‹ Manuel de petite chirurgie [electronic resource]Chapitre 34 sur 256 · BANDAGE NOUÉ · texte numérisé non relu

BANDAGE NOUÉ

circulaire aulour du pied, et continuez jusqu'à l'épuisement de la bande.

c. Usages. — Ce handage attire l'orteil en haut; il peut combattre une déviation de l'orteil.

§ 5. — Itandage noué.

Le bandage noué ne s'applique qu'à la tête, après la saignée de l'artère temporale ou après une plaie de ce vaisseau. Il a été

Fio. 98. — Bandage noué.

désigné sous ce nom parce que la bande forme, par son entrecroisement, des espèces de nœuds {û<r. 98)

Pour appliquer ce bandage, il faulVendre une bande longue de 6 mètres environ, roulée à deux globes d'inégale .. osseur on a préalablement obturé la solution de'continuité LtéH X avec un morceau de d.achylon ou de taffetas d'Angleterre, sTr enuel est

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JAMAIN. — l'ciile cilir. 5i.' cdil.

DES BANDAGES

(Juand toutes les pièces d'appareil sont convenablement disposées, on les fait tenir par un aide, puis on saisit un des globes de chaque main, et l'on applique le plein intermédiaire sur la plaie ; on fait glisser les deux bandes, l'une sur le front, l'autre sur l'occiput, de manière à les faire entrecroiser sur la tempe . du côté sain, puis on les ramène du côté malade. Arrivé là, on fail entrecroiser les bandes, de telle sorte que l'un des globes se trouve dirige en haut, l'autre en bas : l'un passe sur le sommet de la tête, l'autre sous le menton; ceux-ci s'entrecroisent sur la tempe saine, et viennent se rejoindre du côlé malade ; là, on tord les bandes comme la première fois, mais de manière aies diriger horizontalement, l'une en avant, l'autre en arrière, et l'on continue le bandage jusqu'à ce que l'un des globes soit épuisé; on termine le bandage par des circulaires horizontaux. Il faut ensuite avoir soin de fixer les circulaires verticaux avec des épingles et un serre-tête.

Ce bandage, que d'ailleurs on n'applique plus aujourd'hui, exerce une compression assez forte sur la tempe ; toutefois Gerdy fit remarquer avec beaucoup de justesse, que la compression serait plus énergique si l'on faisait les nœuds sur la tempe saine, car les nœuds s'appliquent beaucoup moins bien sur la compresse graduée que les pleins de la bande^

§ «. — Bandages récurrents.

On donne ce nom à des bandages qui sont tu.més par des circonvolutions paraboliques fixées, chacune en particulier, par une circonvolution circulaire. Les circonvolutions paraboliques se recouvrent dans une partie seulement de leur étendue au milieu, tandis qu'en avant et en arrière elles se recouvent presque complètement ; les circonvolutions circulaires se i .;.;0uvrent entièrement : de cette manière ce bandage forme un bonnet assez solide, qui cependant doit être garanti. Ces bandages sont presque tout à fait abandonnés aujourd'hui.

1» Bandage récurrent de la tête. — Capeline.

â. Pièce du hàndagÉ. ^ Bande longue de 6 à 8 raèlres, large de 3 à 4 centimètres, roulée à deux globes.

L Application. - On porte le plein inlerm diaire aux deu globes sur le front ; on passe au-dessus des oreilles, on les uo.se

I BANDAGES RÉCURRENTS. 183

à la nuque et on les ramène sur le front; arrivé là, on renverse la banJe qui est en dessous et on la dirige vers le pariétal du côté opposé, lui faisant faire un jet jusqu'à la nuque. L'aulre globe roule circulairement du front vers la nuque, où il va fixer le premier globe. De cette manière, le jet de la bande se trouve fixé par le jet circulaire, puisque celui-ci se trouve embrassé par le jet récurrent comme dans une sorte d'anse. Arrivé à la

l''io. 9'J. — Ciipcliiic.

uquo, on renverse de la même manière le jet oblique, et on Il fait embrasser le jet circulaire dans une espèce d'anse, et on contmue le bandage jusqu'à ce que la tête soit entièrement ouverte. Le globe qui doit décrire les circulaires doit être un m plus volummeux que l'autre, afm que l'on puisse terminer ^r quc ques tours circulaires pour rendre le bandage plus solide.

I esta remarquer que c'est toujours le même globe que l'on induit pour laire les tours circulaires, comme c'est le même

184 niiS HANI)A(HiS.

qui l'ait les tours obliques; que ceux-ci, à mesure (|uc le bandage approche vers la fin, sont plus rapprociiés du vertex. Par exemple, les doloires ovales, qui doivent être conduites de droite à gauche, puis de gauche à droite, doivent chaque fois comprendre entre elles un espace moins considérable, et le bandage doit se terminer par un jet de bande complètement vertical.

