‹ Manuel de petite chirurgie [electronic resource]Chapitre 232 sur 256 · I. — Du TAXIS · texte numérisé non relu

I. — Du TAXIS

On en distinguait trois espèces : le taxis simple, le taxis prolongé et le taxis forcé. Celte division, regardée longtemps comme classique, tend à être abandonnée aujourd'hui, depuis qu on a la possibilit d'utiliser l'anesthésie pour faciliter l'application du Ks. D'un autre côté, comme le fait remarquer M. le profess ur Gosselin, les mots modéré, forcé ou vrolongé n expriment rien de bien ^et, et le taxis qui peut être modéré pour un chirurgien devi nUor é pour un autre doué d'une force musculaire plu consid rable. On peut donc dire avec l'auteur que nous venons citer que le tai est toujours plus ou moins f-e, selon qu on emploie plus ou moins de force pour le faire. De même le taxis neut être plus ou moins prolongé, suivant les condilions dans les- Sles ont place, suivant qu'on fait usage ou non des agents

^MÎtSesseur Gosselin propose donc (1) de supprimer c^s diverses ^dénominations pour leur subst.uer les mo de «^^^ a»oropne suffisant (Tirman , ou mieux encore de tax,s <progre.

cette expression, l'auteur fait comprendre que la

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l'aide d'un oreiller ou d'un coussin , 5^,

Le chirurgien doit se P'f a d oi e du m ad s . est sur la ligne médiane, du côte de la Hernie

(1) ,eçon. sur les hernies aMominales, 1865, p. 191 et suiv.

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dans l'une des aines. Avec les doigts de la main gauche le chirurgien entoure aussi exactement que possible le pédicule de la hernie; il place ceux de la main droite sur le pourtour de la tumeur herniaire, de façon à la comprimer à la fois en plusieurs points. « Il fait agir ces doigts comme pour refouler le corps de la hernie du côté de son pédicule; les doigts gauches, placés sur ce dernier point, pressent eux-mêmes de manière à empêcher la hernie de s'étaler et à la diriger du côté de l'abdomen (1). n Dans cette manœuvre, il faut que la pression exercée par la main droite soit plus considérable que celle de la main opposée, agissant sur le pédicule;, de plus, il faut éviter avec grand soin d'appuyer sur le fond de la tumeur, afin de ne pas décoller le sac herniaire et réduire à la fois et en masse le sac et la hernie. Ce fait, qui a été observé un certain nombre de fois, se produirait surtout lorsque ce' sont les malades eux-mêmes qui ont pratiqué le taxis et réduit leur hernie.

Les pressions d'abord modérées doivent être peu à peu augmentées, et si l'on est trop fatigué il faut se faire remplacée tout de suite par un aide. Dans le cas où on serait seul, il faudrait se reposer pour reprendre les manœuvres aussitôt que possible. C'est qu'en effet M. le professeur Gosselin (2) insiste beaucoup sur ce précepte que le taxis doit être continu et non pas intermittent, comme on a trop souvent l'habitude de le pratiquer.

La durée de ces manœuvres est fort variable; elles peuvent être continuées pendant vingt, quarante, quelquefois même soixante minutes, avant qu'on puisse assurer que la tumeur est irréductible et doit être opérée.

Lorsqu'on a affaire à une hernie volumineuse, on peut faire presser par un ou plusieurs aides, de façon que toute la circonterence de la tumeur soit également comprimée. Dans quelques cas, aux pressions indiquées ci-dessus, M. Gosselin conseille d'ajouter des mouvements de latéralité ou d'avant en arrière. C'est dans ces grosses hernies qu'on se sert avec avantage de la bande de caoutchouc de M. Maisonneuve, en combinant son action corapressive au taxis manuel.

La sensation d'une résistance vaincue, la disparition de la tumeur ou du moins de sa plus grande masse, la perception d'un gargouillement particulier sont les principaux signes de la réducuon des hernies. Toutefois celle-ci peut être incomplète, c'est lorsque les viscères hernies, et en particulier l'épiploon, ont

(1) Gosselin, loc. cil., p. 109.

