CAUSTIQUE À LA GUTTA-Î^ERCHA
Sulfate de cuivre Alun de potasse.
30 grammes.
Quand la fusion est complète, il suffit de couler le mélange dans une lingotière pour obtenir les crayons.
D'autres caustiques sont appliqués en poudre sur des fongosités : tels sont \e deulochlorure de mercure, Vacide arsénieux, le nitrate de mercure; mais ils sont le plus souvent employés à l'état mou, ou en solution. Nous ne nous arrêterons pas davantage sur ces caustiques, nous dirons seulement que les anciens se servaient fréquemment de trochisqiies de minium, de précipité rouge, etc. , qu'ils plaçaient, soit dans les fistules, espérant en détruire les callosités ; soit dans les tumeurs cancéreuses, afin d'amener la destruction du tissu anormal par la cautérisation.
d. Caustique à la gulta-percha et au chlorure de zinc. — L'ablation des tumeurs par les caustiques a préoccupé vivement les chirurgiens dans ces derniers temps; ils avaient surtout en vue de prévenir les érysipèles et les hémorrhagies. Ce n'est pas ici le lieu d'examiner les avantages et les inconvénients de ce mode opératoire, nous n'avons pas non plus l'intention do discuter la question de priorité pour tel ou tel procédé, nous nous contenterons d'exposer le modus faciendi et de signaler la substance employée pour obtenir la séparation de la tumeur. Nous exposerons donc dans ce paragraphe la méthode de MM. Maunoury et Salmon, c'est-à-dire l'application du caustique à la gulta-percha et au chlorure de zinc, et, dans le paragraphe suivant, nous examinerons cette espèce de cautérisation que MM. Girouard et Maisonneuve ont généralisée sous le nom de cautérisation en flèches.
Le caustique de MM. Maunoury et Salmon est constitué par la combinaison à la gulta-percha d'une quantité de chlorure de zinc proportionnée à la puissance que l'on veut donner au caustique, c'est-à-dire à l'effet que l'on veut produire. Le caustique préparé est taillé en lanières- à l'aide desquelles on embrasse la tumeur dont on veut faire l'ablation. C'est à l'aide de lanières semblables que ces auteurs ont fait la section de toutes les parties molles d'un membre, afin d'en pratiquer l'amputation.
Leur manière de procéder est simple : ils commencent par escbariner la peau à l'aide du caustique Filhos solidifié; le caustique est laissé en place pendant dix minutes à un quart d'heure, les parties voisines sont protégées par deux bandelettes de linge enduites d'onguent de la mère ; lorsque la peau est peu épaisse,
CAUTÉRISATION
on se contfute de promener le crayon jusqu'à la gélatinificatiou lies téguments. Dans le fond de l'eschare on place une lanière de caustique ayant à peu près le tiers de la largeur de l'eschare. Dans les séances suivantes, la partie escliarifiée est durcie et déprimée assez profondément; sur celle-ci, on fait avec des ciseaux une ouverture dans laquelle on passe une des lames de l'instrument et l'on coupe sans effusion de sang, puis on continue à placer des lanières caustiques jusqu'à ce que la tumeur soit détachée.
S'il s'agit de détruire des muscles, quand on veut pratiquer une amputation par exemple, comme le chlorure de zinc n'a qu'une action pénétrante légère, on fait avec un cylindre de caustique Filhos ou de potasse, fixé dans un porte-nitrate, des trouées profondes au sein de ces parties, à 1 ou 2 centimètres de distance l'une de l'autre ; dans chaque (rouée on place des clous de caustique au chlorure de zinc et l'on a|)plique de nouvelles lanières. On continue ainsi jusqu'à ce que l'on soit arrivé jusqu'à l'os. Si la partie qui doit être détruite renferme une artère volumineuse, celle-ci est ménagée, c'est-à-dire que le caustique n'est appliqué qu'à une certaine distance du vaisseau, et lorsque toutes les parties molles ont été séparées, l'artère est coupée et liée, enfin on procède à la section de l'os à l'aide de la scie.
Cautérisalion en flèches. — La cautérisation en flèches, dit M. Maisonneuve, diffère essentiellement de tous les autres modes de cautérisalion, eu ce que le caustique, au lieu d'être appliqué à l'extérieur des tissus, et d'agir sur eux de dehors en dedans, est, par une manœuvre spéciale, porté d'emblée dans leur profondeur, de manière à opérer leur destruction de l'intérieur à l'extérieur.
Choix du caustique. — Tous les caustiques solidifiables peuvent à la rigueur remplir le but que nous signalons. Mais celui qui est préféré de beaucoup à tous les autres est la pâte de Canquoin, qui joint à une grande puissance hémostatique l'avantage de n'avoir aucune propriété toxicjue, et de se prêter avec une facilité merveilleuse à toutes les formes et à tous les degrés de consistance que l'on peut désirer. Cette pâte est composée, comme chacun sait, de :
Chlorure de zinc. .
Fiirine de froment Eau
1 partie.
3 parties, q. s.