CHAPITRE XXX
Nous avons brièvement exposé dans ce chapitre le résumé des principales opérations qui sont applicables aux dents , soit dans la pratique du médecin pour les localités dénovrvues de praticien spécial, soit dans celle des hôpitaux, où les élèves sont ordinairement chargés de ce soin.
11 eût été utile sans doute de faire précéder ces considérations de quelques notions touchant l'anatomie et la physiologie des dents, ainsi que d'une étude drs diverses altérations dont elles peuvent devenir le siège. Mais les limites et le caractère de ce livre ne nous permettant pas d'enirer dans les détails, nous sommes contraint de renvoyer pour cet ordre de questions aux ouvrages spéciaux.
(1) Bousquet, Nouveau traité de la vaccine, 2« édition, 18/i8, 1 vol. in-18.
(2) Ce chapitre a été rédigé par M. le docteur Magitol.
§ 1. — Exploration Uo In houchc.
L'exploration de la bouche au point de vue de la chirurgie dentaire se fait de la manière suivante. Le sujet étant assis devant la lumière, sur un fauteuil assez élevé, et la tête appuyée solidement contre le dossier du siège , l'opérateur se place à droite, et de la main gauche écarte les lèvres dans la direction qu'il veut donner à son examen, tandis que la main droite reste libre pour saisir au besoin les instruments.
L'exploration de la bouche se fait quelquefois par examen direct à l'œil nu, lorsqu'il s'agit, par exemple, de constater, des altérations soit des dents antérieures, soit des gencives ; mais le plus souvent on emploie des instruments qui sont :
4° La sonde (flg. 409), tige d'acier renflée à sa partie moyenne et effilée à ses deux extrémités. Ces extrémités doivent être détrempées et très-souples, afin de pouvoir subir diverses inflexions. Cet instrument sert particulièrement à déterminer le siège, l'étendue et la sensibilité des caries. Dans le cas où la maladie est récente et la cavité superficielle, n'ayant encore causé que peu ou pas de douleur, cet examen au moyen de la sonde se fait très-simplement. Si au contraire l'altération est ancienne et a déjà causé des douleurs plus ou moins vives, la recherche et l'exploration de la carie doivent se faire avec les plus grandes précautions. En eff'et, l'opérateur, après avoir introduit doucement l'instrument dans la cavité et l'avoir débarrassée des matières alimentaires et des corps étrangers qu'elle peut contenir, rencontre vers les parties les plus profondes un point trèsdouloureux qui répond à un pertuis faisant communiquer la cavité de la carie avec celle de la pulpe , et par lequel cet organe se trouve mis à nu. C'est sur ce point que devront être dirigés, souvent avec le même instrument , les divers moyens , pansements, cautérisations, etc., soit pour modifier l'état de cette pulpe, soit pour la détruire.
2" Le miroir (fig. 41 0). Petit miroir concave de forme ovalaire, d'environ quatre centimètres de hauteur sur trois de largeur, monté à boule et susceptible de se prêter à tous les mouvements. Cet instrument est d'un usage irès-fréquent. Introduit dans la bouche, il sert à observer la face postérieure des dents et des gencives et en dénote le moindre changement de forme, de coloration, de transparence, etc. C'est le plus souvent avec le miroir qu'on reconnaît à une teinte bleuâlre' spéciale la présence d'une