CHAPITRE V
VÉSICATOIRES
Les vésicatoires sont volants ou permanents.
Le vésicaloire volant est celui qui est appliqué dansie but soit d miter la peau, soit de déterminer une évacuation plus ou moins grande de sérosité (Velpeau). Dans tous les cas, le vésicatoire volant ne doit point suppurer, ou du moins aussitôt que la vcsication est produite, on doit favoriser la cicatrisation de la
Le vésicaloire permanent, au contraire, doit déterminer une moins'lo"n'°""°"'' s"PP">'er pendant un temps plus ou
§ B. — Téiitcntoîrcs volnniti.
Certains praticiens ont appelé vésicatoire volant celui qui ne
des pii yctenes; d autres, et c'est cette opinion qui me paraît préférable, ont appelé ainsi le vésicatoire q'ui ne litTas sup!
Quand on pose un emplâtre vésicant pour obtenir un vésica- .re volant, on le laisse, en général, moins long.emp appi qué sur a peau que quand on veut produire un vésicatoire {ermanen ; cependant il n'y a pas grand inconvénient à leW pendant un temps aussi long.
rh^''v'Tr ''-"^1'^"' vésicalion est beaucoup plus rapide chez 1 enfant que chez l'adulte; chez ces derniers il ."e faùîVas
La t'n so ri'n'' ^t"' vingt-quatre heures p .^ q'"
proÏÏsonerf ' \""'^'' ''''' ^'^"f^"' ^« vésicatoire
San, r, 1^ '"^'"^ deux heures. On ne
sau a t donc recommander trop de surveillance, surtout chez les enfants tres-jeunes. Il faut savoir encore que chez renfant '.c
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La phlyctène étant produite, on évacue la sérosiié
JAMAIN. — Peliic cliir., 50 d.lit.
VÉblCATOIHES.
■ Il est à remarquer que la seconde méthode di(rôre beaucouii de la première. Quand on enlève l'épidcrme, bien que la cicatrisation ne se fasse pas plus longtemps attendre, qu'elle soit même quelquefois moins longue, la plaie étant tout à coup au contact de l'air, le malade éprouve une douleur excessivement vive que l'on peut éviter avec quelques précautions.
Il arrive souvent que les sujets sont très-irritables et qu'il faut user de grandes précautions pour enlever l'épiderme, opération excessivement douloureuse. 11 est bon d'appliquer alors sur le vésicatoire un cataplasme émollient ; l'épiderme se détache le lendemain avec une facilité beaucoup plus grande, et l'on panse avec du linge ou un papier brouillard enduit de cérat. On emploie aussi le beurre frais ; mais il ne larde pas à rancir et à produire une irritation qui retarde la guérison. Quand on ne veut pas enlever l'épi Jerme, on perce, avec une lancette ou avec des ciseaux, la phlyctène dans le point le plus déclive, pour donner issue à la sérosité accumulée au-dessous, et l'on faille pansement comme il a été dit plus haut. Dans les deux cas la guérison ne se fait pas longtemps attendre ; trois à six jours sont le plus souvent suffisants.
Douglas Maclagan prescrit un mode de pansement qui épargne des douleurs aux^nalades, et rend très-rapide la guérison des vésicatoires. Voici comment il procède :
Après avoir laissé l'emplâlre en place pendant le nombre d'heures suffisant pour produire la vésication, il l'enlève et le remplace par un cataplasme demie de pain et de lait, qu'il laisse appliqué pendant deux heures. Lorsque le cataplasme est enlevé, si l'épiderme ne se déchire pas de lui-même, on le déchire de manière à donner issue au liquide, puis on recouvre immédiatement la plaie avec une épaisse couche de coton. Si au bout de quelques heures cet appareil est imbibé par la sérosité qm s'ecoule du vésicatoire, on en enlève le plus qu'on peut sans détacher 1 epiderme, cl on le remplace par une nouvelle couche de colon. Lorsqu'un nouvel épiderme s'est formé, celui que le vesicaloire avait soulevé vient avec le coton et l'on trouve au-dessous de lui une surface cicatrisée lisse et polie.
Le premier pansement d'un vésicatoire mente une grande attention : en eiïel, la méthode de pansement sera le plus souvent subordonnée à la maladie que le vésicatoire s^-a destine a combattre. Si l'on veut, comme Le fait remarquer Marlin-Solon, sortir le malade d'un étal comateux profond, il faut, après avoir incisé la circonférence de la vésicule cl même sans celle précaution saisir l'épiderme et l'enlever rapidement. La douleur causée
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par le contact subit de l'air et des pièces du nouveau pansement sur les houppes nerveuses du derme excite fortement le système nerveux, cause un ébranlement saltilaire, renouvelle et augmente la fluxion sur la surface du vésicatoire. Lorsqu'au contraire la douleur causée par la vésication est suffisante et qu'il faut en épargner de nouvelles au malade, on incise circulairement la vésicule pour faire sortir la sérosité, et l'on applique par-dessus l'épiderme une compresse enduite de beurre ou de cérat que l'on a eu la précaution de cliauffer pour mettre la température en rapport avec celle de la peau.
