‹ Manuel de petite chirurgie [electronic resource]Chapitre 161 sur 256 · TORSION · texte numérisé non relu

TORSION

de deux des doigts de la main fatiguée ; puis, quand ceux-ci seraient bien appliqués, il retirerait celte derni'ère. Il pourrait encore soutenir les doigts qui compriment en pesant avec ceux de l'autre main ou mieux en faisant agir sur eux par les doigts d'un second aide ; car il est préférable d'avoir une main en sentinelle, afin d'explorer le vaisseau et d'être plus prompt à le saisir si, par un mouvement inopportun du malade ou par toute autre circonstance, on venait à lâclier la compression. '

On peut encore exercer la compression au moyen d'une pelote en forme de cathet ; toutefois ce moyen ne doit être appliqué que quand le vaisseau est extrêmement profond et que la compression doit être considérable ; dans ce dernier cas, le garrot, le tourniquet et le compresseur peuvent aussi être mis en usage.

Lorsque l'on veut employer la compression latérale médiate comme moyen hémostatique définitif, on applique sur le vaisseau une compresse graduée que l'on fixe au moyen d'un lien circulaire. 11 va sans dire que dans ces conditions il est toujours nécessaire de rouler un bandage spiral depuis l'extrémité du membre jusqu'au-dessus du point où s'exerce la compression.

Préférable sans coHtredit à la compression latérale immédiate la compression latérale médiate est encore un mauvais moyen quand elle doit oblitérer définitivement les artères; en eifet, elle est douloureuse, elle comprime en même temps les veines collatérales, peut même les enflammer, et détermine des engorgements des extrémités que le bandage spiral le mieux appliqué ne peut prévenir. ' '■

la compression directe, amsi que nous l'avons déjà dit est un mauvais moyen pour arrêter les hémorrhagies ; cependant on peut 1 employer comme moyen hémostatique provisoire dans les opérations et alors les doigts d'un aide sont suffisants : celui-ci place un doigt sur l'orifice des vaisseaux sectionnés par l'opérateur. Ce procédé, recommandé par J, L. Petit dans l exlirpanon de quelques tumeurs vasculaires, n'est guère applicable que dans les points ou les tissus sectionnés sont placés sur un plan osseux résistant. ^

S» Torsion. ^ Cette opération, préconisée surloul nar

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cMrcmite du vaisseau et à le tordre plusieurs fois sur lui-même

(1) De la torsion des artères. Paris, 1829^

M L'HÉMOSTASL.

avec uuc pince spéciale dite pince à torsion. Celle-ci présente des mors beaucoup plus larges que ceux de la pince ordinaire, de plus elle est pourvue d'une espèce de petit verrou qui glisse sur une des faces de la pince et s'engage dans une petite mortaise creusée dans l'épaisseur de l'autre branche de la pince. La torsion peut ôlre libre ou limitée.

I.a torsion libre consiste à saisir avec une pince l'extrémité d'une artère et à la tordre plusieurs fois. Elle n'est guère applicable qu'aux petits vaisseaux et a l'inconvénient d'étendre quelquefois très-loin la lésion des tuniques artérielles. Cependant elle a été préconisée dans ces derniers temps par M. Tillaux, qui l'a utilisée avec succès dans les grandes amputations.

La torsion limitée est applicable aux artères d'un plus gros calibre. Pour la pratiquer, on saisit avec une pince l'extrémité du vaisseau, on l'attire au dehors de la plaie, on le saisit en travers à une certaine distance de son extrémité avec une j autre pince, puis on lord toute la partie qui est au delà de la seconde pince. Elle offre sur la méthode précédente l'avantage de limiter la déchirure des tuniques moyenne et interne du vaisseau.

Je ne parlerai pas d'une multitude d'opérations abandonnées . aujourd'hui que l'on a pratiquées sur les artères, afin d'arrêter l'écoulement du sang : tels sont la mâchure, le refoulement, le froissement, Varrachemenl, eic; comme la torsion, ces divers j procédés agissent en lésant les deux' tuniques internes du vaisseau.

6" Ligature. — C'est le plus simple et le plus sûr de tous les moyens hémostatiques.

La ligature se fait au moyen d'un fil de chanvre, de lin, de soie, assez. solide pour qu'il ne se brise pas en serrrant l'artère. On a imaginé des ligatures faites avec des substances animales, considérées comme absorbables, afin que la réunion par première intention puisse être possible. Cooper, par exemple, a obtenu avec un morceau de boyau de chat l'absorption de la ligature; toutefois les ligatures tirées du règne animal ont été généralement abandonnées aujourd'hui.

Les ligatures exercent sur les vaisseaux une constriction cn'culaire qui empêche le sang de passer; par suite de la rupture des tuniques moyenne et interne, il sefait un caillotobturatcuret

il se développe une inflammation, sous l'influence de laquelle une lymphe plastique s'épanche à l'extrémité des vaisseaux et fait

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