‹ Manuel de petite chirurgie [electronic resource]Chapitre 237 sur 256 · CONSERVATION ET TRANSMISSION DU VACCIN · texte numérisé non relu

CONSERVATION ET TRANSMISSION DU VACCIN

qu'on éprouve par l'emploi du vaccin animal, en particulier quand celui-ci ne peut être recueilli directement par le vaccinateur.

Les principaux moyens de conserver le vaccin sont :

1 ° Les lancettes. — On peut, lorsqu'on ne veut pas conserver le vaccin pendant longtemps, charger Textrémité de plusieurs lancettes, renfermer la lame dans leur châsse en maintenant les valves écartées, afin que le contact n'enlève pas le vaccin. 11 est à remarquer que le vaccin ne peut être conservé de cette manière que pendant un très-court espace de temps, quelques heures au plus; car la lancette humide s'oxyde, le vaccin s'altère, et l'on ne produirait qu'une fausse vaccine en l'inoculant. Pour parer a cet inconvénient, on se sert de lancettes à lame d'écaille de corne ou d'ivoire ; ces instruments permettent de conserver le vaccm plus longtemps que sur des lancettes à lames d'acier

On peut encore se servir d'une plume d'oie taillée comme un cure-dent, et dont on imprègne l'extrémité de vaccin • ces plumes doivent être conservées dans un étui, de manière' que leurs extrémités n'éprouvent pas de frottement.

Quand on veut faire usage du vaccin ainsi conservé, il faut tremper 1 extrémité de l'instrument dans un peu d'eau tiède si le vaccm était desséché; dans le cas contraire, il suffirait de plonger la lancette comme il a été dit pour la vaccination de bras

2 Les plaques de verre. - Quand on emploie ce procédé pour c nserver le vaccin on prend deux petits morceaux de verre à vitre bien essuyés, d égales dimensions et taillés en carré. On pose

rm'pl r/r'' ^T"" "^'^^'^'"^ largement ouvert, et lors-

qu elle est recouverte d'une quantité suffisante de liquide, on la laisse exposée a l'air afin d'augmenter la consistance du ;acci pour que la pression des deux lames entre elles ne le fasse pa^ fuser sur les parties latérales. Les deux surfaces couvertes de vaccin sont mises en contact l'une avec l'autre, et les bo d on

utes avec un peu de cre, ou bien on les enveloppe parfaitemen avec ne ,a,ne d'eta.n ou avec un morceau de papier noir que

on colle sur les bords ou même sur les faces externes des lames d verre. On peut en maintenant ces plaques dans n ie se etfra , conserver le vaccin pendant très-longtemps. JTeJe^'Zl' ""T'^'T''''^'^' ''''' '"«"ière : après ' sépare, et 1 on expose leur surface cou-

VACCINATION

verte de vaccin à la vapeur d'eau chaude, ou bien l'on trempe l'exlrémité de la lancette dans de l'eau tiède, et on l'applique ainsi sur la lame de verre. De cette manière, il est possible de recueillir facilement le vaccin et de l'inoculer aussi bien qu'on pourrait le faire de bras à bras.

3° Les tubes capillaires. — En raison de la propriété que possèdent les liquides qui mouillent le verre de monter dans les tubes capillaires, on peut appliquer une des extrémités d'un tube sur un bouton largement ouvert; le liquide monte, et lorsque le tube est presque plein, on ferme ses deux extrémités en les exposant à la flamme d'une bougie.

Le tube de Fiard est fort ingénieux. Il est long de 6 ou 7 centimètres environ et terminé par une boule semblable à celle d'un thermomètre ; on échauiïe la boule avec la main pour raréfier l'air ; puis plaçant l'extrémité du tube sur un bouton de vaccin, l'air de la boule se condensant par le refroidissement, le liquide monte très-facilement. Pour le chasser, lorsqu'on a besoin de s'en servir, il suffit d'échauffer la boule ; alors l'air qui reste au sommet de la boule, dilaté par la chaleur, presse sur la colonne de liquide et la fait facilement sortir.

Ouand on se sert des tubes capillaires, dont l'invention appartient à Bretonneau, il suffit de casser les deux extrémités, de souffler légèrement à l'aide d'un chalumeau sur une ouverture, tandis que l'autre donne passage au vaccin, qm est reçu sur une plaque de verre, sur laquelle on peut facilement charger a lancette. Pour plus de facilité, on recevra le vaccin qui s écoule par l'une des extrémités sur la lancette elle-même.

40 Les fils, employés autrefois par Jenner, sont aujourd'hui abandonnés, parce que le vaccin s'altère plus vite, et Ton est obligé, lorsqu'on veut s'en servir, de faire une incision assez profonde, douloureuse, qui peut occasionner des accidents f Sui laisse toujours une cicatrice difforme et plus grande que celle qui succède à la piqûre.

5° Enfin, d'après M. Andrew, de Chicago, la glycérine serait un bon excipient pour conserveries propriétés des/ro^l^^J^^^,'; nales. Cependant M. Dubreuilh, qui a expérimenté ce mode de conservation, n'a obtenu que des résultats négatifs sur une ving-

"'-Tdnrtefm^yens à l'aide desquels on peut conserver le vaccin. Les procédés de MM. Fiard et Bretonneau sont excellents en ce qu'ils permettent de conserver le vaccin pendant longtemps

à l'abri du contact de l'air et de l'inoculer en nature. Cependant, M. Bousquet, qui a examiné avec soin ces divers procédés de conservation, croit que les plaques conservent plus longtemps le vaccin ; c'est d'ailleurs sous cette forme que l'Académie de médecine et le comité de Londres font leurs envois (1).

Il est bon défaire remarquer, en terminant, que l'enlèvement du fluide contenu dans les pustules du sujet qui sert de vaccinifére, ne détruit nullement pour lui l'efficacité de l'inoculation primitive ; cependant, il est indiqué de laisser au moins un de ces boutons intact. De plus, si les manœuvres que l'on exerce sur un enfant auquel on prend du vaccin ne sont d'aucune utilité pour lui, au moins elles ne lui sont pas nuisibles et ne causent guère qu'un peu de fatigue. La quantité de vaccin que l'on retire des boutons doit être en rapport avec leur développement, mais non avec la santé et la constitution de l'çnfant qui fournit le virus.

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