dans cette circonstance, avoir d'avantage réel ; il

DES MÉDICAMENTS TÔPiQlIES.

serait employé plus utilement si la plaie avait ua mauvais aspect e sécrétait un pus fétide. Nous proscrivons complètement l'emploi de 1 acétate de plomb, qui durcit rapidement les liages et les rend imperméables. ^

FiG. il. — Siphpn à irrigation.

Quant à la première question, elle ne présenterait pas plus de difficulté que la seconde, si les chirurgiens ne s'étaient pas prononcés d'une manière absolue, les uns pour les irrigations froides, les autres pour les irrigations avec l'eau tiède. Nous pensons que, suivant les indications, on doit varier la température de l'eau et ne pas employer exclusivement un procédé.

Beaucoup de chirurgiens ont cité de nombreux cas de guéri sons de^ contusions violentes, de plaies contuses, de plaies par armes à feu, obtenues par l'emploi des irrigatiom froides, mais les auteurs eux-mêmes qui en ont préconisé l'usage en signalent les inconvénients. Tous les blessés ne supportent pas également le froid, et parfois cet agent détermine chez eux des frissons et un malaise qui oblige à supprimer l'irrigation; Sanson a vu produire chez quelques blessés des douleurs intolérables, voire même le tétanos. Dans certains cas, les irrigations, d'abord bien supportées, deviennent incommodes, douloureuses môme aux malades. « Quelquefois, dit Sanson, elles empêchent tout à fait l'inflammation de se développer, au point qu'après douze ou quinze jours la plaie se trouve à peu près dans le même état qu'au moment de l'accident. » Gerdy, Velpeau, reprochaient à ce moyen de masquer souvent l'inflammation plutôt que de la prévenir et de l'éteindre, de rendre la suppuration fluide et de mauvais aspect, de ne pas même empêcher des fusées purulentes. En résumé, l'irrigation froide peut rendre de grands services dans certains

IRRIGATIONS

cas, mais elle n'a pas répondu aux avantages que 1 on en espérait ; Velpeau en borne l'emploi aux inflammations de la peau ou sous-cutanées et avant l'époque delà suppuration. Nélatonjl) s'exprime ainsi : « L'irrigation avec l'eau froide ne peut être employée comme une méthode générale de traitement. Tous les praticiens qui l'emploient la considèrent comme une méthode exceptionnelle spécialement applicable aux plaies conluses, et surtout aux plaies compliquées d'écrasement, qui, pour le membre supérieur, ne s'élèvent pas au-dessus du coude, et au-dessus du genou pour le membre abdominal. »

Ueau tiède a été également mise en usage pour les irrigations ; elle a trouvé, ainsi que l'eau froide, ses partisans exclusifs. L'irrigation faite avec l'eau tiède n'a pas l'inconvénient de causer des frissons ; elle n'est pas douloureuse, et les malades en éprouvent presque constamment un sentiment de bien-être.

« L'eau tiède, dit Sanson, jouit surtout de la propriété émolliente au plus haut degré. »

La plupart des chirurgiens qui ont préconisé l'eau pour combattre les inflammations ont eu en vue de soustraire le calorique morbide. « Si l'on réfléchit que l'on peut soustraire le calorique morbide et combattre l'inflammation avec une petite quantité d'eau froide, ou avec une quantité suffisante d'eau à une température moyenne, agréable au malade, en ne s'éloignant pas trop de celle du corps, à laquelle elle devra presque toujours être inférieure, on sera, je l'espère, plus disposé à admettre d'une manière générale que l'eau froide ne doit être employée qu'exceptionnellement (2). » Du reste, on comprend tout de suite que l'emploi de l'eau à cette température moyenne, qui varie généralement de 18 à 25 degrés, dépend de l'état du malade, de la saison, du climat, etc. On doit autant que possible se guider sur les sensations perçues par le patient, et d'ailleurs il faut varier le degré de température suivant les indications; on pourra ainsi profiter des avantages des irrigations, sans en avoir les inconvénients.

Combien de temps faut-il entretenir l'irrigation? C'est là une question dont la solution est du plus haut intérêt pour la pratique. Josse conseillait l'irrigation pendant quelques jours seulement; dans certains cas, toutefois, il la continuait pendant trente ou quarante jours. A. Bérard préconisait son usage pen-

(1) Traité de pathologie chirurgicale, t. I, p. 234, 2^ édit.

(2) Amussat, loc, cit.

