‹ Manuel de petite chirurgie [electronic resource]Chapitre 162 sur 256 · LIGATURE · texte numérisé non relu

LIGATURE

coaguler le sang à une certaine hauteur, quelquefois jusqu'au niveau de la première collatérale (1 ) ,

Le fil qui doit servir à faire une ligature doit être assez volumineux pour que la tunique externe ne soit pas coupée; il ne doit pas être trop gros, car il ne romprait pas les tuniques interne et moyenne, et l'on courrait le risque de ne point voirie vaisseau s'oblitérer.

Lorsqu'un vaisseau est lié, il se passe, au bout d'un certain temps, dans la partie sur laquelle la constriction a été faite, un travail d'élimination; la ligature tombe : cette espèce de ligature a été désignée sous le nom de ligature permanente. Lorsqu'elle est appliquée sur un vaisseau sain, il est excessivement rare que l'oblitération ne soit pas lerésultat deson application. On a craint, il est vrai, la mortification du vaisseau avant son oblitération;' mais il est parfaitement démontré que, dans la plupart des cas, le caillot est formé au plus tard vers le quatrième ou le cinquième jour, et que la ligature ne tombe que du dixième au vingtième jour.

Si l'artère était malade, le vaisseau se romprait beaucoup plus tôt, le caillot se formerait mal, et une hémorrhagie consécutive serait à craindre.

C'est précisément dans le but de prévenir les hémorrhagies consécutives qu'on a apposé des ligatures dites ligatures d'attente • elles étaient appliquées afin de serrer un peu le vaisseau et de diminuer la colonne sanguine qui vient frapper la ligature et elles étaient aussi destinées à être serrées fortement, si ime hémorrhagie consécutive venait à se déclarer. Mais, outre qu'elles irritent la plaie en y laissant plusieurs corps étrangers, ces ligatures ont l'inconvénient d'enllammer le vaisseau sur les points ou elles sont appliquées; aussi sont-elles à juste titre abandonnéf s.

Quant aux ligatures temporaires, c'est-à-dire celles qui sont appliquées pendant quelques heures par exemple, elles paraissent avoir, dans beaucoup de circonstances, déterminé l'oblitération des artères sans rupture du vaisseau ; et si quel.|uefois elles ont txhoue, on a attribué cet insuccès aux tiraillements que l'on taisait éprouver au vaisseau en détachant la ligature? ^ Les anciens comprenaient quelquefois entre l'anse de fil une épaisseur plus ou moins grande de parties molles, ou bien ils passaient sous le vaisseau une épingle qui traversait les légu-

c.m1 '^^°'f"'^*=^,P°"''plusde détails les Traités classiques. Yoyezau^si Cocteau, Ihcse de Paris, 1867, a" 40. vujez aussi

1)K L'HÉMOSTASE.

menls de part en part, cl serraient toutes les parlies molles, au moyen d'un fil qui embrassait alternativement les deux extrémités de l'épingle ; celte pratique, désignée sous le nom de ligature médiale, est abandonnée aujourd'hui.

Les ligalurrs doivent être immédiatement appliquées sur les vaisseaux; aussi faut-il isoler ceux-ci avec soin et éviter de comprendre dans l'anse du fil les veines et les nerfs qui accompagnent l'artère.

Quant aux doubles ligatures, elles doivent être mises en usage, lorsqu'on craint de voir l'iiémorrhagie revenir par le bout inférieur du vaisseau sectionné; dans toute autre circonstance, elles sont inutiles.

Les ligatures se font tantôt sur l'extrémité d'un vaisseau divisé ; d'autres fois sur la continuité d'un vaisseau divisé complètement ou incomplètement ; dans tous les cas, elles doivent être perpendiculaires à son axe.

Lorsque le vaisseau est divisé complètement et qu'on en fait la ligature dans la plaie, le chirurgien en saisit l'extrémité au moyen d'un lénaculum (fig. 3 '2 8) pour les très-petits vaisseaux et

FiG. 328. — Tcnaculum.

le plus souvent d'une pince à disséquer ou d'une pince à ligature, en appliquant chacun des deux mors de la pince sur deux points opposés de l'axe de l'artère, et en les rapprochant de manière à mettre les deux faces internes du vaisseau en contact. Lorsque toutes les parties molles ont été séparées aussi bien que possdile, un aide, muni d'un fil ciré, passe la partie moyenne de celui-cr sur une des faces du vaisseau, ramène les doux chefs sur 1 antre face, fait un premier nœud qu'il serre en introduisant les deux doigts indicateurs ou les deux pouces dans le fond de la plaie, et en pressant les deux fils à l'aide de la face palman-e des doigts : il peut ainsi serrer convenablement le fil, sans exercer de tractions sur le vais?oau. La constriclion doit Aire assez forte pour

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