‹ Manuel de petite chirurgie [electronic resource]Chapitre 152 sur 256 · SUTURE A POINTS PASSÉS · texte numérisé non relu

SUTURE A POINTS PASSÉS

solution de continuité. Puis on traverse avec l'aiguille les deux lèvres de la plaie, l'une de dehors en dedans, l'autre de dedans en dehors, mais en sens inverse des piqûres précédentes, c'està-dire de gauche à droite, si le premier point de suture a été fait de droite à gauche. On continue ainsi jusqu'à ce que les lèvres "de la plaie soient rapprochées dans toute leur longueur. On a prétendu qu'elle étranglait moins que la suture en surjet, qu'elle facilitait la réunion des parties sous-cutanées; mais elle soutient moins bien les lèvres de la solution de continuité.

M. le professeur Verneuil a proposé une espèce de suture en

Fie. 318, — Suture à points passes.

faufii qui donne exactement les mêmes résultats que celle que nous venons de décrire, mais qui offre cet avantage incontestable, à savoir, que les lils ne pénètrent pas dans l'intérieur de la plaie. Ainsi le fil pénètre dans les tissus parallèlement à l'axe de la plaie, et son trajet est donc à une certaine distance des bords de la solution de continuité, tandis que les fils obliques se trouvent à la surface. En somme, cette suture est absolument l'inverse de la suture précédente.

L'aiguille est plongée sous les tissus, et conduite parallèlement à l'axe de la plaie, elle sort à la distance voulue ; le fil est ensuite conduit obliquement de l'autre côté de la solution de continuité où l'aiguille traverse de nouveau les tissus, ainsi qu'il a été dit plus haut.

Sous le nom de suture mixte el en faufil, M. Berlherand décrit une espèce de suture fort ingénieuse. Il passe, de chaque côté de la plaie, et à 1 centimètre de la solution de continuité, ua /il qui, traversant les tissus de part en part, forme une anse dans laquelle on peut engager un bout de soude, un tuyau de plume, etc., qui, parallèle à l'axe de la plaie, doit servir de support. Le nombre de ces anses est proportionné à la longueur de la solution de continuité. Puis il passe, perpendiculairement à la plaie, un long fd qui part en dehors de l'un des supports et va sortir au delà de celui du côté opposé. Ceci fait, il noue les anses de iil de manièie à fixer les supports; puis il noue chaque fil transversal qui, embrassant les supports en dehors, rapproche les lèvres de la solution de continuité sans exercer sur elle aucune espèce de traction qui puisse lui être préjudiciable.

e. Suture en bourse. — Cette espèce de suture, due à Dieffenbach, n'est employée que pour réunir les bords d'une plaie d'une petite étendue et avec perte de substance; elle a été surtout appliquée pour obtenir l'occlusion des fistules stercorales, uré- Ihrales, parolidiennes, etc. Elle n'est possible que dans les régions où la peau est mince et assez mobile pour pouvoir se froncer comme l'ouverture d'un sac.

Après avoir avivé les bords de la solution de continuité, on enfonce une aiguille armée d'un fil à travers les téguments à une certaine distance des bords de la plaie ; l'aiguille est conduite parallèlement à ceux-ci, et sort bientôt pour former un premier point à une distance égale de celle qui sépare l'ouverture d'entrée de l'ouverture de sortie ; on enfonce de nouveau l'aiguille toujours en suivant la direction des bords de la plaie, en formant un cercle si la plaie est circulaire ; on continue jusqu'à re que le fil soit arrivé au point de départ. On saisit alors les deux chefs, on exerce sur eux des tractions comme on le ferait sur les cordons d'une bourse, la peau se fronce, les surfaces saignantes se mettent en contact.

f. Suture enlorlillée (fig. 31 9). — Pour faire cette suture, on prend plusieurs aiguilles métalliques, qui doivent rester à demeure dans la plaie, et un long fil ciré. On introduit une des aiguilles à une des extrémités de la plaie, en l'enfonçant d'un côte de dehors en dedans, de l'autre de dedans en dehors. Pour introduire facilement les épingles à travers les tissus, on les graisse avec un peu de cérat ou d'huile, et l'on se sert d'une pince a

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