(2) Loc. cit., p. 188.

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contracté des adhérences avec les parois du sac herniaire. Dans quelques cas même, le volume des parties qui restent dans le sac est assez considérable pour qu'on puisse être fort embarrassé, et qu'il soit indispensable d'administrer un purgatif d'exploration pour juger de la perméabilité des voies digestives (Gosselin). D'autres fois, au contraire, lorsque les hernies sont petites, on peut croire à une réduction qui n'existe pas ; mais cette erreur est facile à éviter en palpant avec soin les parties; c'est, comme le dit M. le professeur Gosselin, affaire de tact et d'habitude. Dans certains cas enfin, les parois du sac étant doublées de graisse ou étant épaissies, on peut croire à une non réduction, alors que cependant les efforts du taxis ont été couronnés de succès ; c'est là encore une question de tact et d'habitude.

II. Le taxis avec anesthésie doit être le plus souvent employé, il est beaucoup plus facile ; les malades, ne souffrant pas, ne réagissent pas contre les efforts du chirurgien, d'où la réduction plus prompte et plus facile de l'intestin.

Il résulte, en effet, des recherches de M. le professeur Gosselin qu'à l'aide de l'emploi des anesthésiques la réduction se faisait, en général, entre cinq et quinze minutes.

Cette remarque même suffit pour faire comprendre que si le taxis a, jusqu'à un certain point, besoin d'être forcé, il n'a pas besoin d'être prolongé, et que passé quinze à vingt minutes on doit obtenir un résultat. Dans le cas où la hernie ne serait pas réduite, il faudrait opérer et débrider le point où l'étranglement a lieu.

Le manuel opératoire du taxis avec anesthésie étant tout à fait analogue à celui que nous avons déjà décrit, ne nous occupera pas spécialement.

! Mais il est un point sur lequel il nous faut attirer l'attention, c'est celui qui a trait aux indications du taxis. D'après M. le professeur Gosselin, il faut essayer le taxis pour réduire la plupart des hernies qui sont au dehors depuis vingt-quatre heures; au delà de ce terme, et jusqu'à quarante-huit heures, il est encore indiqué pour les grosses et les hernies de moyennes dimensions. On pourrait peut-être le tenter pour les petites hernies contenant de l'épiploon ; mais ici il ne faudrait guère dépasser les irentesix premières heures. Enfin les grosses et les moyennes hernies peuvent encore être réduites jusqu'à soixante-douze heures après leur sortie. Ces règles sont sujettes à des exceptions; mais, en

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général, elles peuvent être suivies : aussi est-ce ce qui nous a engagé à les formuler ici (i).

Des accidents peuvent résulter de l'emploi du taxis; par exemple, on a cité des coliques consécutives assez intenses, la péritonite suraiguë par épanchement, accident tout à fait exceptionnel, enfin la réduction en niasse du sac avec la hernie. Dans ce dernier cas, on substitue à un étranglement externe un étranglement interne peut-être plus grave ; mais il est bon d'ajouter que souvent cette réduction en masse a été faite par les malades eux-mêmes, et qu'elle est très-exceptionnelle à la suite des manœuvres régulières indiquées plus haut. Le diagnostic et le traitement de cet accident ne peut guère nous occuper ici, disons seulement que la persistance des signes de l'étranglement et l'exploration attentive du lieu où existait la hernie peuvent faire penser à son existence.

