CAUSTIQUES SOLIDES
caustique gros comme une lête d'épingle au plus, et oii les recouvre d'un pluniasseau de cliarpie, afin que le liquide qui résulte de la liquéfaction de la potasse ne fuse pas sur les parties latérales et n'aille pas les cautériser. Toutes ces parties sont maintenues en rapport avec une plus large pièce de diacliylon, et l'on applique l'appareil ainsi disposé sur l'abcès que l'on veut ouvrir. Au bout de peu de temps on a produit, de cette manière, une eschare allongée et à laquelle on a pu donner une direction déterminée. Bientôt cette eschare se détache et le pus sort par la plaie; il faut ajouter que si l'eschare tardait trop à se détacher, ou si le pus ne coulait pas à travers, on fendrait l'eschare avec un I)islouri.
S'agit-il d'ouvrir un abcès situé profondément dans l'abdomen, un abcès ou un kyste hydatique du foie, un abcès de la fosse iliaque, par exemple, il faut appliquer un morceau de potasse caustique, ainsi qu'il a été dit tout à l'heure. 11 se forme une eschare que le lendemain ou deux jours après on divise avec le bistouri; on réapplique une seconde fois un fragment de potasse de la même manière, et l'on conliuue jusqu'à ce qu'on soit arrivé au foyer. L'action du caustique irrite la peau et la membrane séreuse sous-jacente, les deux feuillets en contact contractent des adhérences ; il est alors facile d'évacuer le foyer sans qu'il y ait crainte de voirie liquide s'épancher dans la cavité abdominale. Tel est le procédé de Récamier pour évacuer les kystes du foie, et celui de Bégin pour vider les abcès du même organe.
ha potasse caustique est employée quelquefois pour cautériser les plaies ; mais alors il vaut mieux se servir du nitrate d'argent, et s'il y avait un virus à détruire, un caustique liquide serait bien préférable.
La potasse caustique appliquée sur la peau forme en l'espace de quelques heures une esihare noirâtre qui en occupe toute l'épaisseur et s'étend rarement au tissu cellulaire sous- cutané. Il est à remarquer que, (|uelle que soit la quantité de potasse, l'eschare n'est jamais beaucoup plus [u'ofonJe, mais qu'elle s'étend en surface. Aussi, a-l-on employé un trop gros morceau de potasse, on doit lever l'appareil au bout de cinq ou six heures, car la potasse fondrait et irait cautériser au luin, ce qu'il faut éviter. Le plumasseau dont on recouvre le fragment de potassCj et qui est placé eulie les deux morceaux de diachylon, a pour but d'absorber le li([iiide et de l'empêcher de fuser. Il est encore à remarquer que la potasse se combine avec l'eschare, que, par conséquent, celle-ci n'a pas perdu toutes ses propriétés caustiques^
CAUTÉftlSATlON.
et que, si ou la lavait avec trop peu d'eau, il y aurait une certaine quantité de liquide qui irait désorganiser la peau au delà du point où l'on veut limiter la cautérisation.
b. Azotate d'argent. — L'azolate d'argent est le caustique le plus souvent employé ; son usage est tellement répandu que, renfermé dans un étui appelé porle-pierre (figure 13), il doit toujours se trouver dans la trousse du chirurgien.
On l'emploie sous la forme de petits crayons que l'on coule dans une lingotière ; dans quelques cas ces crayons doivent être taillés ainsi qu'il a été dit à l'article Collyres (page 81), c'est lorsqu'on ne veut porter la cautérisation que sur une surface peu étendue.
L'usage du nitrate d'argent a nécessité la confection d'appareils spéciaux : tels sont les porte-caustiques pour la cautérisation des rétrécissement du canal de l'urèthre; Vanneau de Sanson pour cautériser la conjonctive tout autour de la cornée. L'ouverture de cet anneau est assez large pour que toute la cornée soit, au centre de l'instrument, à l'abri de l'action du caustique ; le pourtour de cet anneau est creusé en gouttière sur une de ses faces, de telle sorte que l'on puisse couler du nitrate d'argent dans sa cavité.
L'azotate d'argent cautérise moins profondément que la potasse, et son action est beaucoup plus rapide. Ce sel forme sur la peau des eschares d'un violet noir très-foncé, sur les surfaces en suppuration des eschares blanches très-minces, qui se détachent chaque jour. Si l'on veut cautériser une surface sèche, on doit avoir soin de mouiller le crayon ; dans le cas contraire, le caustique, se trouvant délayé dans une trop grande quantité de • liquide, ne produirait plus un résultat suffisant : aussi faut-il essuyer les plaies que l'on veut cautériser, et avoir soin d'étancher le sang qui s'écoule des vaisseaux quand on veut arrêter une hémorrhagie au moyen de l'azotale d'argent. Lorsqu'on s'est servi de ce caustique, on doit toujours avoir la précaution de l'essuyer; car, d'une part, il se couvrirait d'une croûte qui plus tard empêcherait son action ; d'autre part, si l'humidité était trop grande, une certaine quantité de caustique pourrait se dissoudre.