^ Si au moyen de ce vésicatoire on veut obtenir l'évacuation d'une certaine quantité de sérosité, de manière à déterminer une émission séreuse, comme le professait Velpeau,la grandeur du vésicatoire dort dépasser la partie malade de quelques centimètres dans tous les sens.
Les pansements consécutifs des vésicatoires volants sont excessivement simples. Un linge, un morceau de papier brouillard enduit de cérat, suffisent dans tous les cas; au bout de deux ou trois jours, l'épiderme soulevé par la sérosité se détaclie : ce fait ne présente aucune indication particulière, car à cette époque la surface dénudée, si elle n'est pas tout à fait cicatrisée, n'est plus douloureuse. Au bout de quatre ou cinq jours la cicatrisation est généralement complète.
Les vésicatoires volants ne laissent point après eux de cicatrice; toutefois ils peuvent déterminer une coloration plus foncée de la peau, une sorte de tache pigmentaire persistante (Robert) 11 arrive quelquefois qu'au lieu d'une seule phlycténe remplie dune sérosité citrine, il en existe plusieurs, soit que les adhérences de l'épiderme avec le derme n'aient pas été complètement détruites, soit que l'irritation de la surface cutanée n'ait pas ete partout égale. Il faut alors ouvrir toutes les phlyctènes les unes après les autres, et faire écouler la sérosité comme nous ! avons dit tout h l'heure.
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Les véHicaloires pcrmaneiils sont ceux qui doivent suppurer Les premiers pansements du vésicatoire permanent sont exacte- 'nent les mêmes que ceux des précédents, seulement il faut toujours avoir soin d'enlever l'épiderme. Cependant, si chez des
^'^'-g-^ laisser l'épi- 'I .me, ,1 ne faudrait pas trop s'en préoccuper, car on peut l'en-
VÉSICATOIRES
lever le lendemain : alors il se détache avec facilité et sans causer de douleurs trop vives.
Les pansements consécutifs sont généralement renouvelés toutes les vingt-quatre heures et sont principalement faits le malin ; les malades et les personnes qui les entourent sont moins gênés par l'odeur qu'exhalent toujours les vésicatoires, même ceux qui sont traités avec le plus grand soin . Ces pansements se font avec de la pommade aux cantharides, ail garou, à la sabine, en un mot, avec une pommade irritante, ou bien avec des taffetas irritants préparés à l'avance. La pommade à la sabine est spécialement employée en Angleterre; en France, on se sert plutôt de pommade aux cantharides ou au garou. Je ne m'arrêterai pas à décrire ces diverses pommades ; je dirai seulement que la pommade épispastique verte, qui contient des cantharides en nature, est la plus active, et qu'elle agit davantage sur les voies urinaires ; que la pommade épispastique jaune a une action moins énergique que la précédente, ne renferme que le principe actif de la cantliaride, et, par conséquent, n'irrite pas autant la vessie que la précédente ; enfln que la pommade au garou est la moins active de toutes. Quant aux taffetas et aux papiers vésicants préparés à l'avance, ils sont fort commodes, produisent le plus souvent tout l'effet désirable. Bien plus, lorsque les vésicatoires sont trop douloureux, on leur incorpore de l'extrait d'opium ou de belladone, afin de calmer l'irritation. On a aussi préparé des papiers vésicants plus actifs les uns que les autres, et pouvant être employés selon les indications.
Comme le vésicatoire permanent doit suppurer quelquefois pendant longtemps, il faut faire aitention à plusieurs particularités. D'abord on empêchera l'emplâtre qui doit déterminer la vésicalion, ou les pièces d'appareil qui supportent la pommade, de se déplacer. On y arrive en les maintenant solidement fixées avec des bandelettes de diachylon qui viennent se croiser sur le milieu de l'emplâtre. Il faut encore prendre soin de ne pas irriter la peau saine qui est autour du vésicatoire, car il pourrait arriver que l'action de la pommade épispastique fût assez considérable pour déterminer la vésication des téguments, et alors le vésicatoire s'agrandirait outre mesure. On évite facilement cet accident en taillant dans un linge une lunette de la grandeur du vésicatoire, et en appliquant le papier brouillard enduit de pommade par dessus la lunette; de celte manière, il n'y a que la surface que l'on veut faire suppurer qui soit en contact avec la pommade, et la peau environnante se trouve complètement garantie par la lame de linge.