‹ Manuel de petite chirurgie [electronic resource]Chapitre 185 sur 256 · GALVANO-CAUSTIQUE · texte numérisé non relu

GALVANO-CAUSTIQUE

feu. Enfin, à l'aide des anses caustiques, on enlève parfaitement bien des tumeurs sans produire d'effusion de sang, à la condition toutefois que l'anse ne soit pas portée à une trop haute température.

Mais cet agent peut-il toujours être employé ? M. Regnauit a étudié cette question avec soin :

a Pour produire, fait-il remarquer, des phénomènes calorifiques puissants au moyen de la pile voltaïque, il ne faut donner au circuit une résistance considérable qu'entre deux points assez rapprochés, car l'intensité de la pile diminue aved'augmentalion des résistances dans le conducteur interpolaire.

» Le diamètre des fils de platine ne doit pas dépasser une faible limite, 0'°™,50 à O""',?^ au plus sur une longueur de 6 à 8 centimètres. On n'arriverait à rougir au blanc un fil métallique d'une plus grande section ou d'une plus grande longueur qu'à la condition d'employer des piles d'une puissance hors de toute proportion avec le but qu'on se propose d'atteindre. La faible masse que les conditions de production du phénomène thermique assignent au platine incandescent, est une raison pour rejeter l'empl«i du cautère électrique toutes les fois que l'on veut détruire des tissus volumineux. Dans ces circonstances, en effet, il est nécessaire, indispensable, non-seulement d'avoir un cautère porté à une haute température, mais encore un poids de matières incandescentes suffisant pour détruire des parties gorgées de liquides, qui, dans l'opération, vont s'échauffer, se réduire en vapeur et absorber beaucoup de calorique sans que l'uslion ou la carbonisation se produise. »

Le défaut de masse du platine, relativement à son poids et la faible chaleur spécifique de ce métal, paraissent à M. Regnauit un obstacle insurmontable à la substitution du cautère électrique aux cautères rougis à blanc par le feu, avec les formes et la masse que l'usage leur a assignées.

On a dit, il est vrai, que le fil de platine du cautère électrique, traversé sans cesse par un courant, compense par la continuité de son action ce qu'il perd sous les deux rapports sus-mentionnés. Les expériences de M. Regnauit et les lois thermo-vollaïques démontrent qu'il n'en est point précisément ainsi. Le contact de tissus baignés de liquide refroidit le stylet d'une manière continue, l'empêche d'arriver à la haute température qu il avait dans l'air. Par le seul fait du refroidissement, la résistance au passage de l'électricité dans cette partie du circuit diminue, et l'on sait que l'élévation de température est en raison inverse du pouvoir conducteur : l'augmentation de la quantité d'élcciri-

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