Au lieu de commencer le bandage par les récurrents les plus éloignés, on peut appliquer d'abord le jet vertical, puis successivement les autres jets en s'éloignant du sommet de la lêle (fig. 99).

Nous préférons même ce mode d'application, car les deux bords du jet médian antéro-postérieur sont recouverts, tandis que dans le bandage précédent ceux-ci sont tout à fait Hbres ; enfm, dans notre bandage, les derniers jets ovales sont recouverts à leur bord inférieur au moyen des derniers tours circulaires, par conséquent sont assez solidement fixés.

Ce bandage est difficile et long à appliquer, il se dérange facilement, aussi doit-il être remplacé par le plein triangulaire de la tête, mouchoir occipilo-fronlal de Mayor (voy. page 188).

2" Bandage récurrent des moignons.

a. Pièce du bandage. — Bande d'une longueur proportionnée au volume du moignon, large de 3 à 4 centimètres, roulée à un ou deux globes (fig. 100). , ,

b. Application. — Portez le chef initial de la bande surla circonférence du moignon, à deux ou trois travers de doigt de la plaie; faites plusieurs circulaires. A, B ; renversez le plein de la bande sur un des côtés du membre, C; maintenez le renverse avec les doigts de la main gauche ; dirigez le globe en travers en passant sur la partie inférieure de la plaie, D. Arrive au côte opposé, E, faites un nouveau renversé, F, puis un circulaire pour fixer le premier jet récurrent. Faites un second récurrent H de la même façon sur la partie moyenne de la plaie, continuez de la même manière sur les côtés du membre, puis passez de l'autre côté, jusqu'à l'entier épuisement de la bande Comme dans la plupart des cas le moignon est couvert par les pièce d'appareil; il est inutile de faire des récurrents qui se recouvrent irès-exactement, et quatre ou cinq suffisent le plus souvent.

Si vous faites ce bandage pour une amputation du bras ou dr la cuisse, fixez le bandage récurrent par des circulaires oblique, de l'aisselle et du cou, ou par des circulaires du bassin.

15ANDAGES RÉCURRENTS, 185

Lorsqu'on fait usage d'une bande roulée à deux globes, on applique le bandage rie la manière suivante : le plein intermédiaire est appliqué sur l'une des faces du naoignon à deux ou'

Fio. dOO. — Bailliage i ccurrenl des moignons.

trois travers de doigt de la plaie, puis conduit et entrecroisé sur la lace opposée : on fait de cetle manière deux circulaires; puis im des globes est conduit pour faire les récurrents qui sont fixés par I autre globe dirigé circulairenient, ainsi qu'il a été dit pour la capelme. Le bandage est terminé par des circulaires

DES BANDAGES

Les bandages récurrents des moignons sonl presque totalement abandonnés et très-avanlageusement remplacés par le bonnet des moignons (voy. p. 1 9 1 ) .

^ — llimdagcH pIciiiM. — ^yHtèmc de Mayor.

Les bandages pleins sont faits avec des pièces de linge non divisées : tous ceux qui sont faits avec de larges pièces de linge, mais avec des divisions, doivent être rangés parmi les bandages composés.

Le nombre des bandages pleins que l'on décrivait jadis était très-restreint ; mais Mayor a multiplié ces sortes de bandages : je dirai plus, il a proposé de supprimer tous les autres, et de ne plus se servir que du mouchoir, dont il a généralisé l'emploi. I

Cette méthode de déligalion présente des avantages, tels que la possibilité de se procurer plus facilement un ou plusieurs mouchoirs qu'une bande, la rapidité du pansement, la facilité avec laquelle les personnes, même étrangères à l'art, peuvent l'apphquer; mais elle est souvent insuffisante.

Le défaut d'espace nè nous permet pas d'entrer dans de longs détails sur les différents bandages que Mayor a proposé de faire avec le mouchoir ; la règle à suivre pour ces divers pansements est toujours la même, aussi nous croyons inutile de nous y arrêter longtemps. Nous ne décrirons donc que les bandages pleins, anciens et nouveaux, qui présentent un avantage incontestable ; puis ceux au moyen desquels le chirurgien de Lausanne a cru remplir des indications, mieux remplies à la vérité par les anciens appareils, mais qui cependant peuvent être employés provisoirement.

Nous devons dire que Mayor a rendu un grand service a la chirurgie en faisant un véritable corps de doctrine de sa nouvelle méthode déligatoire ; depuis bien longtemps, il est vrai-, les bandages pleins avaient été employés comme ils devaient 1 être, c'est-à-dire faute de mieux, et pour attendre qu'un appareil convenable pût être appliqué. Chaque jour, en effet, on voit des blessés s'envelopper de leur mouchoir ou de tout autre linge plein, soit pour arrêter l'écoulement de sang, soit pour contenir de petites planchelles disposées autour d'un membre fracture afin d'en empêcher les déplacements. Nul doute que les chinuo-iens n'aient mis le môme procédé en usage lorsqu ils n'avaient pas sous la main ce qui leur était nécessaire, mais ils n appliquaient alors qu'un appareil provisoire. Si cet appareil provisoire

