‹ Manuel de petite chirurgie [electronic resource]Chapitre 57 sur 256 · FRACTURE DU PÉRONÉ · texte numérisé non relu

FRACTURE DU PÉRONÉ

4" Velpeaii employait le huit de chifTre, niais il solidifiait le bandage avec la dextrine. Le bandage est placé de la manière suivante : on couvre le genou d'un linge fin et sec, et après avoir mis le membre dans l'extension et rapproché les deux fragments autant que possible, on place des compresses graduées au-dessus et au-dessous des fragments, et on les maintient à l'aide du huit de chilfre ; puis on applique le bandage roulé et imbibé de dextrine depuis le talon jusqu'au pli de l'aine. L'appareil est complété par une longue attelle de carton étendue du talon à la fesse, et qui est fixée à l'aide d'un second plan de bandage dextriné. Une longue attelle de Lois maintient l'appareil jusqu'à sa parfaite dessiccation.

S° Au lieu de faire ce huit de chiffre avec une bande, Gama emploie de longues bandelettes agglulinalives, qui s'appliquent sur les compresses destinées à ra|)procher les deux fragments de la rotule. Cet appareil est très-solide : il ne se relâche pas comme celui qui est construit avec des bandes de toile; il permet de laisser la rotule à découvert (I ).

§ 3. — Appareil tic la frncliirc do l'c\tréiuité iiircriciirc

du péroné.

L'appareil de Dupuylren pour le maintien des fractures de l'extrémité inférieure du péroné se compose d'un coussin, d'une attelle et de deux bandes : 1" le coussin doit être de toile, plein aux deux tiers de balle d'avoine, long de 80 à 85 centimètres, large de 12 h 15, et épais de 8 à 1 0 ; 2» l'attelle est longue de 50 à 55 centimètres, large de 5 et épaisse de 5 à 8 millimètres ; elle doit être de bois consistant et peu flexible ; 3° les deux bandes sont longues de 5 à 6 mètres et larges de 4 à 5 centimètres. Le coussin, replié sur lui-même, doit avoir la forme d'un coin ; il est placé le long du tibia, sur le côté interne de la jambe fracturée ; la base, dirigée en bas, correspond à la malléole interne, qui ne doit pas être dépassée inférieurement ; son sommet, dirigé en haut, arrive jusqu'au condyle interne du tibia. L'attelle est appliquée sur le coussin, et se trouve disposée de telle manière que, située à une faible distance du tibia, à la partie supérieure du membre, elle s'en trouve éloignée de 6 à 8 cenli-

(1) Nous verrons plus loin la plupart de» autres appareils qui ont été préconises dans le traitement des fractures de la rotule.

APPAREILS DE FRACTURES

irièlres au moins, à la partie infcrienrc. Enfin l'extrémité inférieure de l'attelle doit dépasser en bas le coussin dans une étendue de 1 2 à 1 5 centimètres, par conséquent elle doit dépasser de 8 à i 0 centimètres le bord interne du pied.

Lorsque les pièces de l'appareil sont ainsi disposées, on les fixe autour de la jambe au-dessous du genou ; l'extrémité inférieure de l'attelle, laissant entre elle et le bord interne du pied un certain espace, va fournir un point d'appui solide pour entraîner le pied de dehors en dedans. Pour arriver à ce résultat, on fixe la seconde bande autour de l'altelle par quelques circulaires, puis on la porte vers le cou-de-pied et vers le talon alternativement, en embrassant l'altelle et chacune des parties indiquées, dans des cercles qui viennent, en se rétrécissant h volonté, s'appuyer et se croiser en huit de chiffre sur l'attelle; dès lors celle-ci se trouve transformée en un levier du premier genre : le point d'appui est à la base du coussin, un peu su-dessus de la malléole interne; la puissance et la résistance sont aux extrémités (1).

Dupuytren appliquait cet appareil pour toutes les fractures du péroné ; mais M. Maisonneuve (2) a démontré qu'il convient spécialement aux fractures par divulsion. <( Le dédain, dit M. Maisonneuve, affecté pour l'appareil de Dupuytren par plusieurs praticiens distingués ne me paraît pas suffisamment établi. Certainement cet appareil n'est pas utile dans toutes les fractures du péroné; nous avons même vu qu'il serait nuisible dans la fracture par arrachement. Certainement il n'est pas nécessaire dans toutes les fractures par divulsion, surtout quand il n'y a pas de tendance à la déviation du pied en dehors ; mais aussi nul appareil ne peut le remplacer avec avantage quand cette complication existe. »

Cependant M. Maisonneuve fait un reproche à l'appareil de Dupuytren, reproche applicable, du reste, à tous les appareils anciens construits avec des bandes libres : c'est de se relâcher avec trop de facilité, de nécessiter un renouvellement trop fréquent, et d'exiger trop impérieusement le repos des malades au lit; sans donc le rejeter, il pense avec raison qu'il sera près que toujours utile de le combiner avec les appareils inamovibles.

Après avoir mis le pied dans une direction convenable, c'cst-

(1) Dupuytren, Leçons orales de clinique chirurgicale, 2"= édiliun, t. 1, p. àià.

(2) Maisonneuve, Recherchea sur la fracture du péroné, {Archives générales de médecine, février et avril i8/iO.)

Page 1