PERFORATION DU LOBULE DE L'OREILLE
le lobule d'arrière en avant, et de dehors en dedans, afin que la partie intérieure de la boucle d'oreille soit dirigée en avant, tandis- qu'elle serait dirigée latéralement, si le lobule était percé perpendiculairement à sa surface. On enlève la tige du trocarl comme après la ponction faite avec cet instrument, puis on dégage du bouchon l'extrémité de la canule; on introduit dans celle-ci un fil de plomb et on la retire ; la canule^ entraînant le fil de plomb, lui fait traverser la solution de continuité. Les deux extrémités sont portées, l'une en avant, l'autre en arrière du lobule, et fixées ensemble, afin qu'elles ne puissent se déplacer. On peut encore mettre une mèche de linge dans l'ouverture, mais celle-ci se salitbien plus que le fil métallique; aussi est-on obligé de la renouveler, et la cicatrisation des bords de la plaie se fait attendre davantage. Il est indiqué de ne pas placer tout de suite la boucle d'oreille, dont les bords anguleux pourraient irriter la plaie, d'où la nécessité de la retirer et parfois même delà briser s'il survenait quelque accident. D'ailleurs le poids du bijou est quelquefois assez considérable pour déchirer le lobule, ou du moins pour en agrandir l'ouverture outre mesure.
La présence du fil de plomb dans la plaie détermine une irritation suivie d'une sécrétion peu abondante de pus, et de la cicatrisation. On peut alors retirer le fil et le remplacer par l'anneau.
Il est à remarquer que, quel que soit le corps que 1 on place d'ans l'ouverture, celle-ci tend toujours à descendre; aussi vautil toujours mieux faire l'ouverture plus haut que plus bas.
Si l'on se servait de l'emporte- pièce, on agirait de la même manière. Après avoir traversé le lobule, on dégagerait l'instrument de l'extrémité du bouchon, on enlèverait du centre de l'instrument les parties détachées du lobule, et on les remplacerait par le fil métallique qui, entraîné avec l'emporte-pièce qu on relire, traverserait tout le lobule.
Cette opération, fort peu grave, n'est presque pas douloureuse ; il est môme à peine utile d'engourdir par la pression le lobule que l'on veut traverser. Les seuls accidents a redouter sont un léger érysipèle, dont on se rend maître a 1 aide d un traitement 'approprié; ou rinfiammation du lobule qui cède trèsfacilement aux émollienls. Il faut cependant remarquer que e corps étranger, entretenant l'inflammation, doit être enlevé lorsque des accidents surviennent; car non-seulement celui-ci s'opposerait à la guérison, mais, pesant sur des tissus rendus plus friables par la maladie, on courrait le risque de voii le lobule se déchirer.
SAIGNÉE. 767
La cicatrisation est complète au bout de vingt à vingt-cinq jours. Si l'on enlevait plus tôt le corps étranger, on courrait le risque de voir la plaie se boucher; dans ce cas, si l'on s'en apercevait assez à temps, il faudrait y passer un stylet mousse pour en décoller les bords, et si l'on ne pouvait les décoller, on recommencerait l'opération.