lUNDACES PLEINS. 187

remplissait bien les indications et s'il les remplissait toutes, sans doute on n'allait pas chercher ailleurs un appareil compliqué, gênant pour le malade, long à appliquer; et Gerdy (l), « avait annoncé l'espérance d'une révolution désirable et salutaire dans la longueur des bandes et dans la complication des bandages ». Mais de là à préconiser partout l'emploi du mouchoir, à remplacer une bande d'un mètre par un mouchoir roulé en corde, il y a loin : aussi n'adoptons-nous qu'une partie de cette méthode pour les pansements définitifs, une autre pour les pansements provisoires; enfin, dans quelques circonstances, elle est tellement défectueuse, que nous serons forcé de la rejeter.

Un des inconvénients du système de Mayor est d'avoir trop souvent recours aux nœuds, qui blessent les malades; aussi doit-on avoir soin d'éviter de nouer les coins du mouchoir sur des parties exposées à une pression même légère, et faut-il garnir la peau que recouvrent ces nœuds d'une ou de plusieurs compresses, afin d'éviter une pression souvent très-douloureuse.

Toutefois nous devons ajouter que le livre de Mayor est trèsbon à consulter, surtout pour un chirurgien qui pratique dans les campagnes, où il est très-difficile de se procurer des objets nécessaires aux pansements.

Mayor n'a pas seulement changé la manière de faire les bandages, il en a aussi changé la nomenclature, et a supprimé les noms bizarres de cheveslre, de spica, etc., etc. Les noms qu'il donne à ses bandages sont entièrement basés sur l'anatomie ; ils se composent en général d'un mot double. Il place en avant le nom de l'organe sur lequel doit s'appliquer le plein du mouchoir, et après lui le nom de l'organe sur lequel les deux angles aigus que forme le mouchoir plié en triangle viennent se croiser : ainsi, il appelle le bandage plein de la tête, occipito -frontal ou fronlooccipital, selon que le milieu du mouchoir est appliqué sur l'occiput ou sur le front, etc. Cette nomenclature est simple, facile : aussi doit-elle être conservée dans la plupart des cas.

Le mouchoir ou linge carre est destiné, par Mayor,"à remplacer tous les hens connus. En général il ne sert, dans la pratique que par ses dérivés, qui sont : f i ,

1 " Le carré long, formé par le mouchoir plié sur lui-même autant de fois qu'il est nécessaire, afin d'obtenir un lien plus ou moins large, plus ou moins épais.

2" Le triangle. Il est formé par le mouchoir plié diagonale-

Ci) Lac. cil., 1" édit., 1826, p. U6

DES BANDAGKS.

ment. Mayor désigne sous le nom de base le tiers moyen de la base du triangle correspondant à la diagonale du carré ; il appelle chefs ou extrémités, les deux autres tiers situés tous deux en dehors de la partie moyenne; enfin, l'angle opposé à la base s'appelle sommet,

3° La cravate. Elle est dérivée du triangle ; sa longueur est celle du triangle ; mais sa largeur et son épaisseur sont subordonnées aux indications, puisqu'elles dépondent du plus ou moins grand nombre de plis que l'on fait avec le triangle.

4° La corde. Elle est produite par la cravate tordue sur ellemême.

Le triangle, la cravate et la corde se terminant en pointe, et, étant assez étroits à leur extrémité, peuvent être facilement arrêtés en les nouant ensemble ; au contraire, les extrémités du carré et du carré long doivent être fixées avec des épingles.

1° Triangle-bonnet.

Le triangle-bonnet comprend tous les triangles qu'on applique aux pieds, aux mains, aux moignons, au sein, à la têle, et, en un mot, à toules les régions présentant une surface arrondie.

I. Triangle-bonnet fronto-occipital et occipito-frontal. — Ce bandage est d'une application très-simple; il est formé par un mouchoir plié en triangle, dont on place la base sur le front, dont on va fixer le sommet à la nuque par les deux extrémités qui viennent s'entrecroiser à cette région, et sont réunies en avant par un nœud, lorsque le mouchoir est assez long, ou, dans le cas contraire, avec deux épingles.

11 est à remarquer que l'entrecroisement du mouchoir en arrière forme des plis très-gênants pour le malade, surtout quand il doit rester couché sur le dos pendant longtemps ; dans ce cas, on applique le bandage en sens inverse, c'est-à-dire de la nuque vers le front, triangle occipito-frontal; il faut alors avoir soin de ne pas faire le nœud dans la région occipitale, mais bien de fixer les deux chefs avec des épingles.

Beaucoup plus facile à appliquer que la capeline, ce bonnet maintient aussi bien les topiques sur le crâne.

IL Bonnet du sein. — Placez la base du triangle immédiatement sous le sein, dirigez l'une des extrémités sous l'aisselle correspondante, l'autre sur l'épaule du côté opposé; réunissez-

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