Voyons maintenant d'après quelles règles et dans quel sens doivent être appliqués les efforts de réduction pour chacune des hernies les plus fréquentes.

a. Taxis de la hernie inguinale. — La hernie inguinale se distingue des autres par les caractères suivants. Elle se présente sous la forme d'une tumeur peu élevée située au-dessus de l'arcade crurale, étendue obliquement suivant une lign* diri^^ée de epine iliaque antérieure et supérieure à l'anneau in|uinal • tantôt e le s arrête au pli de l'aine , dans ce cas elle a reçu lé nom de huhonocèle ; tantôt elle pénètre dans les bourses, elle est a^ors appelée oschéocèle. La tumeur est piriforme, à grosse extréniile dirigée en bas ; si l'on place le doigt sur l'épine du pubis, on sentira le pédicule de la tumeur au-dessus du doigt, Lac^ 1ère qui la fera toujours reconnaître Je la hernie crurale

l'.vnnlV-î '^'^ P'^^é comme nous

avons dit plus haut, de manière que tous les muscles soient dans e re achemen ; le chirurgien se placera du côté correspondant à la tumeur, et dirigera les efforts obliquement de bas eï hanî de dedans en dehors et un peu d'avant en arrière. Si la lume '; e ait interne, c'est- -dire située en dedans de l'artère épigaTr l que, la direction qu'on devrait donner aux efforts de réducTon serait un peu plus directe d'avant en arrière et moins obhque

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en dehors. Il en est de même lorsque la hernie est ancienne et que la tumeur est très-volumineuse.

Pour la réduction des hernies inguinales d'un petit volume, et sur le point de s'étrangler, Després a indiqué le moyen suivant qui lui aurait souvent réussi : il applique le bord cubital de la main gauche un peu au-dessus du pédicule de la hernie • il presse en glissant de manière à faire descendre la tumeur dans le scrotum, puis il comprime la tumeur avec la mam droite plus ou moins fermée, suivant le volume de la hernie, et la hernie rentre après quelques efforts dont le chirurgien ménage 1 intensité et la durée. , .

Voici comment Uesprés expliquait le mecamsme de ce procédé • 1° il fixe le collet du sac, obstacle prmcipal a la réduction • 2» en pressant sur la tumeur, il diminue le volume de l'intestin à l'orifice du sac; 3" en pressant avec la main droite, il fait exécuter à l'anse intestinale un mouvement analogue a celui de deux doigts ouvrant une bourse à coulisse.

b Taxis de la hernie crurale. — La hernie crurale est plus difficile à reconnaître au début que la hernie inguinale, car elle se triJuve profondément cachée sous l'arcade crurale ; on ne peut la trouver qu'en inclinant en avant le tronc du «^«l^de en lu, faisant fléchir et tourner les cuisses un peu en dedans : alors s. l'on porte le doigt dans la direction du canal crural, on constate la présence de la tumeur. . ,,

Lorsqu'elle fait saillie à la partie antérieure de 1» ^uis^^' ^'r; se présente sous la forme d'une tumeur globuleuse placée sur a partL moyenne et un peu interne de la cui-e, remontant qu miefois en dehors vers la racine du membre. Quoi qu il en soit, sa forme allongée en travers, sa situation au-dessous du cordon sperraUque la position de son pédicule au-dessous de 1 ep.ne rpïs Ja fait facilement distinguer d'une hernie mgumale a rêlée a pli de l'aine ; toutefois, il est bon de remarquer que . r pTrod-ement des deux anneaux chez la fe-me .-end e dia g„oslic un peu plus difficile. Pour redujre celle 1 erme on ten fera de repousser les viscères dans I abdomen, c est à ire «3 rectement en haut; si la hernie est un peu ,g ^^«''^Jjf reoousser en haut et en dehors; enlin lorsqu elle a franchi un or fice du l^scia or^ormis, il faut d'abord l'y ramener eu a Repoussant en bas et en dedans, puis ensuite exercer les prèssions en haut et en dehors.

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c. Taxis de la hernie ombilicale. — Qu'elle soit congénitale ou accidenlelle , cette hernie est facile à reconnaître. Quant à sa réduction, elle est tantôt très-simple et l'on dirige les efforts d'avant en arrière, d'autres fois, au contraire, difficile, vu le volume de la hernie, le peu de résistance des parois abdominales, l'accumulation énorme de graisse dans cette région, etc. Toujours est-il que cette réduction est d'autant plus importante à tenter que l'opération de la hernie ombilicale étranglée est trèssouvent mortelle. ''

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