‹ Manuel de petite chirurgie [electronic resource]Chapitre 176 sur 256 · CAUTÉRISATION CENTRALE · texte numérisé non relu

CAUTÉRISATION CENTRALE

l'on veut détruire, en les disposant suivant une ligne circulaire, et ayant soin de les espacer à leur point d'immersion de 1 centimètre environ l'une de l'autre. IJe cette manière, elles constituent par leur ensemble un plan qui circonscrit la tumeur et l'isole des parties saines. Gomme la portion de tissu vivant comprise entre chaque flèche n'a qu'une faible épaisseur, sa destruction s'opère en un temps très-court, et la tumeur, se trouvant ainsi privée de toute communication vasculaire ou nerveuse, cesse de vivre sans que le caustique ait le besoin d'en opérer la désorganisation directe (fig. 333).

Ce procédé produit d'emblée et en quelques heures la mortification des tumeurs les plus volumineuses; on n'agit, comme avec le bistouri ou la ligature, que sur une couche très-mince de tissus; on ne détermine aucune effusion de sang, enfin il n'existe presque aucune réaction traumalique, et surtout on serait à l'abri des accidents terribles de l'infection purulente. . C'est particulièrement dans les tumeurs d'un certain volume et dans celles qui font une saillie prononcée à la surface du corps, comme les tumeurs du sein, que ce procédé trouve d'utiles applications.

Caulérisalion parallèle ou en faisceau. — Dans ce deuxième procédé, les flèches caustiques sont enfoncées parallèlement entre elles par tous les points de la surface libre de la tumeur. Il en résulte qu'elles représentent ainsi dans l'intérieur des tissus une sorte de faisceau caustique, dans les interstices duquel les parties qu'il s'agit de détruire sont réduites à des lames de peu d'épaisseur et cèdent promptenienl à l'action désorganisatrice des flèches (fig. 334).

Comme on le voit, le deuxième procédé de la cautérisation en flèches opère la désorganisation directe des tumeurs en pénétrant leur masse tout entière. Ce procédé détermine une douleur plus vive que le précédent, mais il se prête à des applications spéciales du plus haut intérêt ; il est utilisable surtout dans les tumeurs d'un accès difficile et qui, profondément enfoncées dans les chairs, ne font à la surface du corps qu'une faible saillie. Ce procédé nous a rendu d'éminents services dans le traitement de certaines tumeurs de l'aisseile, de l'aine, du cou , surtout dans les dégénérescences fongueuses du col de la matrice, du vagin, du rectum, etc.

Caulérisalion cenirale. — Ce procédé consiste à introduire la flèche caustique au centre môme de la tumeur qu'il s'agit de dé-

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trujre. Le mode d'exécution est des plus simples : à l'aide d'un bislonr. pomtn, ou dune espèce de fer de lance, on fait à la tumeur une ponction qui pénètre jnsqu'un peu au delà de son centre On peut même, si la chose paraît utile, creuser dans ce centre une sor e de petite ca\ilé; puis, après avoir retiré l'instrument, on ghsse à sa place une ou plusieurs flèches caustiques que 1 on pousse jusqu'à ce qu'elles aient complètement disparu dans 1 épaisseur des tissus (%. 335).

Le caustique, ainsi renfermé dans le centre de la tumeur v determme une eschare épaisse, sans manifester sa présence' à l extérieur par aucun trouhle grave. L'oriflce par lequel a eu lieu 1 introduction de la tlèche suffit pour donner issue à i'eschare et quand celle-ci est détachée, le chirurgien peut réitérer l'application du caustique, de manière à évider la tumeur de dedans en dehors et à la réduire à une sorte de coque dont l'affaissement et la cicatrisation s'opèrent ensuite graduellement.

Ce troisième procédé, moins puissant et moins énergique que les deux premiers, convient surtout pour la destruction de tu. meurs superficielles, sans compromettre la peau qui les recouvre, comme les ganglions du cou, de l'aisselle, de l'aine.

Caustiques mous. — Les caustiques mous sont formés de caustiques solides pulvérisés, et réunis en une masse molle avec de l'eau, du miel ou un corps gras. Examinons ceux qui sont les plus usités :

a. Pâte arsenicale, pâte du frère Côme, de Rousselot. — Nous ne donnons pas les diverses formules des poudres arsenicales ; nous ferons remarquer seulement qu'il entre dans leur composition une quantité notable d'acide arsénieux, un vingt-cinquième quelquefois, même un sixième dans la formule de Rousselot. Au moment de se servir de ces poudres, on les délaye dans un peu d'eau, jusqu'à comistance de bouillie, on étend la pâte avec un pinceau sur les surfaces ulcérées et on la recouvre avec un morceau d'agaric mouillé. Au bout de dix à vingt jours, l'agaric tombe avec I'eschare, et il arrive souvent qu'on trouve alors la cicatrice toute formée.

Les pâtes arsenicales produisent des eschares nettes bien circonscrites, mais elles ont un grave inconvénient : elles peuvent être absorbées et déterminer des accidents d'empoisonnement. Aussi, quand on touche un ulcère dont la surface offre une étendue de plus de 3 centimètres carrés, faut-il diviser le traitement, afin de ne jamais exposer qu'une surface restreinte à l'ab-

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