CHAPITRE XI
AQUAPUNCTURE
En '1866 (1) M. Sales-Girons présenta à l'Académie de médecine un appareil destiné à faire Vhydropuncture, c'est-à-dire produisant un jet filiforme assez intense pour perforer le derme. Pour cela deux conditions sont indispensables, d'abord que le jet de liquide soit aussi fin que possible, ensuite que le liquide soit projeté sur la peau avec une force considérable ; dans l'appareil de M. Sales-Girons celte percussion se faisait sous l'inlluence de la pression énorme de 25 atmosphères. La seringue construite à cet effet par M. Galante, présente une ampoule de verre qui contient le liquide à faire pénétrer sous la peau ; en attirant à soi le piston ce liquide entre dans le corps de pompe dont le diamètre n'excède pas 3 milhmètres comme calibre ; puis poussant le piston on obtient un jet assez intense pour percer le derme.
Plus tard M. Mathieu fit un autre appareil; voici en quoi il consiste : « A une pompe foulante est adapté un tube eu plomb,
{i) Gazette des hôpitaux, 18(iQ, p, 587.
ÉLECTRO-PUNCTUIIE.
et à l'extrémilé de ce dernier un ajustage filiforme qui est tenu éloigné de 1 centimètre environ de l'endroit à aquapuncturer. Une pression exercée sur le levier de la pompe suffit pour faire pénétrer sous la peau, par une petite piqûre capillaire, quelques grammes d'eau par lesquels le tissu cellulaire souscutané est soulevé et forme une petite élevure blanchâtre qui laisse parfois écouler de son centre une gouttelette de sang (1). i
La douleur qui résulte de la pénétration de l'eau dans les tissus est d'ordinaire assez intense, mais elle ne larde pas à se calmer assez vite, et au bout d'un quart d'heure à une demi-heure l'eau injectée sous la peau a été complètement résorbée. Cette méthode thérapeutique a été appliquée dans les algies musculaires, et en particulier dans les algies symptomatiques. Son action peut être comparée à celle des injections sous-cutanées d'eau simple, injections qui réussissent aussi à calmer parfaitement les douleurs, au moins d'une façon momentanée (Dieulafoy).