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dant six à quinze jours (1) ; en général, on peut dire qu'on la prolonge jusqu'à ce que toute crainte d'inflammation ait disparu Brescliet continuait les irrigations jusqu'à ce que la plaie soit en voie de cicatrisation, mais souvent on est obligé de les aban. donner à cause des douleurs qu'elles occasionnent aux maladesce serait môme, pour Josse, un signe que l'action de l'eau cesse (1 être nécessaire. Cependant il ne faut pas se hâter de supprimer les irrigations, car Josse nous apprend que « trop souvent il a eu occasion de constater que la phlogose peut reprendre toute son intensité » . Il serait alors convenable, non pas d'abandonner entièrement l'emploi de ce moyen, mais d'élever graduellement la température du liquide jusqu'à ce que le malade n éprouve aucune sensation désagréable.

Les irrigations d'eau tiède seront faites pendant plus longtemps que les irrigations d'eau froide; quand il les supprime, M. Amussat leur substitue le pansement à l'eau, qu'il renouvelle souvent pour entretenir la plaie dans un état d'humidité constante.

Les irrigations continues peuvent encore être employées pour combattre les affections internes, celles de la vessie et de l'urèthre, etc.

Les irrigations continues ont été préconisées dans le traitement des affections chroniques de l'utérus,

Aran se servait d'un appareil assez analogue à la sonde à double courant; plus récemment, M. Maisonneuve a imaginé un irrigateur du vagin fort ingénieux, et qui remplit parfaitement toutes les indications, dont les plus importantes sont de faire arriver sur le col de l'utérus une quantité suffisante de liquide, et de permettre au liquide qui a baigné le col utérin de sortir facilement, afin d'éviter que le lit et les vêtements de la malade ne soient mouillés. Aussi les malades peuvent-elles faire ces injections dans leur lit, sur un canapé, sur une chaise longue : elles peuvent encore les prolonger aussi longtemps qu'elles le désirent et sans aucun aide.

L'appareil se compose : d'un cylindre o (fig. 42), centre commun auquel viennent aboutir trois tubes de caoutchouc vulcanisé.

Le premier de ces tubes 6 est destiné à amener l'eau des injections jusqu'au milieu c du cylindre, formant tête d'arrosoir : il présente un robinet dans un point de son étendue et un entonnoir de cristal à son extrémité libre. Le deuxième de ces

(I) A, Bérard, De l'eau froide comme antiphlogislique dans le traitement des maladies chirurgicales. In-8, 1834.

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tubes d, qui commence au poiut e, reçoit l'eau qui a servi a rinjection et la conduit dans un réservoir inférieur.

Pour bien faire comprendre l'emploi du troisième tube f, il faut décrire avec quelques détails le cylindre a et l'enveloppe dont il est garni.

Ce cylindre, d'un diamètre de 1 5 millimètres, est recouvert d'une ampoule de caoutchouc vulcanisé qui ne change rien à ses proportions dans l'état de vacuité, mais qui, par l'insufflation, peut acquérir un volume considérable, ainsi que le représente la ligure 42,-2.

IG. 42. — Irrigaleur du vagin.

L'insufflation se pratique au moyen de l'insufflateur de caoutchouc vulcanisé g ; le robinet h a pour but de maintenir l'air, soit dans l'ampoule, soit dans l'insufflateur, suivant que l'appareil est ou n'est pas en place. Par cette disposition de dilatabiUlé et de reirait facultatifs de l'ampoule de caoutchouc vulcanisé, le cylindre s'introduit avec la plus grande facilité ,• une fois placé, il peut acquérir un diamètre de 6 à 7 centimètres, et reprendre son premier volume au moment du retrait.

Pour faire fonctionner l'instrument, on prend les' dispositions suivantes: Un réservoir /, rempli du liquide destiné à l'irrigation,

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est disposé à la hauteur d'un demi-mètre environ au-dessus du lit de la malade; un second vase; vide est placé par terre auprès du lit. L'air de l'ampoule de caoutchouc vulcanisé est expulsé en comprimant celle-ci avec la main, et quand elle est vide, on ferme le robinet h du tuyau insufflaleur. On prend dans la main gauche le cylindre et l'entonnoir ; on ouvre le robinet du tuyau d'arrivée. On verse ensuite de l'eau dans l'entonnoir jusqu'à ce qu'elle sorle par la tête d'arrosoir du cylindre, on ferme le robinet et on plonge l'entonnoir (siphon) dans le réservoir qui contient l'eau destinée à l'irrigation. Ouvrant alors le robinet du tuyau d'arrivée, on s'assure que l'instrument fonctionne bien. Le cylindre 0 et son ampoule sont alors trempés dans de l'eau pure, ou, mieux encore, dans une décoction de guimauve ou de graine de lin pour faciliter leur introduction qui peut être faite par la malade elle-même, couchée sur le dos. Le tuyau de départ est ensuite dirigé dans le vase inférieur, où le maintient le plomb fixé à son extrémité libre.