Le nitrate d'argent sert pour cautériser les bourgeons charnus fongueux à la surface des plaies ; non-seulement la cautérisation enlève une couche très-mince de leur surface, mais encore elle les stimule et change la nature de la suppuration.
A cet égard, il nous paraît utile de faire une remarque, c'est
AZOTATE D'AKGENT. gyj^ qu'on ne doit pas Irotter le crayon de nitrate sur les surface.
cess ve. ue plus, il faut toujours avoir grand soin de ne pas nas ser le caustique sur la mince pellicule blanchâtre s tule T â périphérie des plaies, pellicule qui est l'indice d'une cicatrL
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On emploie encore le nitrate d'argent pour arrêter l'hémor rhagie a a suite de l'application des sangsues ou de l'ouv 1 e" d un peut vaisseau, pour cautériser les \ilcérations de a e'nee (-1), pour faire avorter les pustules de la variole, détruire Ls rétrécissements de certains conduits excréfPnr. phaZ canaux flstuleux, et en fai,. adhérer les pari^ e'tc """
toujours suivie a^-i^^^rXm ^'e^êr dCS de suppuration ors de la rhntP rio i '''^'"e a un peu
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(2) Dicltonnmre des éludes mMicales, l IV n 0^ , , ■ SATION, par M. Monod. ' ^' Cautkui-
JAMAIN. — çclilc Cilir., Si-' édii.
CAUTÉRISATION
pour qu'il soit nécessaire de commenter sa manière de voir sur ce sujet. Quant à nous, nous pensons que la caulérisalion des piqûres anatomiques est plus nuisible qu'utile.
L'indication est de l'aire saigner la plaie, de la laver et d'en faire la succion, surtout lorsqu'il s'agit d'une simple piqûre.
L'applicalion du nitrate d'argent sur les plaies est quelquefois suivie de vives douleurs. Aussi, lorsqu'on doit faire une cautérisation un peu étendue, ou bien lors(iue l'on veut porter le caiislique sur le globe de l'œil, doit- on avoir soin de tenir prêts un bassin contenant de l'eau fraîche et une petite compresse ou une éponge fine, afin de laver la surface cautérisée et de dissoudre le nitrate d'argent qui resterait sur la plaie, dans une quantité de liquide assez grande pour que la solution n'exerce aucune action caustique. A cet égard, il est encore plus indiqué d'employer une solution étendue de sel marin qui décompose l'azotate d'argent en excès et le transforme en chlorure presque neutre.
Dans les hypertrophies de certains organes, lorsque l'on veut constater leur changement de volume, on se sert du nitrate d'argent pour en marquer les limites. Le nitrate d'argent caulérise l'épiderme, en change la couleur sans qu'il en résulte le moindre inconvénient ou la moindre douleur pour les malades, et la trace du crayon reste assez longtemps pour faire constater l'action des médicaments sur l'organisme, mais pas assez | our que la durée des marques noires puisse gêner le malade en quoi que ce soit. Depuis plusieurs années, M. Piorry a remplacé, pour cet usage, le nitrate d'argent par des crayons spéciaux, qu'il désigne sous le nom de crayons dermograpliiques.
Pour tbvier à la trop grande énergie de l'azolate d'argent et à l'insuffisance du sulfate de cuivre dans certaines cautérisations pratiquées sur les paupières, nous avons déjà dit (p. 81) qu'on a imaginé des crayons dans lesquels l'azotate de potasse est mélangé à l'azotate d'argent dans une proportion en rapport avec l'effet (|ue l'on veut produire. Ces cylindres caustiques, peu altérables à l'air, se conservent et se taillent absolument de la même manière que les cylindres de nitrate d'argent pur.
c. Le sulfate de cuivre cristallisé et taillé en crayon est un autre caustique solide employé surtout pour traiter les maladies des yeux et des paupières. On s'est aussi servi des crayons de sulfate de cuivre londu, mais la difficulté était de lui l'aire garder son eau de cristallisation. Pour arriver à ce résultat, Jl. Mariano Lovet a proposé de fondre le sulfate cuprique avec de l'alun à base de potasse ; voici les proportions qu'il emploie :