Ceci étant fait, on gonfle l'ampoule en pressant sur le réservoir d'air, après avoir ouvert le robinet du tuyau insufflateur que l'on ferme ensuite pour maintenir l'ampoide distendue ; il ne reste plus alors qu'à ouvrir le robinet du grand tuyau d'arrivée : l'eau coule, remplit le vagin, et, trouvant un obstacle à sa sortie dans l'ampoule distendue, elle passe par le tuyau de départ et tombe dans le récipient inférieur.

Lorsqu'au lieu d'une cuvette, d'un seau, etc., on emploie une fontaine d'office en guise de réservoir supérieur (fig. 42, 3), on supprime l'entonnoir de cristal, et l'on adapte directement l'extrémité du tube de caoutchouc vulcanisé au robinet de la fontaine.

11 va sans dire que, dans ces divers cas, on peut faire des irrigations avec un liquide chargé de principes médicamenteux.

Pour faire des irrigations dans la wssie, on se sert d'une sonde à double courant, cette sonde est creusée de deux canaux parallèles, l'un sert à l'entrée du liquide qu'on introduit dans la vessie, l'autre sert à sa sortie.

Dernièrement, M. Reliquet a fait construire par MM. Robert et Colin un instrument destiné à faire des irrigations continues dans le canal de l'urèthre et dans la vessie.

L'appareil se compose : 1° d'une sonde de gomme (fig. 43,3), ayant un diamètre de 3 millimètres, des parois très-minces, et présentant à son extrémité externe un petit entonnoir métal

IRRIGATIONS

Fio. 43. — In-igaleur de l'ui-èllii-e.

présente un rebord saillant destiné à retenir une rondelle de caoutchouc dont la partie libre se rétracte sur la sonde et comble ainsi l'intervalle qui existe entre celle-ci et l'orifice du pavillon. La face convexe du cône olTre dans les deux tiers de sa hauteur de larges ouvertures, enfin la circonférence de la base du cône

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se continue sur le côté avec un tube (fig. 43, 1 , D) chargé de faire communiquer la cavité f!u pavillon avec un tuyau de caoutchouc (fig. 43, 1, E) destiné à conduire le liquide dans un vase.

On introduit la sonde dans l'urèthre, à une profondeur variable selon le besoin, puis on pousse le pavillon dans l'ouverture extérieure de l'urèthre jusqu'à ce qu'il soit recouvertpar les lèvres du méat. Le courant liquide établi en ouvrant le robinet G (Dg. 43, 1), l'eau simple ou médicamenteuse sort par les yeux de la sonde', s'engage dans le canal, remonte jusqu'au pavillon, puis s'écoule parjes orifices du cône obturateur et par le tube abducteur E (fig. 43, 1).

Si la sonde est introduite dans la vessie, l'irrigation n'est plus continue, et il faut fermer le robinet du tube G pour permettre au malade d'uriner périodiquement ; le liquide chassé entre la sonde et le canal arrive au pavillon et s'écoule toujours par le tube E. D'autres précautions doivent être encore prises pour l'irrigation des portions membraneuse et prostatique de l'urèthre, mais nous ne pouvons y insister ici (1).

Les irrigations ont encore été préconisées dans le traitement des affections oculaires, et en particulier dans l'ophthalmie purulente. On peut les faire d'après le système employé pour irriguer les membres. M. Chassaignac se servait alors d'un entonnoir pouvant contenir 2 litres de liquide et se terminant par un bec fin muni d'un robinet. Le malade est couché sur le dos, l'entonnoir est fixé aux barres transversales du lit ; on a soin d'abriter celui-ci en plaçant sous les épaules et la tête du malade une large toile cirée. Dans le cas où l'on doit irriguer les deux yeux, on fait tomber le courant sur le dos du nez, de façon qu'il se partage en deux autres petits courants, correspondant à chaque oeil.

D'ailleurs on peut, au lieu de se servir d'un entonnoir, employerun irrigateur ordinaire, comme l'a préconisé M. R.Marjolin. Ces moyens simples doivent être généralement préférés à tous ceux qui nécessitent l'usage d'appareils spéciaux comme ceux de Margoulliès (2), de Follin, etc.

Les irrigations dans les cavités nasales, dans le conduit auditif externe, dans la bouche, dans le pharynx, n'offrent rien de particulier, et se font, soit avec une seringue ordinaire, soit avec

(1) Voyez Reliquet, Traité des opérations des voies urinaires, partie, p. 194. Paris, 1869,

(2) Dull. dcl'Acad. de médecine, 1854, t. XX, p. 54.

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